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Cote d’ivoire: Dr Nogbou Hyacinthe (Cojep) fait des confidences / Ce qu’il révèle sur Blé Goudé et Gbagbo

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Des confidences sur les deux détenus
Cette confidence vient de Dr Nogbou Hyacinthe, premier secrétaire du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), connu sous le sobriquet de le”Che” ou ” Che Guevara”. Il a séjourné à la Haye, aux Pays-Bas, du 26 janvier au 15 février derniers pour suivre la première partie du procès de Gbagbo et Blé Goudé. Hier, au nouveau siège du Cojep à Yopougon, le collaborateur de Blé Goudé n’a pas manqué de faire des confidences sur les deux accusés. «Gbagbo et Blé Goudé sont attristés de ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Quand nos deux leaders voient leurs amis d’hier en train de se quereller pour ce qui n’est pas essentiel, ils sont déçus. Ils demandent à l’opposition ivoirienne de se ressaisir. Depuis 5 ans, elle a servi au peuple ce qu’il ne veut pas», a confié le conférencier qui dit avoir rencontré Charles Blé Goudé hors procès, à trois reprises, souvent en compagnie de Laurent Gbagbo et même du Congolais Jean-Pierre Bemba Gombo, également poursuivi pour crimes contre l’humanité et pour crimes de sang.

Nogbou Hyacinthe a aussi révélé que les deux accusés veulent voir les Ivoiriens débattre sur l’essentiel, c’est-à-dire sur des questions telles que la Constitution ivoirienne qui sera bientôt réformée, les problèmes de l’école ivoirienne, le foncier rural, la vie chère… et non sur des détails. «J’ai vu deux personnalités déçues de ce qui se passe dans leur pays et de constater que nous voulons leur faire porter un chapeau. Si nous sommes incapables de nous organiser et d’avancer, nous démontrons que ce sont elles qui créent cette situation sur place à la Haye puisque depuis qu’elles sont là-bas, il n’y a plus rien. Nous ne sommes ni organisés, ni entreprenants. J’ai vu deux personnes attristées, pas par le combat mené, mais de ce que le combat qu’elles ont eu à mener n’a pas servi parce que nous sommes dans une autre logique. Les deux leaders ivoiriens constatent qu’ils n’ont pas été suivis par ceux qui étaient, malheureusement, à leurs côtés, quand on les transférait», a-t-il dévoilé.

Le premier secrétaire du Cojep va plus loin dans ses révélations. Il a dit avoir vu, malgré tout, deux personnalités en parfaite harmonie, contrairement à ce que les gens pensent sur les bords de la lagune Ebrié. «J’ai eu le privilège de constater que Blé Goudé fait le repas et le partage avec le président Gbagbo. Il est heureux de cuisiner pour son père, cette icône africaine. J’ai eu le privilège de prendre ce repas avec eux. J’ai eu le privilège de voir que les assiettes doivent être lavées par les détenus. Mais, Blé Goudé ne peut pas être là et le président Gbagbo va laver les assiettes», a développé M. Nogbou.

Pour lui, l’entente entre ces deux personnalités va encore se remarquer lors de l’intervention de Charles Blé Goudé. La tape que le président Gbagbo lui fait, en pleine intervention, a souligné le conférencier, est pour dire à ceux qui se battent dans la basse cour qu’il n’y a pas de problème entre les deux. «Quand Charles Blé Goudé intervenait, le président Laurent Gbagbo levait son pouce pour le féliciter. Et, lorsqu’il avait fini, les deux leaders ivoiriens se levaient avec les poings serrés et nous avons chanté l’hymne nationale en compagnie de la centaine de personnes. Et nous étions fiers de ces messieurs», a encore ajouté Nogbou Hyacinthe.

Parlant de l’état d’esprit des détenus, le premier secrétaire du Cojep dit avoir vu des personnes sereines, sûres et convaincues de leur innocence. «Elles ne se reprochent rien et font confiance à leurs Conseils parce que les faits parlent pour elles», fait savoir le collaborateur de Charles Blé Goudé. Concernant le déroulement du procès ouvert le 28 février dernier, Nogbou Hyacinthe a souhaité que la droit soit dit afin que la vérité éclate. «Je demande à Dieu d’instruire les personnes qui vont parler afin qu’elles disent ce qui a été et ce qui est», a-t-il dit, avant de demander aux Ivoiriens, précisément aux hommes de Gauche, de cesser de prendre l’ombre pour la proie.

