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Cote-d’Ivoire/ grande Peur dans la ville de Bouaké , les habitants exaspérés: L’escalade de la violence et l’équation Amoudé

Peur dans la ville de Bouaké en Cote-d’Ivoire, les habitants exaspérés: L’escalade de la violence et l’équation Amoudé

Bouaké la rebelle. Cette allégorie inventée par des internautes cadre bien avec la capitale du centre du pays qui a renoué depuis jeudi nuit avec ses vieux démons. La ville s’est réveillée vendredi sous des détonations de fusils automatiques. Le répit observé vendredi à la mi-journée a été de courte durée puisque les détonations ont repris de plus belle la nuit du vendredi et ont continué jusqu’à mardi 9 janvier. Ce mercredi, selon des correspondants de presse sur place, la situation reste tendue.

C’est que depuis quelque temps, une rivalité armée oppose les militaires du 3e bataillon d’infanterie aux forces du CCDO (Centre de commandement des décisions opérationnelles, une unité en charge de la sécurité et du grand banditisme). Les premiers accusent les seconds d’espionnage et d’hégémonie. Nous l’avons déjà relevé dans nos colonnes. Mais alors que l’on croyait à quelques incompréhensions qui allaient être vite réglées, c’est plutôt l’escalade de la violence qui s’installe dans la ville martyre et gagne d’autres quartiers après l’épicentre Sokoura, au nord de la ville.
Les habitants, obligés de rester chez eux après des échanges de tirs qui ont fait un mort, n’en peuvent plus, terrorisées et effarouchées qu’elles sont. ‘’Vraiment y en a marre !’’, c’est l’expression de leur peine qui revient souvent à la bouche des interlocuteurs des organes de presse. Après la terrible mutinerie de janvier 2017, les bouakéens espéraient ne plus revivre le même scénario en ce début d’année. Hélas ! Mille fois hélas ! Les armes crépitent encore au moment même où le ministère de la Défense annonce une enquête.

L’insoluble équation Traoré Amoudé ?

Traoré Amoudé. C’est l’homme par qui le malheur de ces derniers jours est arrivé. Il est le commandant en second du Ccdo avec un grade de lieutenant de l’armée. Qui est-il réellement ?
Selon nos premiers renseignements et en recoupant les informations qui circulent à son sujet, l’homme a poussé à bout ses frères d’armes par ses méthodes rugueuses et inutilement provocatrices. Alors qu’il est chargé de traquer les grands bandits, Traoré Amoudé lui, orienterait son action en direction de ses frères d’armes qu’il soupçonne de subversion. Ses rapports à la hiérarchie, souvent erronés, seraient à la base de sanctions disciplinaires qui frappent des militaires. Amoudé est un ancien de la rébellion qui a servi sous les ordres du commandant Chérif Ousmane, alors un des chefs de guerre de la ville. Il était bien connu de plusieurs sources comme cordonnier non loin du stade municipal. Laissé d’abord à l’écart parce qu’il ne rentrait pas dans les critères de sélection pour la nouvelle armée, Traoré Amoudé par sa proximité avec le régime sera recruté entre 2013 et 2014 au sein des Frci où il devient officier avec le grade de lieutenant. Avec cette promotion fulgurante, il est envoyé à Bouaké pour être le commandant en second du Ccdo qui est dirigé en réalité par un capitaine de gendarmerie. Par sa maîtrise du terrain pour avoir fait Bouaké pendant la rébellion et par sa corpulence de Baracouda, c’est lui finalement qui est en vue et en première ligne dans les opérations.

Par son zèle, sa rudesse et son goût démesuré pour les coups bas contre ses frères d’armes (témoignent certains militaires), le lieutenant Traoré Amoudé est devenu l’homme à abattre. Les militaires ont décidé d’en découdre avec le Ccdo. Persona non grata, plus personne au 3e bataillon ne veut le voir au sein de cette unité mixte. L’action des militaires qui font tonner la poudre depuis jeudi, vise à le neutraliser ou à tout le moins, à le faire partir de la ville vaille que vaille avec son Ccdo formaté à son image. C’est ainsi que hier, plusieurs informations faisaient état de la mise à sac de la base du Ccdo et d’un assaut pour cueillir le lieutenant Amoudé.

« Je pense que ce qui s’est passé entre nous forces militaires est un malentendu. Nous sommes des frères d’armes et non des ennemis. Nous avons la même mission. Le gouvernement nous a mis à Bouaké pour sécuriser les populations et leurs biens. Et tant que nous sommes en vie, nous allons assurer cette tâche avec détermination », tentait-il de tempérer dimanche dernier lors d’une cérémonie civile à Bouaké, rejetant tous ‘’les mensonges que l’on balance sur les réseaux sociaux ’’ à son sujet. Toujours est-il que tout ceci se passe au grand dam du haut commandement de l’armée qui ne peut que déplorer le désastre et l’indiscipline notoire qui règne en maîtresse.

Faut-il rappeler que le gouvernement a fait le choix de maintenir sur place à Bouaké les ex-combattants de la rébellion après leur admission dans la nouvelle armée. Ils ont été rejoints par des éléments des ex-Fds en minorité. Et les réflexes rebelles tardent à disparaître. Quelqu’un a dit qu’il faut démilitariser Bouaké. Pourquoi pas, si cette solution peut ramener un minimum de quiétude dans la localité qui souffre depuis 2002. La ville est devenue un far West.
SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

Par Connectionivoirienne.

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