05282017Headline:

Côte d’Ivoire/ Le travail de ‘’gnambros’’ : Un emploi parmi ceux promis par le regime est très inquiétant…

frci syndicat

Le phénomène des ‘’gnambros’’, des soi disant syndicalistes, a pris une ampleur très inquiétante en Côte d’Ivoire et exaspère plus d’un abidjanais.

La colère gagne les transporteurs et la population qui se sentent malheureusement impuissants face à ces jeunes armés, enclins à la violence. Leur seul secours l’État qui, lui aussi, semble ne pas voir leurs souffrances ni entendre le cri de leurs douleurs. Ce qui amène les nombreuses victimes de ces ”gnambros” à indexer le gouvernement comme le principal responsable de leur misère. Étant entendu que l’État est censé les protéger et d’autant qu’en tant que citoyens, ils exercent leurs devoirs en payant les taxes relatives à la libre circulation.

Le travail de ‘’gnambros’’ : Un emploi parmi ceux promis par le Président Ouattara ? est une question qui mérite d’être posée, surtout après une scène dont nous avons été témoin et même victime, le matin du jeudi 15 juillet 2015, au moment nous nous rendions au travail.

Au grand carrefour de Koumassi, le chauffeur qui nous transporte marque un arrêt afin de permettre à des passagers arrivés à destination, de descendre. Du fait de l’étroitesse des espaces dans le véhicule, d’autres clients descendent pour faciliter la tâche à leur voisins qui achèvent là leur parcours.

Un des passagers qui, initialement était assis à l’arrière du minicar, reprend place à côté du chauffeur d’où sont descendus les occupants. A cet instant, surgit un des ”gnambros” qui traînent là. Il saisit l’apprenti à la ceinture, sous le prétexte qu’il vient d’embarquer un nouveau passager, parlant de celui qui a pris place auprès du chauffeur. Car à cet endroit, il est interdit aux chauffeurs, selon eux et nous savons selon quelle loi, de prendre des clients.

Malgré les explications du concerné et tout le reste des passagers, ces jeunes, des adolescents pour la plupart, refusent d’entendre raison. Sur le fait, un autre va retirer la clé de contact du véhicule, en l’absence du chauffeur venu intervenir. La grogne s’empare des passagers pressés d’arriver à l’heure au travail, mais qui se voient immobiliser pour des futilités, par des individus qui en vérité n’ont aucun droit de le faire.

Alors, nous leur faisons savoir qu’il sera mis fin à leur règne par le président de la République. A ce moment précis, un agent de la mairie de Koumassi est de passage. Nous lui faisons remarquer l’attitude des jeunes que les élus laissent opérer dans la commune. Son intervention n’aura rien apporté.

Notre réaction, les ”gnambros” vont nous la reprocher, souhaitant qu’on les regarde faire, sans mot dire. Alors, ils se lancent dans des injures et menaces de tous genres à l’encontre des passagers et particulièrement de nous, faisant savoir que les autorités sont bien au fait de leur existence.

Celui qui semble être leur chef s’élance vers nous, furieux, et lâche: « le président de qui tu parles là, il est courant que nous sommes ici, il sait de ce que nous faisons, c’est lui qui nous a mis là. Toi Lmp-là, ce n’est pas vous qui avez mélangé le pays, tu veux nous dis quoi ? On s’est battu pour le pays. Si tu fais, on va te frapper et puis il n’y a rien ».

On pourrait dire que ce jeune homme raconte des balivernes, parce par aucun décret, le président de la République n’a jamais nommé qui que ce soit au poste de ”gnambros” ou appelé des jeunes à agir de la sorte et violenter des Ivoiriens. Cependant, sa réaction vient conforter une autre qu’a eu un homme avec nous parlions, quelques jours plus tôt, du phénomène des ”gnambros”. Il affirmera face au silence du gouvernement, que le métier de ”gnambros” fait peut-être partie des emplois promis par le Président Ouattara.

Peut-être a-t-il raison! Sinon, d’où vienne que ces jeunes peuvent faire de telles déclarations, si ce n’est du fait du mutisme et de l’indifférence du gouvernement. Qui de façon implicite semble demander aux populations de se laisser terroriser par ces ”gnambros” qui ne font que se « débrouiller ». Pour obtenir ses clés, le malheureux conducteur devra payer une somme que ces individus lui imposeront. Les passagers se devront de débourser encore de l’argent pour continuer leur chemin dans un autre véhicule. Pour ce qui nous concerne, nous avons continué à pied, notre destination étant à quelques deux cents mètres de là, derrière Orca Tendance.

Ce genre de situations sont légions chaque jour sur les routes d’Abidjan où ces ”gnambros” sévissent.

