08222017Headline:

Côte d’Ivoire: l’amertume des ex-combattants démobilisés de Bouaké expliquée

Le jeudi 18 mai, le chef d’état-major ivoirien, le général Sekou Touré s’est rendu à Bouaké. Il s’est entretenu notamment avec des ex-combattants démobilisés, et s’est rendu à l’hôpital au chevet des blessés des mutineries de ces derniers jours, ainsi que dans la famille du démobilisé tué lundi par un mutin et dont les obsèques auront lieu lundi. Les démobilisés, ces ex-combattants qui n’ont pas été reversés dans l’armée ou les autres corps habillés, voient d’un air envieux les revendications satisfaites des mutins. Des démobilisés qui pour beaucoup vivent dans la misère et rêvent du pactole que viennent de toucher les militaires.

A Bouaké, ils sont un peu plus de 4 000. Si certains ont pu rebondir dans la vie civile d’autres survivent depuis des années en déplorant être les oubliés de la victoire des ex-forces nouvelles, à laquelle ils ont contribué.

Des démobilisés qui s’estiment discriminés au quotidien comme l’explique cet ex-combattant qui souhaite rester anonyme. « Vous pensez qu’aujourd’hui on peut afficher notre carte de démobilisé à quelqu’un ? Quand on dit démobilisé, on voit déjà une personne, un guerrier sauvage, des intentions meurtrières mais ces on doit avoir un bon regard sur ces personnes qui ont donné leur vie et non les ignorer », s’emporte-t-il.

Pierre Amani Yao est le secrétaire général des ex-combattants de Bouaké. Les mutins ont obtenu leurs primes. Pas questions que les démobilisés n’en reçoivent pas autant. Même s’ils le promettent. Ils n’utiliseront pas les mêmes méthodes. « On n’a pas la même manière de voir les choses. Eux ils sont militaires, ils sont salariés, et nous on a rien. Dieu merci, ils ont mené le combat, ils ont gagné, nous aussi on doit mener le combat à notre manière et obtenir gain de cause. Pacifiquement, dans la paix, pas dans la violence. Nous on demande les même choses que les mutins », explique Pierre Amani Yao.

Des démobilisés qui malgré tout clament leur confiance dans les autorités ivoiriennes et ne peuvent croire que, cette fois encore, elles les laissent sur le bord de la route.

RFI

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