05282017Headline:

Côte d’Ivoire/ élections présidentielles«Laurent Gbagbo: L’absent omnipresent»

campagne gbagbo,ado

L’analyse des évènements politiques de ces dernières semaines dans notre sous-région et dans notre pays laisse éclater une vérité que certains peinent à percevoir ou s’efforcent de nier: Laurent GBAGBO, le proscrit d’hier, celui qui a été condamné à l’oubli et au néant vagissant du sous-sol de l’humanité par ses adversaires, mais aussi par certains de ses camarades, en liaison diabolique avec l’impérialisme triomphant; celui qu’il fallait renier et oublier pour se sauver; Laurent GBAGBO, dis-je, est devenu sans aucun doute l’absent le plus omniprésent du monde.

J’évoquerai successivement les évènements au Burkina voisin et les élections présidentielles en Côte d’Ivoire.
I – LA CHUTTE DE COMPAORE ET LA DISSOLUTION DU REGIMENT DE SECURITE PRESIDENTIELLE OU LE DEBUT DU PROCESSUS DE REHABILITATION DE LAURENT GBAGBO
Même si certains l’ont longtemps nié, il n’est plus un secret pour personne que la déstabilisation du régime de Laurent GBAGBO, engagée seulement 11 mois après sa prise de fonction en qualité de président de la République de Côte d’Ivoire, a été préparée et entretenue par Blaise COMPAORE, en liaison criminelle avec Alassane OUATTARA et la fameuse communauté internationale.

Tous les autres acteurs, que ce soit le MPCI, le MPIGO; les FN, IB, Soro et ses fameux COMZONES, les FAFN, les FRCI, le RHDP, etc; n’ont été et ne sont que des pions entre les mains de l’impérialisme agissant souvent à travers ses suppôts locaux, aussi bien en Côte d’Ivoire qu’en Afrique.

Il est aujourd’hui clair que Blaise COMPAORE aura été le grand Satan, le déstabilisateur-en-Chef de l’Afrique de l’Ouest, mais surtout de notre pays. Des témoignages crédibles existent aujourd’hui pour dire que la tentative de coup d’Etat des 18 et 19 septembre 2002 contre Laurent GBAGBO a été orchestrée par Compaoré et conduite par le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) sous les ordres du Général DIENDERE et d’un certain Zida qui était lui-même à la tête de ses troupes à Abidjan cette nuit-là.

De plus en plus de personnes, y compris hors de notre famille idéologique, indiquent que suite à l’échec de ce coup d’état, la rébellion qui s’en est suivie était sous les ordres directs du RSP qui lui a fourni armes, munitions, hommes et logistique, au minimum jusqu’à la chute de Laurent GBAGBO.

Dans ces circonstances, les évènements survenus dans le Burkina voisin et frère, qui ont eu pour point d’orgue la chute honteuse et déshonorante de Compaoré chassé par son peuple d’une part et la dissolution de ce RSP si nocif, ainsi que toutes les autres conséquences dont les arrestations de DIENDERE et BASSOLE d’autre part, auront un impact certain sur la vie politique en Côte d’Ivoire. Je suis également convaincu qu’ils auront une incidence indéniable sur le sort injuste fait au président Laurent GBAGBO et l’issue de son procès à venir devant la CPI.

Il nous revient d’en prendre conscience et d’agir dans le sens indiqué par l’Histoire et le digne peuple burkinabè. Il n’aura échappé à personne, à l’occasion de ces évènements, les nombreux témoignages de burkinabè tendant à réhabiliter Laurent GBAGBO, si longtemps vilipendé à ses yeux et présenté comme l’ennemi du Burkina et de ses ressortissants.

Il y a très longtemps que le peuple burkinabè n’avait pas dit autant de bien de Laurent GBAGBO. Pour le gbagbiste (ou gbagboïste) convaincu que je suis, qui plaide depuis toujours cette cause, ces témoignages viennent comme un véritable baume au cœur. Mais ils sont surtout un appel à continuer la lutte, pacifique et démocratique, pour le bonheur de nos pays et de nos peuples dont les destins sont liés.
II – LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES EN COTE D’IVOIRE
En Côte d’Ivoire, certains, y compris, dans nos rangs, ont parié depuis longtemps sur la fin politique du président GBAGBO. Pour le RHDP, sa déportation à la Haye, au sous-sol de la communauté internationale et de l’Humanité, avait pour but de le couper du pays et le sortir définitivement du jeu politique ivoirien. Pour certains de nos anciens camarades, l’heure était venu “d’engager le combat pour le contrôle de notre camp, Gbagbo ne revenant pas de sitôt, pour ne pas dire jamais plus”. Nous sommes fiers de faire partie de ces nombreux ivoiriens, africains et citoyens du monde qui ont toujours soutenu que ces prédateurs et opportunistes se trompent et ont agi pour le montrer.

