07162018Headline:

Côte d’Ivoire / Jean Louis Billon (PDCI) crache ses verités à Kandia et Bictogo : « Quand ils sont à court d’argument, ils vont un peu plus bas »

« Ils perdent leur sang-froid »
« Le PDCI est allé seul plusieurs fois aux élections présidentielles »

Dans un entretien accordé au confrère Frédéric Gara de RFI, le porte-parole adjoint du PDCI, Jean Louis Billon, a répondu à ses détracteurs

Le week-end dernier, à Yamoussoukro, lors d’un vaste meeting politique, les cadres du PDCI, avec le porte-parole adjoint Jean Louis Billon en tête, ont laissé entendre qu’ils ne se joindraient pas au parti unifié de la majorité RHDP. En tout cas, pas avant cette élection présidentielle de 2020.

Cette sortie de Jean Louis Billon n’a pas plu à certains militants du Rassemblement des républicains (RDR), en l’occurrence Kandia Camara et Adama Bictogo qui ne l’ont pas du tout ménagé dans la presse.

Profitant d’une interview accordée, le jeudi 15 mars 2018, au confrère Frédéric Gara de RFI, Jean Louis Billon a réglé ses comptes.

Est-ce que le discours qu’on a entendu ce week-end à Yamousssoukro en hommage à Henri Konan Bédié, est le reflet de ce que pense justement le président Bédié ?

Oui, bien sûr, c’est non seulement ce qu’il pense, mas c’est également ce qu’il veut et c’est également ce que veulent les militants du PDCI. Durant la rencontre de Yamoussoukro, nous nous sommes adressés aux militants du PDCI pour leur dire notre feuille de route pour 2020.

Cette feuille de route, c’est d’avoir un PDCI jusqu’à l’alternance de 2020, à la présidentielle de 2020. Pourquoi est-ce que vous avez tant insisté sur cet impératif de ne pas avoir un RHDP avant 2020 ?

Non, il ne s’agit pas de ne pas avoir de RHDP avant 2020. Nous sommes au sein de la coalition RHDP. Le RHDP est une coalition de partis autonomes. Là où nous divergeons, c’est que nous disons la question du parti unifié interviendra après l’alternance de 2020. C’est une autre étape. Il faut que les esprits évoluent parce que pour l’instant, personne ne veut abandonner son identité propre. Et si jamais, les parties acceptent cette évolution, on peut partir vers le parti unifié. Pour l’instant, le PDCI reste le PDCI et nous aurons notre candidat à pour l’élection présidentielle de 2020.

Est-ce que politiquement, le PDCI a les moyens d’aller seul aux prochaines élections présidentielles ?

Le PDCI est allé seul plusieurs fois aux élections présidentielles. Je le répète, c’est la plus             ancienne formation politique de Côte d’Ivoire. C’est la seule formation politique qui est présente sur l’ensemble du territoire national, dans tous les coins et recoins de Côte d’Ivoire. C’est celle qui intègre le plus. Oui, elle a les moyens d’aller seul.

Jean Louis Billon, ces bisbilles, toutes ces scènes de ménage, ces querelles, en interne, est-ce que ce n’est pas un moyen de faire monter les enchères ?

Nous n’en sommes plus là. En toute honnêteté, je pense que le quotidien des Ivoiriens est difficile. Ils aspirent à ce qu’on puisse apporter des solutions à leurs attentes. Et nous travaillons pour le futur, à améliorer notre projet de société pour 2020. On n’est pas dans une négociation de marché quelconque.

Certains, face à ces querelles, jouent les Cassandre ou les oiseaux de mauvais augure en annonçant des lendemains terribles pour la Côte d’Ivoire, s’il n’y a pas d’union, de parti unifié pour 2020, est-ce que c’est raisonnable de jouer avec la peur des Ivoiriens compte tenu de ce qu’ils ont déjà vécu en 2011 et en 2004 ?

Je vais vous dire. Qu’il s’agisse du PDCI et de tous les autres partis de Côte d’Ivoire, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Nous voulons travailler pour la réconciliation nationale vraie, plus de cohésion sociale et pour une paix durable. Nous allons le faire avec l’ensemble de nos partenaires politiques. Et comme le disait le président Henri Konan Bédié, nous souhaitons une démocratie apaisée. Les querelles politiques existent dans toutes les démocraties du monde. Qu’elles se fassent en fair-play total, sans insulter qui que ce soit et nous aurons une société beaucoup plus solide pour demain.

Vous parlez de fair-play, pourtant on a entendu certains cadres du RDR vous traiter de politicien de salon, dire que Maurice Guikahué qui était avec vous à Yamoussoukro est un homme du passé. Ça, ce n’est pas très fair-play ?

Oui, mais ce n’est pas grave. Ils perdent leur sang-froid. C’est tout et puis, nous, nous avançons. Quand ils sont à court d’arguments, ils vont un peu plus bas. Mais ils vont se reprendre. Je n’ai aucune inquiétude là-dessus. On se connait tous, chacun doit avoir ses idées politiques, idéologies de son parti. Et c’est ce débat qui fait avancer les choses.

Un ticket pour 2020 avec un président qui serait par exemple candidat. Président-candidat : Daniel Kablan Duncan, et un vice-président qui serait Amadou Gon Coulibaly. Cela vous satisferait ?

Il appartient aux militants et instances du parti de déterminer quel sera le ticket pour 2020.

Cette hypothèse, elle vous conviendrait ?

Je n’ai rien à dire là-dessus. Mais ce que j’ai déjà dit, c’est que 2020 sera une nouvelle génération.

Adolphe Angoua

linfodrome

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