Selon lui, il n’y a qu’une seule personne au pouvoir en Côte d’Ivoire qui est en train de s’organiser pour passer à une alternative afin de changer la Constitution et rester au pouvoir.

La rentrée politique du Cojep annoncée pour le 16 avril

C’est pour combattre cela que le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples entend s’assumer et jouer sa partition dans le jeu politique ivoirien. Et Nogbou Hyacinthe d’annoncer que le parti de Blé Goudé «veut prendre le pouvoir d’État, dans un délai très proche, mais par la voie légale». «Le Cojep a un nouvel esprit politique et a une chance d’avoir une boussole comme Laurent Gbagbo. Il a déjà tracé les sillons», a-t-il dit, annonçant, par ailleurs, sa participation à la présidentielle de 2020.

C’est dans ce sens qu’une rentrée politique est prévue pour le 16 avril prochain, avec pour thème: «Le Cojep, la conquête du pouvoir d’État et la problématique de la réconciliation dans un Etat de droit, de justice et d’équité». «Le Cojep profitera de cette rencontre pour se prononcer sur la réforme constitutionnelle, les législatives, le procès de Gbagbo et Blé Goudé», a fait savoir Martial Yavo, président du comité d’organisation. Aussi a-t-il indiqué qu’une tournée de mobilisation débutera le samedi 12 mars prochain à Treichville, pour s’achever le dimanche 10 avril à Yopougon et à Attécoubé.

Message clair à Affi et à Sangaré

Les confidences du Dr Nogbou Hyacinthe, premier secrétaire du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) sont une façon insidieuse pour l’ex-président ivoirien et fondateur du Front populaire ivoirien (Fpi) d’adresser un message clair à Affi N’Guessan et Abou Drahamane Sangaré. Laurent Gbagbo aurait-il envie de dire à ses ex-lieutenants d’arrêter leur querelle de clocher qu’il ne s’y prendrait autrement.

Ses confidences au premier responsable du Cojep est une invite aux deux clans protagonistes au Fpi à taire leurs une égos et à refaire leur unité. Pour l’ex-président détenu à la Haye, en effet, ce n’est pas de leur division (Affi et Sangaré) que les Ivoiriens et lui-même, ont besoin. Depuis le 15 juillet 2014, une fracture s’est largement créée au sein Fpi. Certains contestent le réaménagement du secrétariat général du parti effectué le 4 juillet 2015. Celui-ci a été initié par le président du parti fondé par Laurent Gbagbo. Pascal Affi N’Guessan avait augmenté le nombre des membres du secrétariat général. Les contestataires disent que ce réaménagement est « nul et de nul effet » et que l’ancien Premier ministre cherche à faire oublier Laurent Gbagbo.

Depuis lors, le parti à la rose est profondément divisé. Pas sur l’héritage de leur mentor, mais sur la place à lui accorder à court, moyen et long termes dans leur stratégie de reconquête du pouvoir. D’un côté, les “Gbagbo ou rien, fidèles de Laurent Gbagbo et qui font de sa libération “le cœur de la stratégie de lutte du parti”. De l’autre, les “affiistes”, ou les ”Gbagbo et nous” qui aspirent à s’investir dans le jeu politique avec à la clé une participation au scrutin présidentiel de 2015 derrière Pascal Affi N’Guessan.

Il faut le dire, tout ce spectacle ne plaît pas à l’ex-président ivoirien qui, depuis son lieu de détention, n’a jamais reçu aucun leader de ces deux camps alors qu’il a ouvert sa cellule à d’autres leaders politiques tels Charles Konan Banny, Kouadio Konan Bertin dit KKB et Essy Amara, qui, à un moment donné ont été les porte-flambeau de l’opposition en Cote d’Ivoire. Il n’est jamais tard pour bien faire, dit l’adage, en espérant que les révélations faites par le proche de Blé Goudé sonneront le débat d’une possible réconciliation entre les camps rivaux qui minent l’héritage politique du plus célèbre prisonnier de Scheveningen.

Cyrille DJEDJED

L’inter

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