12092021Headline:

Côte d’Ivoire: le panafricaniste nouveau décortiqué par Venance Konan

Les partisans de Laurent Gbagbo, le panafricaniste nouveau, ont pour habitude, chaque fois que j’écris quelque chose à propos de leur idole et qui ne leur plaît pas, de publier au milieu des injures, des papiers vieux de plus de vingt ans que j’ai écrits ou que je suis censé avoir écrit contre M. Alassane Ouattara. Qu’ils me permettent à mon tour de retranscrire ici des propos tenus par leur champion, le panafricaniste nouveau, il y a vingt ans de cela, lors du « Forum de réconciliation » : « on dit aussi que l’article 35 de la Constitution est fait pour éliminer Ouattara. Ce n’est pas de soulever la question qui m’étonne. Mais c’est les réponses que j’entends souvent qui m’étonnent. Mais oui, c’est fait pour éliminer Ouattara. Ah mais oui ! C’est-à-dire, une loi est votée pour régler un problème. On est au « Forum de la réconciliation » pour se dire les vérités. Cette Constitution a été votée au moment où le problème Ouattara devenait empoisonnant pour tout le monde. Mais l’article 35 ne règle pas que le problème Ouattara. Il règle trois problèmes. Premièrement, cet article règle le problème de Ouattara, en ce que, il a été haut fonctionnaire dans un autre pays, donc il y une phrase qui dit, pour être président de la République, il ne faut pas s’être prévalu d’une autre nationalité. Ça c’est pour Ouattara. C’est pour régler le cas de Ouattara que les constituants ivoiriens ont écrit ça. Mais il faut que les Ivoiriens aient le courage et l’honnêteté d’assumer ce que le peuple de Côte d’Ivoire a voté. Quand on n’est pas courageux, on ne fait pas la politique. Le deuxième problème que l’article 35 règle, c’est le problème de Bédié. Bédié était le président de l’Assemblée nationale et l’article 11 faisait de lui un président de la République à part entière. L’article 35 a dissous cet article 11 là, et a donné un pouvoir transitoire au président de l’Assemblée nationale…Donc, la manière dont le président Bédié a eu le pouvoir exécutif, on ne pourra plus l’avoir comme ça ici. L’article 35 règle aussi ce cas. Troisièmement, l’article 35 règle le problème d’Houphouët-Boigny. Les Ivoiriens qui ont rédigé cette Constitution pensent qu’à un moment donné Houphouët-Boigny était trop vieux, trop fatigué, donc trop âgé, il a commis des impairs. C’est pourquoi cet article-là, limite l’âge pour être candidat à la présidence à 75 ans. Donc, il faut qu’on comprenne bien que les problèmes qui étaient posés au moment où cette loi fondamentale était rédigée, ce sont ces problèmes-là qui ont été réglés. Ne voyant plus de problèmes, j’ai dit que je ne soumettrai pas cette Constitution à révision. Demain, une autre génération qui va venir peut-être se trouvera en face d’autres problèmes. S’ils le souhaitent, ils peuvent modifier cette Constitution. Ou bien ils peuvent écrire une autre Constitution. Mais moi, ce sont les problèmes qui se posaient à nous au moment où nous avons rédigé la Constitution que nous avons réglés. »
Voilà ça qui est là, comme on dit au quartier. Vous pouvez trouver la vidéo sur YouTube ou tous les autres réseaux sociaux. Il y a vingt ans donc, Gbagbo, le panafricaniste nouveau et les constituants ivoiriens trouvaient qu’après 75 ans, un homme ou une femme était trop âgé, trop vieux, trop fatigué pour diriger le pays. Affi N’Guessan, qui connaît bien son bonhomme a aussitôt précisé que le FPI et Laurent Gbagbo le panafricaniste nouveau ont toujours soutenu la limitation d’âge. Mais pourquoi donc en 2021, Gbagbo le panafricaniste nouveau trouve-t-il que limiter l’âge est ringard ? Parce qu’il ne savait pas, il y a vingt ans, qu’il serait, à 75 ans passés, encore à chercher à être président de la Côte d’Ivoire, et surtout, que ses propos d’il y a vingt ans pourraient le rattraper. Il dit que ce n’est pas à quelqu’un d’autre de lui dire de ne plus être candidat. Si, le législateur ivoirien peut estimer qu’il constitue un problème et le régler en lui barrant la route à la candidature à la présidence. Mais laissons le législateur décider sereinement. Mais que le panafricaniste nouveau sache que sa seule volonté ne saurait prévaloir sur celle des représentants du peuple ivoirien qu’il sait si bien convoquer lorsque cela l’arrange.
Cela dit, notre panafricaniste nouveau a accordé sa première interview à la chaîne française France 24, chaine ô combien panafricaniste, puisqu’elle est vue dans toute l’Afrique francophone, et, interrogé sur le comportement de la France au Tchad et au Mali, il a dit que cela ne le regarde pas. « Que la France fasse ce qu’elle veut là-bas » a dit notre panafricaniste nouveau. Dont acte, pour tous ceux qui aurait pris son affaire de panafricanisme au sérieux ! Rappelons tout de même que Laurent Gbagbo, le panafricain nouveau, l’homme qui dit lutter contre les réseaux françafricains avait donné en son temps trois millions de dollars puisés dans nos caisses à Jacques Chirac pour financer sa campagne électorale. C’est lui-même qui l’a dit dans un de ses livres et Robert Bourgi, l’homme des réseaux françafricains l’a confirmé dans une interview que vous pourrez retrouver sur tous les réseaux sociaux.
Et papa Bédié dans tout ça ? Toujours serein et imperturbable. Il a entrepris de rénover son parti pour 2025. Et le PDCI nouveau s’appelle Bédié bien sûr. Bédié 87 ans. Et il a annoncé une millième restructuration de son parti. Il ne se passe aucune semaine sans que de nouvelles structures ne soient créées dans ce parti. A défaut du prix Nobel de la paix, on devrait lui donner le prix mondial de la restructuration.

Melv Le Sage

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