Sur l’hégémonie de ces soi disant syndicalistes, en vérité des voyous qui rançonnent les transporteurs, notre interpellation du pouvoir n’est pas la première et ne sera certainement pas la dernière. Espérons qu’il va enfin se décider à libérer les voies publiques de ces dangereux éléments, pour le bonheur des citoyens ivoiriens qui n’aspirent qu’à circuler tranquillement.

Car leurs actions ne sont pas sans conséquences pour l’image du pays et du pouvoir lui-même. Comment dans un État de droit, des individus qui n’ont pas de véhicules, ni construit des gares peuvent s’approprier, par le moyen de la force, des espaces publics. Ils n’ont pas tracé de routes mais se font propriétaires des carrefours et de certains endroits.

En ces lieux, n’importe quel transporteur ne peut prendre un client, sans leur consentement. Que celui-ci soit à jour de ses taxes vis-à-vis de l’État ou pas. D’ailleurs, cela n’est point leur problème que le véhicule possède tous les documents appropriés. Seul leur argent les intéresse.

Même les populations ne peuvent pas s’autoriser d’arrêter et d’emprunter un véhicule de transport en commun à ces endroits. Parfois, les taxis compteurs sont les malvenus. Ils ne devraient pas roder là dans l’espoir de trouver un client, un passager qui serait las d’attendre un véhicule dans ces ”gares” où les véhicules se font rares aux heures de pointe.

Par leur attitude, ces soi disant syndicalistes laissent entendre que même les passagers sont leur propriété. Parce que ce sont des lignes qu’ils auraient créées. Eux qui n’ont construit aucune ville, aucune cité, encore moins dressé une route. Malheureusement, tout cela se déroule sous les yeux et à la barbe de tous, maires, gouverneurs de district, sous-préfets et préfets, et au plus haut niveau le gouvernement. Ils se font par leur silence complices de ces ”gnambros”.

A Yopougon, à l’entrée de Siporex par l’autoroute, les passagers ne sont pas libres d’user de leurs bagages. Une fois les colis descendus des cars, ils doivent payer des taxes auprès de ces ”gnambros” avant de les embarquer. Ces jeunes se font maîtres des lieux et s’arrogent le droit exclusif d’appeler un taxi pour celui qui en a besoin, contre bien entendu le paiement d’une somme dont ils déterminent le montant. La situation est pareille à certains endroits à la grande gare d’Adjamé.

Devant ces tracasseries, les chauffeurs refusent de prendre des clients, des travailleurs qui veulent rentrer le soir à la maison après une journée parfois éprouvante. Ils sont à la merci des ces ”gnambros” et peuvent traîner des heures en attente d’un véhicule.

Cette hégémonie de ces individus a plusieurs conséquences. En dehors du problème d’insécurité qu’il provoque, il favorise la cherté du coût du transport qui participe à la cherté de la vie dont les populations ne cessent de se plaindre. Les transporteurs sont obligés d’augmenter le prix du transport afin de payer les droits de passage. Et c’est la population qui paie le lourd tribut de cette injustice.

Plusieurs fois, le transport a été paralysé et les activités économiques bloquées à cause des palabres à la machette entre différents groupes de ”gnambros” ou pour des problèmes avec les transporteurs.

Par ailleurs, le gouvernement par son indifférence contribue à la formation de véritables bandits. Car des personnes de plus en plus jeunes viennent embrasser le métier de ”gnambros”. Et comme pour confirmer que ces jeunes sont nuisibles à la population, dans l’après-midi de ce même jeudi, à Koumassi, ils ont blessé de plusieurs coups de couteaux un chauffeur, pour ces mêmes raisons. Cette agression a provoqué un embouteillage monstre sur le boulevard Giscard d’Estaing entre Koumassi et Port-Bouet.

Pour la paix et la sécurité des Ivoiriens, des ex-combattants qui ont pris les armes pour “défendre la République” ont été appelés à désarmer, des populations ont vu leurs habitations cassées parce que bâties sur des sites dangereux, des entreprises et des des maisons démolies pour des travaux de voirie. Tout cela le gouvernement l’a fait.

Pourquoi alors regarde t-il faire les ”gnambros” en se taisant. Pourquoi ne suit-il pas le ton donné par le maire de Cocody pour régler définitivement le problème? Est-ce pour la raison donnée par le chef du groupe un peu plus haut, ou parce que les mairies, les commissariats et les ministères concernés ont leur part dans les millions que génèrent que chaque jour cette activité? Vivement que le gouvernement prenne une décision. Il y va du bonheur de tous les Ivoiriens.

De plus en plus, les démontrent qu’ils sont un danger pour les usagers de la route.

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