09242017Headline:

Côte d’Ivoire: La population de Diabo prise en otage par des bandits. Leur détresse…

On assiste à une déportation massive de bandits vers les villes de l’intérieur du pays. La ville de Diabo située à seulement 20 kilomètres de la ville de Bouaké, vit dans l’effroi depuis quelques temps. L’insécurité s’est accrue, les populations agressées et dépouillées de leurs biens.
Les habitants de Diabo, localité située au centre-nord de la Côte d’Ivoire, vivent des heures difficiles. Des bandits ont décidé de troubler la quiétude des populations par des agressions de toutes sortes. Toutes les rues ont été bouclées par ces malfrats qui empêchent les populations, de vaquer librement à leurs occupations.
« C’est vraiment difficile ce que nous vivons. J’ai mon ami de classe qui a été poursuivi par des bandits, alors qu’il venait d’accompagner sa camarade. Deux d’entre eux se sont postés à l’entrée de la ville, à la station essence et deux autres guettaient, au niveau du marché. Il a pu de justesse échapper à cette agression imminente, en prenant ses jambes à son cou. Et ce en pleine journée », raconte Bintou, une élève de Diabo.

L’insécurité dans la ville d’Abidjan marquée par des nombreuses attaques perpétrées par des commandos contre des services de sécurité de l’État, s’est étendue aux villes de l’intérieur du pays. Diabo vient donc s’ajouter à la longue liste des localités plongées dans la spirale de la violence. Les agresseurs s’en prennent aux populations et les dépouillent de leurs biens. Des portes sont cassées, des domiciles cambriolés, de l’argent et de la nourriture emportés. C’est cette précarité sécuritaire que relate pour PoleAfrique.info, le sous-préfet de Diabo, Kouakou Firmin, très préoccupé par la situation, « les agressions sont très fréquentes ici à Diabo. Les populations en souffrent énormément. Casse de portes, agressions à domicile, vols de motos des fonctionnaires sont devenus le lot quotidien de la population » a réagi le sous préfet, joint par Poleafrique.info.
Diabo qui souffre du manque d’eau vit des heures d’angoisse dues à une insécurité grandissante.

Après l’insécurité durant la période 2011-2012 avec les agressions et autres coupures de route, calmées par l’opération « araignée », la localité vit à nouveau la peur. Ces agressions récurrentes contre les populations, sont le fait d’un manque de service de sécurité. Il n’y a ni commissariat ni brigade de gendarmerie en dépit de l’existence d’un lycée municipal, de plusieurs groupes scolaires, du centre de santé urbain, de divers services services administratifs. Les bandits y règnent en maîtres et se sont même installés dans les campements alentours. Diabo, située à équidistance de Bouaké et de Botro (20 kilomètres de chaque côté), est donc pris dans l’étau de ces malfrats, qui en ont fait leur terrain de chasse.
« On ne sait même pas comment ils procèdent. Parfois ils profitent la nuit tombée pour assouvir leurs sales besognes. Tous les villages environnants, sont victimes de ces voleurs qu’on ne connait même pas. On ne sait pas d’où ils sortent pour nous faire vivre un véritable calvaire. Ils emportent notre argent, nos provisions et aussi les motos de nos maris. C’est pas facile » témoigne à Poleafrique, une victime de ces voleurs.

Après la crise de 2010, plus précisément en 2012, le seuil d’insécurité dans le département de Botro avait atteint des proportions inquiétantes. Les populations pensaient avoir laissé cette période sombre derrière elle, avant que les agressions ne reprennent de plus bel. Les habitants lancent donc un cri de cœur. Vivement un service de sécurité. Il faut dire que du temps du président Houphouët-Boigny, en 1989-1990, une brigade de gendarmerie avait été attribuée à Diabo. Le bâtiment de service trouvé et les logements de gendarmes identifiés. Mais, on ne sait pour quelle raison, cette brigade n’a jamais été opérationnelle. Ce sont deux gendarmes de la brigade de Botro qui viennent faire la semaine. Que peuvent-ils contre cette bande armée qui a fui Abidjan et qui endeuille depuis quelque temps Bouaké et sa région? Le commandement supérieur et la direction générale de la police sont interpellés.

EburnieNews

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