12122018Headline:

Côte d’Ivoire : depuis 2015 Une tentative de destitution du Chef de village d’ Anonkoua Kouté échoue encore une énième fois/les faits

 

Anonkoua Kouté : Une tentative de destitution du Chef de village échoue

Accusé de détournement des fonds du village dans  la vente illicite de terrain, Dogua Akeo Antoine, chef de village d’Anonkoua  Kouté et membre de la génération Dougbo, a essuyé une énième tentative de  destitution, conduite par N’Kayo Simeon de la génération Tchagba, le vendredi 29 décembre 2017.

L’homme n’est visiblement pas à sa première tentative de destitution. Une première conduite en 2015 par Kimodan Césaire de la génération Gnando, une seconde par Kouedan Ange des Dougbo et la dernière par N’Kayo Siméon des Tchagba.  Depuis trois ans  que dure cette crise, le chef  Dogua Akeo Antoine, du village d’Anonkoua Kouté, semble être solidement accroché à son fauteuil grâce au soutien du chef de terre et des doyens des quatre classes d’âge de la génération Tchagba qui ne se reconnaissent pas dans ce qu’ils considèrent comme étant une forfaiture.

« Nous dénonçons avec force cette énième  tentative de destitution des Dougbo au pouvoir ; nous ne nous sentons pas concernés par cette  prise de  pouvoir par certains de nos amis de la génération qui sont par ailleurs égarés », peut- on lire dans la déclaration co-signée par les doyens de des quatre classes d’âge qui composent la génération Tchagba. Mieux, les Tchagba dans toute leur composante disent soutenir le Chef Dogua Akeo Antoine et les Dougbo au pouvoir jusqu’en 2020, date à laquelle les rênes de la chefferie du village leur reviendraient.

Le chef de terre et doyen du village, N’dy Akou Josué, ne se reconnait également pas dans cette tentative d’éviction du chef de village. « Quand les Tchagba sont arrivés, ils ont dit qu’ils vont tenir une réunion pour enlever le chef du village. Moi j’ai dit non, c’est Akeo seulement je connais. On m’a désobéi. Je suis doyen et je pense que les gens doivent suivre ma parole. Si ce n’est pas le cas, je ne les suivrai pas moi non plus », a-t-il soutenu.

Son  2e adjoint,  Abeto  Remi dit ‘’petit caillou’’, lui, recommande plutôt aux ”putschistes” la patiente. « Les Tchagba n’ont qu’à patienter, il ne reste que 3 petites années », avant d’accuser  certains membres de la génération Dougbo, qui auparavant, avaient échoué dans leur tentative de destitution du Chef, d’être les instigateurs de cette crise. Aussi s’interroge-t-il: « Qui sera le chef de terre des Tchagba si le chef de terre actuel ne donne pas son autorisation, qui fera leur libation s’ils ne nous écoutent pas? » a-t-il fait savoir.

Signalons qu’en pays Atchan, seul le chef de terre est habilité a destitué un chef, et ce, à l’occasion d’une cérémonie officielle.

Notons que, la gestion d’un  montant de 900 millions versé par l’Etat de Côte d’Ivoire comptant  pour l’achat d’un terrain de 30 ha  sur les 58 prévus pour la construction d’un camp des forces Onusiennes en 2012 est à l’origine de cette crise.

Jean Kelly Kouassi (Stg)

linfodrome

Côte d’Ivoire : les déboires d’un chef de village Ébrié menacé depuis 2015/

Anonkoua Kouté, village situé dans le district d’Abidjan sur l’axe Abobo-Anyama est confronté à des querelles de chefferie depuis 2015, à cause de l’argent remis pour la construction d’un camp ONUCI.

