11202017Headline:

Côte d’Ivoire: Fumoirs, trafic de drogues/ Un dealer fait de graves révélations: « Des éléments des FRCI font partie de nos clients »

fumoir

Fumoirs, trafic de drogues/ Un dealer fait de graves révélations: « Des éléments des forces de l’ordre font partie de nos clients
« Pourquoi des fumoirs sont reconstruits »
« On ne peut entretenir un fumoir sans arme à feu

Animateur du trafic de drogues et de stupéfiants, Ouédraogo Ismaël, connu dans le milieu sous le pseudonyme de Maïlo ou Kit Orange, n’a pas hésité à faire des révélations dans cet entretien qu’il nous a accordé, le dimanche 24 juillet 2016, à la descente du pont d’Anoumabo, village de Marcory abritant d’importants fumoirs d’Abidjan.

Comment êtes-vous parvenu à faire partie des vendeurs de stupéfiants ou de drogues ?

Ouédraogo Ismaël: J’ai toujours été un grouilleur (un battant). Mais les choses n’allaient pas comme je voulais. En clair, j’étais dans la dèche. Il faut bien que je survive. Donc, j’ai suivi mes copains que je voyais un peu plus à l’aise avec ce métier (vente de drogue).

Depuis combien de temps faites-vous « ce métier » ?

Je ne me souviens pas trop, mais je sais qu’à partir de 2010, je suis devenu incontournable dans la vente.

Ah bon ? Qui sont donc vos fournisseurs ?

Nous n’avons pas le temps d’identifier quelqu’un. Nous récupérons nos marchandises, et nous nous cherchons (quitter les lieux rapidement), pour rejoindre notre bled (fumoir) pour faire notre barra (travail).

Est-ce que ce sont des personnes qui viennent en voiture vous livrer ou vous vous rendez sur les lieux pour vous en procurer ?

On nous informe que le truc (marchandise) est prêt, et nous allons chercher ou eux-mêmes viennent avec.

Comment se fait le transport ?

Mon vieux (grand-frère), nous utilisons les moyens du bord.

C’est-à-dire ?

Nous pouvons utiliser des mobylettes, des véhicules de transport en commun dans lesquels nous cachons soigneusement les produits.

Une fois sur place, comment faites-vous pour la vente ?

Nous sommes plusieurs. Il y a des gens qui font des boulettes dans des sachets. Ils utilisent des ciseaux pour faire vite. Nous remettons les sachets aux vendeurs qui doivent les écouler à partir de 100 francs Cfa, selon la grosseur.

Le faites-vous à visage découvert ?

(Hésitation…). Nous nous faisons discrets un peu, sinon il est difficile que des éléments des forces de l’ordre nous surprennent tant que des rivaux ne nous ont pas dénoncés au haut lieu.

Donc, des éléments des forces de l’ordre vous laissent faire ?

Certains éléments des forces de l’ordre sont nos clients, ils viennent se ravitailler ici. Ce sont eux qui nous donnent les sons (informations) de l’arrivée de la brigade de répression. Ils ne font pas que prendre leur dose . Certains, pour travail rendu, perçoivent quelque chose, un peu d’argent quoi, et nous laissent travailler dans nos fumoirs.

Ça peut-être combien ?

Là je ne sais pas exactement.

C’est selon le nombre de boulettes vendues ?

Je ne peux rien dire là-dessus.

Vous semblez ne pas être inquiété à Anoumabo au Bord où les fumoirs détruits sont reconstruits . N’est-ce pas ?

Ce n’est pas facile de venir détruire les fumoirs qui sont là (Anoumabo Au Bord). Le Gt8 est notre siège. C’est là que se trouve le babatchê (le patron), Konan le virus dit Tupac (du nom du célèbre chanteur américain assassiné) ou le King Konan. C’est la base navale. C’est là que tous les djandjous (professionnelles de sexe) viennent se ravitailler. Il y a également « Cameroun » qui est en activité.

Pour écouler tout ceci, il faut une bonne organisation ?

Bien sûr, il y a des lieux de rassemblement comme derrière l’église catholique d’Anoumabo, dans les environs de carrefour Canada, avec des gars (collègues) comme Karamoko dit 200 carats, Sami Francis dit Sami, Chico, As Polo, Ballack, Sandi Youssouf. En tout cas, nous sommes organisés.

Il nous revient que ce ne sont pas les seuls fumoirs d’Anoumabo ?

Effectivement, le plus grand et le plus actif des fumoirs d’Anoumabo, pour ne pas dire d’Abidjan-sud, est celui qui est sous le pont d’Anoumabo où les femmes ébrié préparent leur attiéké (semoule de manioc cuite à la vapeur).

Qu’est-ce que vous utilisez pour vous défendre afin d’entretenir ces fumoirs et faire face à des attaques d’autres clans ?

Nous avons des battes de base-ball, des gourdins, des machettes, et aussi des pioches. Mais le babatchê et d’autres ont des armes à feu. Mon vieux, on ne peut pas entretenir un fumoir sans armes à feu.

Quand tu parles de stupéfiants, tu veux parler de quoi exactement ?

Nous vendons tout. Du cannabis, un peu de haschich, et puis les vraies choses (la drogue dure). La coke (cocaïne) ou l’héroïne. Ce dernier produit qui provient d’un autre est très dangereux, c’est ce que nous proposons à des gens qui ont un peu (d’argent). Ça, lorsque tu prends, tu n’as peur de rien ni de personne. Maintenant, si tu es habitué, et que ça te manque, tu peux tuer pour l’obtenir. En tout cas, c’est bon !

Est-ce que tu es conscient que ce que tu fais est dangereux et répréhensible ?

Sinon pourquoi je me cache ? Tu ne m’apprends rien, mon gars.

Ne crains-tu pas que tes camarades, lorsqu’ils vont lire, ne cherchent à attenter à ta vie ?

On ne vit pas dans ça. Je suis déjà mort. Donc, qui peut vouloir me tuer ? Mon vieux, laisse-ça. Chacun sait d’où il vient. Et il faut bien qu’on meurt un jour non ? Que celui qui a peur de mourir, ne vive pas. Mais je suis toujours vivant, et je me sors de situations incroyables.

Etes-vous préparé mystiquement ?

(Sourire) Vraiment, je te remercie de m’avoir donné la parole, mais je crois avoir dit l’essentiel.

Propos recueillis par M’BRA Konan

 linfodrome.com

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