08232017Headline:

Côte d’Ivoire – CPI: le procureur Amady Ba aux trousses du camp Ouattara à Abidjan

En envoyant l’ex-président de la Côte d’Ivoire M. Laurent Gbagbo à la CPI, le président Alassane Ouattara et ses proches pensaient se débarrasser définitivement d’un adversaire. Ce que n’avaient pas prévu le premier des Ivoiriens et ses amis, c’est qu’une pierre lancée dans le ciel finit toujours par retomber et ils pourraient faire l’amère expérience.

La CPI veut des pro-Ouattara, le revers de la médaille ?

Laurent Gbagbo a bien été envoyé à la CPI avec son ministre Charles Blé Goudé. Alors que cette institution devait les condamner rapidement dans les plans des pro-Ouattara, c’est tout le contraire qui est en train de se produire. En effet, le procès Gbagbo qui dure depuis des années est en train de s’avérer bénéfique pour le ‘Woudy de Mama‘ et son poulain. Malgré le défilé de dizaines de témoins dans le prétoire, aucun élément ne permet à ce tribunal d’envisager une condamnation des prévenus. Ce procès est même en train de les réhabiliter de l’avis de plusieurs experts du droit international.

Tous les témoins à charge ont pour la plus par déchargé le président renversé le 11 avril 2011 par la France sur décision de Nicolas Sarkozy. Ce dernier voulait absolument positionner son ami Ouattara en foulant au pied les décisions du Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire. Cette institution, seule habilitée à déclarer un candidat vainqueur à l’élection présidentielle, avait désigné Laurent Gbagbo. À la surprise générale, et avec la complicité de la quasi-majorité des médias français, cet avis avait été ignoré par Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy. Le président français d’alors a même dû user de la force en faisant bombarder la résidence de Laurent Gbagbo par les forces françaises sur place à Abidjan.

Ouattara peut-il livrer ses anciens chefs de guerre ?
Après la traque par la justice des pro-Gbagbo, le temps semble venu pour celle-ci de s’occuper des pro-Ouattara. Bien que ce dernier ait affirmé qu’il ne transférerait plus aucun Ivoirien à La Haye, la CPI lui demande de livrer certains de ses proches accusés de faits graves. Le deuxième procès de Simone Gbagbo, l’épouse de Laurent Gbagbo, acquittée de l’accusation de crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire, avait pour but d’envoyer un signal d’une justice fonctionnelle. Visiblement, la CPI ne s’est pas laissée abuser de cette parade puisqu’elle compte bien lire le droit à ces accusés du camp Ouattara.

Selon le Sénégalais Amady Ba du Bureau du procureur Fatou Bensouda de la Cour Pénale Internationale, des pro-Ouattara vont bien répondre des graves accusations qui pèsent contre eux de crimes de masse. Ce dernier est à Abidjan où il a confirmé aux journalistes que «les enquêtes s’intensifient» contre des proches du président ivoirien. Selon lui, de « hautes personnalités sont visées » et ce serait pour un procès pour « les crimes les plus graves ».

L’homme de droit est en Côte d’Ivoire avec un collège de 7 fonctionnaires de la CPI à cet effet. Un bras de fer est donc engagé entre le président Ouattara et la Cour Pénal Internationale qui réclame plusieurs cadres de son bord.

En réalité, le président ivoirien ne peut prendre le risque de livrer ses hommes aux juges de la CPI. Il prendrait là le risque de se voir pointer du doigt par ces derniers lors de leurs éventuels jugements. C’est une chose d’être un rebelle, cela en est une autre d’avoir les moyens de financier une rébellion armée… Un éventuel procès pourrait s’intéresser à la provenance des armes utilisées par les rebelles.

Enfin les dessous du discours de SORO Guillaume
Avec ce coup de pression de la CPI, on comprend mieux la position du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire M. Soro Guillaume. Ce dernier s’est récemment positionné pour une loi d’amnistie contre toutes les personnes accusées de crimes lors de la crise postélectorale, dit-il, pour favoriser le retour à la paix. Une telle loi lui permettrait à lui et ses soldats FAFN, ex-rebelles, d’échapper à un procès des accusations de plusieurs charniers dans l’ouest de la Côte d’Ivoire et à Yopougon à la chute du régime du président Gbagbo.

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