11162018Headline:

Côte d’Ivoire: Le président de la CEI, Youssouf Bakoyoko, a dû être affligé par les accusations portées par Henri Konan Bédié contre l’organe électoral qu’il dirige.

Le président de la Commission électorale indépendante (Cei), Youssouf Bakoyoko, a dû être affligé par les accusations portées par Henri Konan Bédié contre l’organe électoral qu’il dirige.

A l’occasion d’une rencontre avec ses élus à Daoukro, le vendredi 26 octobre 2018, le président du Pdci ne s’est pas embarrassé de circonlocutions diplomatiques pour tirer à boulets rouges sur la Cei. Il a, en effet, exhorté les juges de la Chambre administrative de la Cour Suprême à “rétablir la vérité des urnes et le choix du peuple (…) là où les résultats en faveur de (ses) candidats ont été purement et simplement inversés par la Commission électorale indépendante( Cei) au profit, pour la plupart, des candidats du parti unifié Rhdp”. Par ces mots, Bédié a porté une grave accusation contre la Cei et partant contre celui qui en est la figure emblématique, en l’occurrence son président national, Youssouf Bakayoko. Sur quoi le président du Pdci fonde-t-il ses allégations ? On n’en sait pas plus, puisqu’il n’en a pas dit davantage.

Toutefois, l’accusation tend à jeter un discrédit sur cette structure et, partant, sur son premier responsable qu’est Youssouf Bakayoko. Elle laisse croire qu’il est, à tout le moins, complice et donc comptable de cette fraude électorale consistant à tronquer des résultats sortis des urnes. Aussi s’attendait-on à ce que le président de la Cei ainsi mis à l’indexe réagisse pour, sinon faire mentir Bédié, du moins dire sa part de vérité sur l’intention prêtée à la Cei d’inverser les résultats à la manière d’un prestidigitateur. A défaut d’une mise au point de Youssouf Bakayoko lui-même, le bureau de la Cei aurait pu éclairer l’opinion sur cette affaire. Mais, curieusement, 72h après ces accusations du président du Pdci, l’institution est restée muette sur le sujet. Or, dit l’adage, qui ne dit mot consent.

En faisant ainsi la sourde oreille, Youssouf Bakayoko et la Cei laissent s’incruster dans l’opinion l’idée que la Cei manipulerait et donc falsifierait des résultats sortis des urnes. Ce qui pourrait entacher durablement sa crédibilité et la disqualifier pour les échéances électorales de 2020. Elle aurait donc intérêt à se prononcer sur ces accusations du leader du Pdci, d’autant que ce n’est pas la première fois que celui-ci met en doute les résultats proclamés par la Cei. On se souvient, en effet, qu’après le premier tour de la présidentielle 2010, le même Bédié avait accusé l’organe dirigé par Youssouf Bakayoko de lui avoir volé 600 000 voix, ce qui lui a valu d’être recalé à l’issue du premier tour. Voilà qu’il remet le couvert.

Avant ses dernières accusations, c’est un autre baron du Pdci, en l’occurrence Adiko Roland, secrétaire exécutif, chargé des élections au sein de ce parti, qui s’interrogeait sur la crédibilité des résultats proclamés par Youssouf Bakayoko à l’issue du second tour de la présidentielle ayant opposé Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara. “Avec ce qu’on voit aujourd’hui, je me demande si Gbagbo n’avait pas gagné la présidentielle en 2010”, s’était-il avancé, au cours d’une conférence de presse à la résidence de George Ezaley, déclaré perdant aux récentes municipales à Grand-Basam. Ces différents coups de massue portés à la Cei par le Pdci pourraient avoir pour effet d’écorner durablement l’image du diplomate Youssouf Bakayoko, qui en est le pilote.

Assane NIADA

linfodrome.com

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