10192017Headline:

Côte d’Ivoire: Grogne sociale / le président Alassane Ouattara pertubé, En savoir plus….

 

La Côte d’Ivoire s’imaginait voguer vers « l’émergence » en 2020, le cap fixé par Alassane Ouattara, qui doit rencontrer François Hollande à Paris mercredi 15 mars, comme on navigue sur les lagunes sans vagues d’Abidjan. Depuis l’accession de celui-ci au pouvoir, en 2011, au terme de neuf ans de guerre civile, le récit officiel était impeccable. Le taux de croissance flirte depuis 2012 avec les 9 %, les investisseurs affluent du monde entier pour profiter du « miracle économique », une politique de grands travaux et l’onction internationale accordée aux nouvelles autorités devaient vite faire oublier les convulsions passées.

Or, une mutinerie, qui s’est déclenchée à Bouaké, la capitale de l’ancienne rébellion, la première semaine de janvier avant de s’étendre à une bonne partie des casernes du pays, entame l’optimisme ambiant. « Nos chefs se sont enrichis sur notre dos. Ils sont devenus milliardaires pendant que nous souffrions », dénonce l’un des meneurs des mutins. Après s’être battus pour Alassane Ouattara, ils réclament de meilleures conditions de vie et les primes qui leur auraient été promises avant la bataille d’Abidjan d’avril 2011.

Le pouvoir a cédé aux revendications de la troupe, qui exigeait 12 millions de francs CFA (près de 18 300 euros) pour chacun des 8 400 soldats ex-rebelles. La présidence a débloqué rapidement 5 millions et promet de verser le reliquat à partir de mai. « Le président a vécu cela comme une humiliation », confie l’un de ses proches. « Quand les mutineries se sont déplacées sur Abidjan, on a vraiment eu l’impression que le pouvoir ne tenait plus rien », ajoute une source sécuritaire.

Menace de grèves de la part des fonctionnaires

Ce coup de colère a généré une multitude de spéculations sur ceux qui tentent de profiter de la fragilité des autorités. Tout d’abord Guillaume Soro, l’ancien chef rebelle. La rivalité entre celui-ci, reconduit en 2016 à la tête de l’Assemblée nationale, et le nouveau premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, pour la succession d’Alassane Ouattara au terme de son second mandat, en 2020, est actuellement le sujet le plus commenté par les observateurs de la politique ivoirienne.

Progressivement marginalisé depuis que son nom est apparu comme l’un des soutiens présumés du coup d’Etat échoué au Burkina Faso en septembre 2015, Guillaume Soro a regagné de l’influence à la faveur de la mutinerie. Les anciens chefs militaires de la rébellion..

Cyril Bensimon

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