10192018Headline:

Côte d’Ivoire: Des ONG de défense des droits humains ont réagi à la décision d’amnistie annoncée par Ouattara, pour des personnes impliquées dans les crimes commis!

Onze organisations ivoiriennes et internationales de défense des droits humains, ont réagi à la décision d’amnistie annoncée le 06 août 2018, par le président Alassane Ouattara, pour des personnes impliquées dans les crimes commis en Côte d’Ivoire durant la crise post-électorale.

« Aucune amnistie ne devrait s’appliquer aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres graves violations des droits humains commis en Côte d’Ivoire pendant la crise post-électorale de 2010-2011 ». C’est en somme ce que l’on peut retenir de la déclaration produite le mercredi 08 aout 2018, par onze organisations ivoiriennes et internationales de défense des droits de l’homme.

À les en croire, cette mesure prise par le chef de l’exécutif ivoirien contredit tous « ses engagements pris en faveur de la justice depuis 2011 ». Aussi, se sont-elles persuadées que parmi ces 800 personnes inculpées ou accusées de crimes liés à la crise de 2010-2011, se trouveraient des personnes présumées responsables des crimes les plus graves.

« Décider, après sept années de procédure judiciaire impliquant des centaines de victimes et d’auteurs présumés, que seules soixante personnes répondront à la justice est non seulement une décision arbitraire, mais c’est aussi un geste de mépris vis-à-vis des victimes si cela permet aux auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité d’échapper aux poursuites », ont déclaré ces ONG.

Le droit international, ont poursuivi ces organisations, exige des États qu’ils poursuivent « les auteurs des crimes graves, tels que les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, afin que les droits de victimes à la vérité, à la justice et aux réparations soient respectés ».

« Les principaux traités internationaux auxquels la Côte d’Ivoire est partie – y compris la Convention contre la torture, les Conventions de Genève et le statut de Rome de la Cour pénale internationale – imposent que les auteurs présumés de crimes soient poursuivis », ont-elles fait remarquer. Soulignant qu’ « une amnistie pour crimes graves serait également contraire aux principes constitutifs de l’Union Africaine et à la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples ».

« Si le gouvernement ivoirien revient désormais sur ses engagements répétés de poursuivre les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, cela ouvre la voie à des procédures judiciaires devant les juridictions régionales et internationales où les lois d’amnistie ne sont pas reconnues » ont-elles prevenu.

Elles ont ajouté que « le gouvernement devrait au contraire garantir, en lien avec la Cellule spéciale d’enquête et d’instruction, que l’amnistie ne s’applique pas aux individus mis en causes pour les crimes les plus graves ».

« L’histoire de la Côte d’Ivoire montre à quel point l’impunité encourage la violence politique et les atteintes aux droits humains. À l’approche de l’élection présidentielle de 2020, une amnistie pour les crimes les plus graves de la crise post-électorale de 2010-2011 adresserait un dangereux message, selon lequel les leaders politiques qui ont recours aux atrocités pourront échapper aux sanctions », ont conclu les onze organisations de défense des droits humains.

Notons que la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (LIDHO), le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), Human Rights Watch (HRW), la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), le Club union Africaine, Action pour la protection des droits humains en Côte d’Ivoire (APDH) sont signataires de cette déclaration.

linfodrome.com

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