02202018Headline:

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo,comme le Samson de la Cour Pénale Internationale ?

Effritement de la CPI : Laurent Gbagbo, le Samson de la Cour Pénale Internationale ?

Prisonnier en Philistine où il fut amené un jour de festin à amuser la galerie lors d’une célébration des princes de ce royaume, le féroce et redoutable guerrier Samson fit une dernière demande à l’Eternel : celle de lui redonner ses forces afin de réaliser la mission qu’il lui a confiée, en faisant tomber le palais royal sur tous les occupants, et mourir avec eux, pour venger son peuple.

L’histoire raconte que, s’appuyant sur les deux colonnes centrales du palais royal, Salomon fit écrouler la bâtisse et fit plus de victimes qu’il n’avait faites de son vivant. Obtenant ainsi une gloire plus grande. Peut-on faire une parallèle avec la situation de la Cour Pénale Internationale avec Laurent Gbagbo. Au regard des déboires de la Cour liés à cet individu, cet homme serait-il pour la CPI ce que Samson fut pour la Philistine ? La fin nous le dira. L’ex-président ivoirien avait dit : « on ira jusqu’au bout », et chemin faisant, que de difficultés pour la Cour qui le juge !

Les affaires congolaises, ougandaises, libériennes, kenyanes, centrafricaines, soudanaises. Les cas Thomas Lubanga, Taylor, Bemba, Deby, Banda, Abu Garda, Uhuru Kenyatta, etc qu’elle a jugés, qu’elle juge ou poursuit. Mais jamais la Cour Pénale Internationale, en fonction le 1er juillet 2002, n’a été autant sous les feux des projecteurs des médias et des organisations des droits de l’Homme et même des populations mondiales! Jamais elle n’a aussi connu d’audience et fait l’objet de causeries et de débats que depuis l’arrivée de Laurent Gbagbo à La Haye, en 2011.

En effet, le transfèrement de l’ex-président ivoirien à la prison de Scheveningen, le plus gros coup réalisé par le procureur de la CPI d’alors, Luis Moreno Ocampo, avant de rendre le tablier, a attiré les regards des Africains de partout le monde et toute la communauté internationale, au regard de ce que représentait l’homme pour le peuple noir d’une part et de l’autre pour la communauté internationale. Il incarnait pour l’un la BELLE et pour l’autre la BETE. La preuve, le procès de Laurent Gbagbo est le plus suivi et médiatisé.

En obtenant le transfèrement de Laurent Gbagbo, ennemi de la communauté internationale qui le considère comme un dictateur, l’accuse de crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire, responsable des morts de la crise postélectorale de 2010-2011 par sa ‘’volonté de s’accaparer le pouvoir malgré sa défaite’’ à la présidentielle de 2010, Moreno et le système des Nations Unies se sont congratulés. Le dossier Laurent Gbagbo, d’emblée, donnait de la crédibilité à la Cour qui poursuit les crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Mais depuis la procédure de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo jusqu’à son procès combiné avec celui de son filleul Charles Blé Goudé, débuté en janvier 2016, cette joie de la CPI a commencé à se transformer en chagrin. A cause justement de Laurent Gbagbo. Depuis lors, la CPI ne cesse d’essuyer les critiques de toutes parts. Au point où des pays africains et même l’Union Africaine ont levé la voix et menacé de sortir de la CPI. Le Burundi, le premier pays africain qui a demandé son retrait de la CPI, l’obtenu le 27 octobre 2017.

Plus grave, des enquêtes menées par Mediapart sur l’affaire Gbagbo éclaboussent la CPI et jettent un discrédit sur cette cour dont les méthodes sont jugées partiales. Ces enquêtes ont mis à nu une violation grave de la procédure contre Gbagbo ; des deals, des complots, des manigances du procureur de la CPI avec des hommes politiques dont le président français Nicolas Sarkozy pour punir l’ex-président ivoirien.

Comme dans l’histoire de la Bible, Laurent Gbagbo semble être pour la CPI ce que Samson fut pour les Philistins. En effet, la Bible raconte dans le livre des Juges que Samson a fait tomber un palais sur ces occupants.

« Cependant les cheveux de Samson recommençaient à pousser, depuis le moment où il avait été rasé. 23 Or les princes des Philistins se rassemblèrent pour offrir un grand sacrifice à Dagon, leur dieu, et pour se réjouir. Ils disaient: «Notre dieu a livré Samson, notre ennemi, entre nos mains.» 24 En le voyant, les membres du peuple célébrèrent leur dieu en disant: «Notre dieu a livré entre nos mains notre ennemi, celui qui semait la dévastation dans notre pays et qui multipliait nos morts.» 25 Dans leur joie, ils dirent: «Qu’on appelle Samson et qu’il nous amuse!» On fit sortir Samson de la prison et il joua devant eux. Lorsqu’on le plaça entre les colonnes, 26 Samson dit au jeune homme qui le tenait par la main: «Laisse-moi toucher les colonnes sur lesquelles repose la maison et m’appuyer contre elles.» 27 La maison était remplie d’hommes et de femmes. Tous les princes des Philistins étaient là, et il y avait sur le toit environ 3000 personnes, hommes et femmes, qui regardaient Samson jouer. 28 Alors Samson fit appel à l’Eternel en disant: «Seigneur Eternel, souviens-toi de moi, je t’en prie! O Dieu, donne-moi de la force cette fois seulement, et que d’un seul coup je tire vengeance des Philistins pour mes deux yeux!» 29 Puis il attrapa les deux colonnes du milieu sur lesquelles reposait la maison et s’appuya contre elles. L’une était à sa droite, et l’autre à sa gauche. 30 Samson dit: «Que je meure avec les Philistins!» Il se pencha de toutes ses forces, et la maison tomba sur les princes et sur tout le peuple qui s’y trouvait », lit-on.

Peut-être que la CPI ne s’écroulera pas, ni ne disparaîtra du fait particulièrement de cette affaire Gbagbo, mais force est de reconnaître que cette affaire aura contribué à ébranler les fondements de la CPI. Et si elle ne disparaît pas, certainement que toutes ces critiques l’aideront à s’améliorer

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