Depuis quelques mois déjà, chaque jour qui passe montre que Laurent GBAGBO est plus que jamais, et de plus en plus, au centre du jeu politique ivoirien et que rien de solide et de viable ne se fera sans lui. Dois-je rappeler les visites incessantes sous forme de cour assidue à la Haye de nombreux politiques ivoiriens et africains? Aujourd’hui, en pleine campagne électorale, Laurent GBAGBO est devenu le fonds de commerce de tous les candidats.

Le point commun de tous leurs programmes de gouvernement est “dès mon élection, la libération de Laurent GBAGBO et de tous les prisonniers politiques”. Je dis bien tous leurs programmes de gouvernement, y compris de Ouattara et du RHDP.

C’est ainsi en effet que je comprends l’image de Ouattara posant avec un quidam présenté comme Gbagboïste, habillé dans le pagne de campagne de GBAGBO (de 2010) et déclarant voter pour lui (AO) en 2015. Pour moi, cette image est le plus grand aveu de l’échec de la tentative du régime d’effacer GBAGBO de la mémoire du peuple de Côte d’Ivoire.

Souvenez-vous: à partir de l’éclatement de la crise post-électorale, pour Ouattara e ses troupes, tout ivoirien ayant soutenu GBAGBO et refusant de le renier méritait soit la mort, soit la prison, soit l’exil. Des personnes, ivoiriennes ou non, on perdu la vie ou se sont retrouvées en prison pour avoir proclamé le maintien de leur fidélité au président GBAGBO. Je pense en particulier à nos frères guérés de Duékoué ainsi qu’au français Philippe REMOND assassiné à Yamoussoukro.

D’autres ont connu le même châtiment pour avoir, après le 11 avril 2011, continué de porter un t-shirt ou un pagne à l’effigie du président GBAGBO. Aujourd’hui, que Ouattara soit obligé de se mettre en scène en s’affichant avec quelqu’un portant ce même pagne est une image terrible de la défaite de ceux qui voulaient faire oublier GBAGBO.

Elle montre en même temps la force de Laurent GBAGBO et son poids incontestable dans l’opinion ivoirienne. C’est également ainsi que je juge la une du journal du PDCI, le nouveau réveil du 13/10/2015 qui dit: “Ouattarra détrône Gbagbo à Yopougon”. Or, donc, Yopougon a un propriétaire, un roi qui continue de s’appeler Laurent GBAGBO, plus de 4 ans après sa déportation? Quelle omniprésence pour un grand absent?

Au delà de son caractère ridicule, cette une montre la faiblesse de Ouattara: quelle gloire y a t il en effet à détrôner un adversaire qu’on a déporté loin du théâtre des opérations, dont on continue de contraindre les partisans soit à la trahison ou au reniement de soi pour survivre, soit à la clandestinité, à l’exil, à la mort, à la prison ou au chômage? Cette image montre, à elle-seule, que Laurent GBAGBO est celui que le peuple ivoirien a choisi, notamment aux élections de 2010, pour le conduire. Elle montre que s’il avait pu être candidat en 2015, personne n’aurait pu le détrôner.

En définitive, l’histoire et la vérité sont en marche, elles s’exécutent devant nos yeux incrédules: Laurent GBAGBO, même couché, même absent, ses partisans étant acculés de toutes parts, est craint par tous, à commencer par l’impérialisme et ses suppôts, parce qu’il demeure le guide et la référence du peuple ivoirien.

Dans ces conditions, je demeure convaincu que Laurent GBAGBO, le SEPLOU, vaincra toutes les adversités et triomphera des épreuves à venir, à commencer par ce procès à la CPI, et qu’il reviendra parmi nous, bientôt, par la grâce de Dieu. Nous pourrons alors nous rappeler ces paroles, prémonitoires, en 1990, de ce grand artiste traditionnel bété de Guibéroua: “ô na gwè oh, na izé oh, a ma sèné oh; Koudou yôwli oh, na izé, a maa sénè oooohhhhhh”. Je laisse mes amis Asmara Norbert Gnabou et Excellence Zadidonner la traduction de ces paroles en français.

Haut les cœurs camarades, la liberté vaincra!!! »
Ambroise Gnahoua

Ambroise Gnahoua Dakar

cameroonvoice

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