10222017Headline:

Côte-d’Ivoire /”Le chef de l’Assemblée nationale ,Soro doit lancer un appel à soutenir la proposition d’amnistie »

Le chef de l’Assemblée nationale en Côte-d’Ivoire doit lancer un appel à soutenir la proposition d’amnistie »

Pardon à Ouattara, Bédié et Gbagbo

Le chef de l’Assemblée nationale doit lancer un appel à soutenir la proposition

Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, s’est exprimé jeudi 20 juillet 2017, à son arrivée de France, à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. L’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo puis d’Alassane Ouattara, s’est notamment prononcé sur la situation socio-politique du moment et a annoncé qu’il demanderait pardon à Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. « …Tout ceci nous invite tous, tous les acteurs politiques sans exception, à faire preuve d’humilité et de grandeur. Pour ma part, j’ai décidé de demander, une fois de plus, pardon aux Ivoiriens, pour tout ce que, depuis 2002, j’ai pu consciemment ou inconsciemment commettre comme offenses à ce peuple qui a tant souffert. J’adopterai la même approche du pardon, et j’irai demander pardon à mes aînés, les présidents Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara et aussi Laurent Gbagbo pour tous les torts, manquements ou offenses que moi-même ou mes proches ont pu causer à chacun d’entre eux, spécifiquement », a-t-il déclaré, invitant les Ivoiriens « à emprunter le chemin de la vraie repentance et de la vraie réconciliation ». Ce discours de Guillaume Soro, gorgé de formules bibliques et qui laisse transparaître une affection pompeuse à l’endroit de Laurent Gbagbo, en particulier, est, du point de vue de certains observateurs, à la fois flou et gazeux. Il a choisi de parler « d’offenses » que de « crimes »… Tous ceux qui mesurent la complexité de la situation politique qui est celle de Guillaume Soro aujourd’hui en Côte d’Ivoire comprendront le jeu auquel il se livre. En décidant de mettre Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara dans le même « sac » des personnes à qui il a fait, consciemment ou non, du tort, on appréhende l’embarras du président de l’Assemblée nationale. Pour ne pas donner le sentiment de déshabiller Pierre pour habiller Paul, il a plutôt choisi de biaiser avec le réel. Car, à la vérité, c’est au régime de Laurent Gbagbo et contre ce seul régime qu’il a pris des armes en 2002. Il en ressort qu’Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara tirent aujourd’hui les marrons du feu de la rébellion que Guillaume Soro a solennellement revendiquée en 2002 au nom du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire ( Mpci). Qu’est-ce qui peu bien justifier son pardon à l’endroit d’Alassane Ouattara et à Henri Konan Bédié, ses deux alliés ? On voit bien que Guillaume Soro demeure dans un flou voire dans un clair-obscur. Et puis, quel contenu met-il dans sa demande de pardon ? Des Ivoiriens, qui ont compris le message verbal de Guillaume Soro sur la réconciliation et la repentance, attendent aujourd’hui du président de l’Assemblée nationale, un acte concret. Ces appels à la vraie réconciliation et à la repentance qu’il lance depuis des années n’auront de prise véritable sur les populations que s’ils s’inscrivaient dans un cadre légal et légitime.

Rhétorique gazeuse

Ce cadre légal et légitime s’appelle proposition de loi d’amnistie à l’Assemblée nationale. Certes, une telle proposition ne manquera pas de faire des vagues dans le camp de ses alliés. Mais Guillaume Soro aura eu le mérité de crever l’abcès. A défaut, pour lui de faire une telle proposition, il faut qu’il apporte la preuve de son engagement pour la réconciliation, la paix et la repentance en soutenant ouvertement, du haut du perchoir de l’Assemblée nationale, à la prochaine session, la proposition de loi d’amnistie introduite par le député de Facobly, Évariste Tié Méambly. Dans cette dynamique, il doit engager, solennellement, tous les députés de Côte d’Ivoire à voter cette proposition de loi. Ce sera-là, aux yeux de la communauté nationale et internationale, un contenu concret que Guillaume Soro aura donné à son discours sur la réconciliation en Côte d’Ivoire. Il y a beaucoup d’autres actes que les Ivoiriens attendent de Guillaume Soro, mais celui-là résume tout. Il faut donc que le président Soro prenne, à deux mains, son courage pour sortir de la rhétorique fumeuse du flou artistique pour afficher une vision claire. Il est évident, aujourd’hui, que le président de l’Assemblée nationale est dans des difficultés au regard de ses relations conflictuelles avec son allié d’hier, le Rdr. Si l’on a compris la vision de Guillaume Soro, qui est de jouer à fond la carte de la réconciliation, on reste perplexe sur le cap qu’il veut prendre. « Je voudrais lancer un appel au calme, à la pondération et à la retenue aux uns et aux autres. Personne n’a intérêt à jouer contre la tranquillité, la sérénité et la stabilité de la Côte d’Ivoire. Je vous en conjure, ne nous divisons pas. La division ne pourra que nous mener à la catastrophe. Rassemblons-nous ! C’est cette mission de rassemblement par le pardon et la réconciliation que je me suis assignée et rien ne devrait m’en détourner. Je m’engage à travailler davantage, et plus que par le passé, pour reconstruire l’union de toutes les filles et tous les fils de la Côte d’Ivoire », a dit Soro Kigbafori Guillaume, certainement, à l’adresse de ses alliés du Rassemblement des républicains (Rdr) .

Soir Info

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