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Côte d’Ivoire: Les 2 schémas de Ouattara pour sa succession/Le sort réservé à Soro et au Pdci

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Présidence de la République: Les 2 schémas de Ouattara pour sa succession
Le président de la République, Alassane Ouattara, aurait déjà porté son choix sur son fidèle compagnon de lutte, Amadou Gon Coulibaly, pour régler définitivement l’équation de sa succession

La question de la succession du président Ouattara en 2020 circule de plus en plus dans le milieu du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp).

Des cadres des partis membres de cette coalition politique au pouvoir en parlent. Discrètement! Au point où on en sait davantage sur cette question, notamment la stratégie trouvée par le palais d’Abidjan pour régler définitivement la succession du président Ouattara, et les guerres d’égo auxquelles se livrent certains de ces proches. Deux schémas se dégagent de cette stratégie qui, selon des indiscrétions, est en phase avec l’Appel de Daoukro lancé par son aîné du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié. Alassane Ouattara attendrait le projet de réforme de la Constitution pour afficher ses choix. Ce projet de réforme, faut-il le rappeler, prévoit un poste de vice-président de la République, qui doit échoir à un cadre du Rhdp. Le premier schéma du chef de l’Etat, c’est qu’il aurait déjà trouvé ce cadre. Le chef de l’Exécutif ivoirien, une fois la nouvelle Constitution adoptée, opterait pour le ministre d’Etat, secrétaire général de la Présidence, Amadou Gon Coulibaly, son fidèle compagnon de lutte dans l’opposition et le plus proche de ses collaborateurs actuels. Ce choix ne ferait plus l’ombre d’un doute. Cependant, s’il parvient à la vice-présidence de la République, la mission de l’ancien secrétaire général adjoint du Rassemblement des républicains (Rdr, parti au pouvoir) ne se limiterait pas seulement à inaugurer les chrysanthèmes. Amadou Gon Coulibaly aurait mieux que cela à faire. Sa posture dans l’antichambre de l’Exécutif renforcerait son apprentissage, non seulement dans la gestion des affaires de l’Etat, comme c’est le cas à son poste de secrétaire général de la Présidence, mais elle lui conférera une légitimité pour assurer le dauphinat tant convoité du président de la République. Le deuxième schéma de la stratégie que l’on attribue à Alassane Ouattara fait référence aux propos tenus par le président ivoirien dans un entretien accordé conjointement à radio France internationale (Rfi) et à l’Agence française de presse (Afp) publié le 23 octobre 2015, à deux jours de l’élection présidentielle qu’il a remportée. «Je voudrais reprendre cette activité (de consultance, ndlr) et je peux vous dire que je n’exclus pas de ne pas finir mon deuxième mandat. Si après trois ou quatre ans, ça va bien, pourquoi ne pas demander à un vice-président de prendre les choses en main ? J’ai vu que partout où il y a des postes de vice-président, cela a bien marché. Au Ghana et au Nigeria, quand le président est décédé, cela a bien marché. En Afrique du Sud, quand Thabo Mbeki a été évincé, c’est le vice-président qui a pris le relais. Je voudrais m’inspirer des meilleures pratiques et m’assurer qu’une fois que nous passons à une autre génération, les choses continueront de bien se passer», avait lâché le chef de l’Etat ivoirien.

Et Guillaume Soro?

Le président Ouattara avait-il depuis longtemps préparé son plan ? Ce ne serait sans doute pas erroné de répondre par l’affirmative. En tout cas, si l’on s’en tient à nos sources, ce qu’il a laissé entrevoir, il y a 10 mois semble bien être le scénario tout tracé qu’il se prépare à mettre en œuvre. Ainsi, Amadou Gon nommé à la vice-présidence de la République, ce dernier poursuivrait sa trajectoire vers la succession à son mentor. Non pas pour les joutes de 2020, mais pour terminer le mandat en cours. Toutefois, l’horizon 2020 n’est pas exclu non plus de l’agenda de l’actuel chef de l’Exécutif ivoirien. Cette échéance, il la prépare également dans le sens de l’Appel de Daoukro, qui lui a permis de rempiler en tant que candidat unique du Rhdp. Sans faire du bruit autour du projet, Ouattara n’aurait jamais craché sur l’Alternance en 2020 avec un cadre du Pdci-Rda voulue par le président Bédié. C’est pourquoi, une fois que le ministre d’Etat Amadou Gon accède au fauteuil présidentiel pour terminer le mandat, il serait prévue la nomination d’un cadre du parti septuagénaire pour occuper celui de la vice-présidence. C’est ce cadre, un fidèle du président Bédié apparemment déjà identifié, qui en 2020 postulerait pour le compte du parti unifié ou réunifié, à la magistrature suprême. La parade est ainsi trouvée pour contenter toutes les parties. Notamment les cadres du Pdci-Rda et leurs alliés du Rdr qui se disputent l’Alternance 2020. Tout le monde aura été servi. Sauf, bien entendu, le clan Guillaume Soro, dont l’ambition inavouée, mais bien affichée, de succéder à Alassane Ouattara, n’aura été que retardée. Le plan ainsi détaillé aura servi également à régler sa rivalité à peine voilée, avec le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko. L’un des caciques du Rdr, qui lorgnerait aussi le siège du Palais comme l’ex-patron des ex-Forces nouvelles. Mais, Guillaume Soro ne sort pas totalement perdant de ce scénario. Prétendant toujours au prétoire du Parlement, comme il l’affirmait dans un entretien début juin dernier, le président de l’Assemblée nationale pourrait rempiler à son poste et continuer à se préparer pour l’avenir. A 48 ans à l’échéance de 2020, Guillaume Soro, pense-t-on, peut encore prendre du temps pour consolider ses acquis. Son maintien probable à la tête du Parlement serait donc le tremplin pour espérer franchir le cap de la présidence le moment venu. Mais n’est ce pas que la politique est la saine appréciation des réalités du moment comme diraient certains ? Demain serait-il pareil à aujourd’hui ? Seuls les concernés pourront répondre.

Félix D.BONY

l’inter

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