06262017Headline:

Côte d’Ivoire : l’acheteur de cacao Ali Darwiche libéré, Wattao cité dans le dossier

L’acheteur de cacao ivoiro-libanais Ali Darwiche, qui était incarcéré depuis plusieurs semaines après une plainte du Conseil Café-Cacao contre des impayés supposés à des cacaoculteurs d’Akoupé dans le sud de la Côte d’Ivoire, a été libéré mercredi soir. Une affaire dans laquelle le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara, alias Wattao, est désormais cité, selon les informations de Jeune Afrique.

La justice ivoirienne a procédé dans la soirée du 22 mars à la remise en liberté de l’homme d’affaires Ali Darwiche, acheteur de produits agricoles et fondateur de la société Ivoire Négoce d’Akouaba (INA), qui était incarcéré depuis plusieurs semaines à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) pour des arriérés de paiement supposés sur les livraisons à crédit de cacao ayant entraîné des manifestations sur la voie publique. Sa libération intervient après l’introduction d’une demande de libération provisoire.

Le Conseil Café-Cacao (CCC) avait déposé plainte auprès du procureur de la République du Tribunal de première instance d’Abidjan pour l’achat de 1 500 tonnes de cacao dont Ali Darwiche ne se serait pas acquitté. La plainte, envoyée le 24 janvier, reste toujours en suspens.

Selon des sources proches du parquet du tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, la juge en charge du dossier [Adèle Kouassi N’dry] a lancé plusieurs commissions rogatoires.

Le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara, alias Wattao, cité

Celles-ci visent la région d’Akoupé, lieu de domiciliation d’INA dans le Sud de la Côte d’Ivoire, où des manifestations avaient éclaté le 23 janvier contre les impayés supposés d’Ali Darwiche. Elles ont pour objectif d’attester du règlement entier des sommes dues aux planteurs, ou, à défaut, de l’ampleur des créances qu’il resterait à honorer.

Selon des informations de Jeune Afrique, les achats litigieux effectués par Ali Darwiche à Akoupé portent sur 2 200 tonnes dont seulement 1 800 auraient été réglées — des chiffres bien supérieurs aux 1 500 tonnes impayées évoquées dans la plainte du CCC. Problème : aucun producteur ou groupement de producteurs ne s’est manifesté pour réclamer le solde restant, le tribunal d’Abidjan ne sachant à qui il devrait être réglé.

Dans sa plainte ayant abouti à l’arrestation d’Ali Darwiche, la directrice générale du CCC Massandjé Touré-Litsé reprochait à l’opérateur économique d’être à l’origine des troubles qui ont secoué la localité d’Akoupé le 23 janvier.

Dans le dossier d’enquête consulté par Jeune Afrique, la patronne du CCC, lors d’une audition dans son bureau le 10 février 2017, affirme avoir été informée des impayés supposés d’Ali Darwiche aux cacaoculteurs par le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara, alias Wattao, récemment nommé commandant de la garde républicaine. Une information qui lui a ensuite été confirmée par les agents du CCC dans la région, l’amenant in fine à déposer plainte.

Joint au téléphone par Jeune Afrique, le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara a tenu à démentir : « C’est faux et c’est de la délation gratuite. Je n’ai jamais informé la directrice du CCC au sujet d’Ali Darwiche mais de manifestations, a-t-il indiqué, précisant qu’il avait été joint par la patronne du CCC. Le 23 janvier, quand des producteurs manifestaient à Akoupé, mes hommes stationnés dans la zone m’ont fait un rapport. Les planteurs qui manifestaient n’étaient pas des membres des coopératives avec lesquelles traitaient Monsieur Darwiche », a expliqué le patron de la garde républicaine.

Jeuneafrique

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