08192017Headline:

Côte d’Ivoire /des Imams en guerre contre le port du treillis par les enfants à Bouaké/ce qu’ils ont fait

Imams en guerre contre le port du treillis : Victoire des principes sur l’obscurantisme

Des imams en guerre contre le port du treillis par des civils, à Bouaké. Ceci est une victoire des principes sur l’obscurantisme. Une victoire du bon sens sur l’hypocrisie de certains qui tentaient, avec une rare insouciance, de défendre cette « mode » opportune .

Quand nous avons dénoncé la profusion de vêtements treillis, opportunément baptisés « 5 millions », par nos enfants à Bouaké, il s’est trouvé des gens pour tirer à boulets rouges sur nous. Nous n’avons pas faibli et sommes restés constants, à travers une question simple.

Cette « mode » est tellement belle et répandue, et vous-mêmes en êtes tellement fiers, qu’il est sûr que vous avez ainsi habillé vos enfants, ce jour-là. Alors montrez-nous une seule photo d’un seul de vos enfants, que vous avez habillés en treillis, le jour du Ramadan.

« DANS LE FOND, VOIR CES ENFANTS-LÀ, ARBORER FIÈREMENT LEURS VÊTEMENTS EN TREILLIS, SOULAGEAIT, TANT SOIT PEU, LEUR CONSCIENCE QUI LES TOURMENTE DEPUIS L’AVÈNEMENT DE LA RÉBELLION ET DES CRIMES QUI SONT ALLÉS AVEC »

Aucun n’a été capable de nous montrer les siens, habillés ainsi. Pourquoi ? Parce qu’ils savent qu’en le faisant, ils disposeraient leurs enfants, à un esprit de rébellion. Ils ne sont pas disposés à le faire pour leurs enfants, mais ils sont prêts à défendre cette « mode » quand ce sont les enfants de pauvres gens de Bouaké.

Dans le fond, voir ces enfants-là, arborer fièrement leurs vêtements en treillis, soulageait, tant soit peu, leur conscience qui les tourmente depuis l’avènement de la rébellion et des crimes qui sont allés avec. C’était méchant et cynique. Tout simplement.

Porter des vêtements en treillis, lors d’une fête d’école, à Wozo Vacances, ou pour tourner un clip, n’est pas choquant. Mais faire porter des vêtements en treillis à des enfants, lors d’une fête religieuse et pousser la tentation du vice, jusqu’à les baptiser « 5 millions », du nom du premier braquage des mutins ; c’était choquant. Moralement, spirituellement et du point de vue de la responsabilité parentale.

Imams en guerre contre le port du treillis

Heureusement, notre cri de cœur (ou notre coup de gueule) a été entendu. En effet, le préfet de la région du Gbêkê, sous la pression des imams de Bouaké a pris un arrêté, interdisant le port de vêtements sous forme de treillis militaires, aussi bien par les enfants que par les civils adultes.

Les imams ont lancé une vaste campagne de sensibilisation, en vue d’obtenir des parents, qu’ils se débarrassent des vêtements en question. Ils ont demandé que ceux-ci aillent les déposer dans leurs mosquées respectives.

Cette « mode » n’était pas bonne, dans une ville qui a été la capitale de l’ex-rébellion, pendant neuf ans. Une ville qui a été le théâtre d’une mutinerie meurtrière, il y a à peine un mois.

 

C’était une « mode » visant à corrompre moralement nos enfants de Bouaké, dans une cité où des mercenaires sans foi, ni religion, ont pris des armes par deux fois, cette année, pour réclamer « 5 millions » FCFA, puis 12 millions FCFA, à Alassane Ouattara.

Merci aux imams de Bouaké. Merci tout simplement ! Que Dieu continue de vous éclairer ! Une conscience citoyenne est en train de naître en Côte d’Ivoire. Une conscience débarrassée des oripeaux nauséabonds des compromissions politiques. Nous allons continuer ce job et nous avons conscience qu’il ne sera pas une sinécure…

André Silver Konan

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