Dans le district d’Abidjan, la plupart des villages Ebrié, font face à des conflits de chefferie. Très souvent, il est demandé la destitution du chef. Dogua Akeo Antoine, chef du village d’Anonkoua Kouté, n’échappe pas depuis près de 3 ans, à ce vent qui secoue presque tous les villages Atchan. En 2015, la première tentative de destitution est venue de Kimodan Césaire de la génération gnandô (génération de 2000 à 2010), reprochant au chef, le détournement des fonds du village par la vente illicite des terres et d’avoir gardé par devers lui une somme d’argent par l’État, et qui revenait à des familles. Les doyens du village ont alors demandé de réunir des preuves de l’accusation. Finalement les dissidents n’ont pas eu gain de cause. Pour ces mêmes raisons, Kouedan Ange, de la génération dougbô (génération au pouvoir, donc du chef actuel), a également tenté de destituer le chef en vain. En guise de troisième tentative, en décembre 2017, N’kayo Siméon de la génération Tchagba (génération qui prendra le pouvoir en 2020), est revenu à la charge avec les mêmes raisons. En somme, toutes ces tentatives n’ont pas réussi à faire partir le chef Dogua Akeo Antoine.

Dogua Akeo Antoine chef du village d'Anonkoua Kouté

Comment peut-on destituer un chef en pays Atchan ?
Détournements de biens du village, vente illicite de terres et adultère, sont entre autres, des raisons de destitution d’un chef en pays ‘’Atchan’’, selon Mobio Barthélemy, doyen du village d’Anonkoua Kouté et chef de terre dudit village : « Je suis le seul habilité à destituer un chef. Et, ce, en public par une cérémonie officielle. Je n’ai jamais pris part à une réunion des dissidents, je leur demande de m’apporter des preuves des accusations formulées, et depuis 2015, jusqu’aujourd’hui je n’ai vu aucune preuve ». Pour lui, toute tentative de démission d’un chef sans l’accord du doyen d’âge est de nul effet. « Ce sont les lois de chez nous qui le disent » a-t-il souligné.

L’origine du conflit

Tout a commencé avec le problème des 58 hectares que l’État de Côte d’Ivoire a pris dans le cadre de la construction d’un camp pour abriter les forces Onusiennes en 2012. Sur ces 58 hectares, l’État en a payé 30 pour une somme de 900 000 000 FCFA, restant donc, 28 hectares à payer. Cette première somme, a été partagée entre les 26 familles concernées. Certes, il y avait des familles qui n’avaient pas leurs sites dans les 30 hectares mais, les autorités villageoises, ont jugé bon de partager les 900 000 000 FCFA à toutes les 26 familles, sans tenir compte de la situation géographique de leur site. Le chef Akeo Antoine a avancé la raison selon laquelle, le village avait été pillé lors de la crise postélectorale et plusieurs familles attendaient de se reconstruire,avaient besion d’argent.

C’est 3 ans plus tard, c’est-à-dire en 2015, qu’un groupe d’individus rebelles du village à la tête Kouedan Ange a porté plainte au tribunal d’Abidjan-Plateau contre les personnes qui avaient en charge la gestion de la distribution des 900 000 000 FCFA. Ces derniers étaient accusés d’avoir détourné la somme de 500 000 000 FCFA. Ils ont été ensuite déférés à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), et, un pere de famille en est mort dans la prison  pour rien. Après enquête, il s’est avéré que toutes les familles ont reçu au total 700 000 000 FCFA. Le parquet a donc conclu que sur 900 000 000 FCFA de la part de l’Etat, lorsqu’on soustrait l’ensemble de la somme (700 000 000 FCFA) reçu par les familles, on ne pouvait pas avoir détourné la somme de 500 000 000 FCFA. L’affaire fut donc classée comme un non-lieu. Mais la décision de la justice n’a pas apaisé les tensions au village, puisque chaque année depuis 2015, le chef est menacé de destitution pour les mêmes raisons. Il en appelle donc, aux autorités compétentes pour un règlement définitif de ce conflit.

Roxane Ouattara

afrikpresse

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment