03262017Headline:

Côte d’Ivoire – Crise post-électorale- Jin Choi livre des secrets sur Gbagbo

banker gbagbo

Choi a livré sa part de vérité sur la crise post-électorale (Photo d’archives)

L’ex-représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Young-Jin Choi, a sorti un livre sur la crise ivoirienne, en vente dans des librairies de la place.

Intitulé ‘’La crise ivoirienne : ce qu’il fallait comprendre’’, ce livre sort à un moment crucial de la vie de l’ex-président, Laurent Gbagbo, en attente de son procès à la Cour pénale internationale (Cpi). Ce bouquin pourrait même constituer un document clé pour la Procureure de la Cpi, Fatou Bensouda, parce qu’il livre des secrets sur Laurent Gbagbo pendant la crise postélectorale.

A travers les écrits de Choï, on saura par exemple que Alcide Djédjé, alors ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo, a joué un rôle clé dans le processus de négociation entre l’ex-régime et les forces internationales, même si plus tard, il a été éjecté du processus par son propre camp. Choi révèle dans son livre-témoignage qu’à un moment donné, l’ancien régime voulait faire décoller un hélicoptère MI-24 qui était cloué au sol à cause d’une panne volontairement provoquée par un membre de l’Onuci. Il revient également sur le bombardement du 4 avril 2011, après lequel le camp Gbagbo avait souhaité déposer les armes.

Par ailleurs, Choi a révélé l’existence de mercenaires et de miliciens dans l’effectif des soldats restés fidèles à l’ex-régime. « (…) Les miliciens et mercenaires pullulaient à Cocody, totalement incontrôlables, ils tiraient sur tout ce qui bougeait. Plusieurs véhicules onusiens furent pris pour cible. Sur un pont reliant le sud au centre, un convoi revenant de l’aéroport fut attaqué au lance-roquette. Le blindage d’un véhicule n’y résista pas, trois casques bleus furent gravement blessés », écrit-il. L’ex-patron de l’Onuci voudrait enfoncer Gbagbo qu’il ne s’y prendrait pas autrement, puisqu’il confirme la présence de mercenaires, que d’aucuns niaient dans le camp Gbagbo. De quoi donner du grain à moudre à Bensouda qui corserait davantage les documents à charge contre l’ex-président.

« Dans l’après-midi du 10 avril, à Cocody, une de nos équipes commandée par le général Kusi, se heurta à un groupe de jeunes combattants en uniforme des Forces de défense et de sécurité (Fds). Il suffisait de les entendre parler pour s’en convaincre, ils n’étaient pas Ivoiriens, mais Libériens », ajoute-t-il. Le diplomate sud-coréen parle également de l’éviction d’Alcide Djédjé du processus de négociation. Sur ce sujet, il dit avoir appelé, le 10 avril 2011, vers 19h, l’ex-ministre de Gbagbo réfugié à l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, pour tenter de trouver une issue pacifique à la crise. « Il (Alcide Djédjé) m’expliqua qu’il avait déjà tenté une médiation le 4 avril, mais qu’il n’avait pas eu gain de cause face aux durs de l’entourage de Gbagbo, au premier rang desquels Désiré Tagro ». Ce témoignage de Choi corrobore les rumeurs selon lesquelles les caciques dans l’entourage de Gbagbo avaient pris le contrôle de toutes les opérations militaires. En un mot, ce livre-témoignage de l’ex-patron de l’Onuci sera un élément déterminant dans le procès de Laurent Gbagbo. Il a été rédigé par un fonctionnaire onusien qui a assisté de bout en bout au déroulement de la crise post-électorale. Le procès pourrait réserver bien de surprises, puisque des témoignages confinés dans des livres disculpent également l’ancien président sur bien des points. Rendez-vous est donc pris au mois de novembre pour le dénouement de l’affaire Gbagbo !

Y.DOUMBIA

L’inter

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