01212017Headline:

Côte d’Ivoire: Les dangers à double visage qui menacent vraiment le pouvoir Ouattara

Voeux de Nouvel an 2015 de Ado

Dans l’espace Cedeao (Communauté des États de l’Afrique de l’ouest) et l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine), la Côte d’Ivoire, pays d’Alassane Ouattara, s’impose comme une puissance dans laquelle les investissements affluent en grand nombre, après la crise post-électorale.

Abidjan, la capitale économique, abrite de grandes institutions financières régionales dont la Banque africaine de développement ( Bad)… Mais, la menace jihadiste, toujours persistante, et surtout le phénomène des « microbes », ces « gamins-tueurs », qui s’accroît de façon exponentielle, sont en passe, aujourd’hui, de briser cette vitrine. Ces « microbes » qui tuent et blessent à l’arme blanche (couteaux, machettes, gourdins), se présentent comme de véritables dangers sécuritaires. Présents un peu partout à Abidjan, créant la psychose et semant d’extrêmes afflictions à leur passage dans les rangs des populations, ces « microbes » menacent sérieusement l’équilibre social en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, le sentiment d’insécurité est présent dans tous les esprits. Vivant donc dans la crainte des agressions de ces « microbes », des Ivoiriens ont entrepris de s’organiser pour tenter d’assurer leur propre sécurité. A travers le District autonome d’Abidjan, certains ont commencé à tirer une croix sur leurs habitudes, comme les sorties-détente les soirs, de peur de se faire taillader à la machette. Aux yeux de nombreux spécialistes des questions de sécurité, la situation est gravissime… Elle pousse donc des gens à cultiver des attitudes grégaires devant la persistance et la fréquence presque quotidienne des actes de criminalité : l’auto-defense. Les communes et quartiers du District autonome d’Abidjan, comme Yopougon, Port-Bouët II, Koumassi, Abobo, Adjamé, sont classés dans la première catégorie des zones à haut risque, c’est-à-dire qu’il y existe un risque important en termes d’insécurité, du fait de la présence régulière des ”microbes”. Ce sont des zones à « traiter » en priorité et sans ménagement. Bien sûr, il ne s’agit pas d’appliquer à ces « microbes » la méthode « Rodrigo Duterte », le nouveau président Philippin, qui consiste à les éliminer physiquement. Mais, l’État doit œuvrer de sorte à les mettre hors d’état de nuire, par des emprisonnements prolongés. C’est dans cette dynamique que s’inscrit, peut-être, l’opération « Épervier » qui, selon les autorités sécuritaires, a permis de « rafler », 250 jeunes délinquants, le mercredi 18 mai 2016”. Certains d’entre eux, ayant des liens avérés avec les « microbes », devraient être présentés à des juges. Ces « jeunes délinquants », dont l’âge varie entre 10 et 20 ans, ont été interpellés par des unités engagées dans l’opération « Épervier ».

Il s’agit du Centre de coordination des décisions opérationnelles (Ccdo), de la Brigade anti-émeute (Bae), de la Direction de la Police criminelle (Ppc) et de la Police anti-drogue (Pad). « On demande aux forces de l’ordre d’arrêter les microbes en action, et de prévenir le mal, en proposant des solutions rationnelles et efficaces. On ne demande pas d’aller rafler de manière spectaculaire des pauvres enfants sans famille, qui dorment dans les rues, et les photographier avec des machettes à la main, pour calmer la population, en faisant croire que vous avez résolu le problème. Il faut éviter les actions médiatiques spectaculaires », s’emportent des Ivoiriens à travers les réseaux sociaux.

Danger à double visage

La méthodologie criminelle de ces « microbes » est relativement efficiente, et produit toujours des effets qu’on ne peut mesurer ou qualifier en termes de dégâts corporels, de dommages et de cruauté. Ils évoluent en « essaim » d’abeilles, encerclent et bondissent sur les victimes qu’ils tailladent à la machette, les tuant sur le coup ou les abandonnant dans des trombes de sang, après leur avoir sectionné des membres. Face à ce qu’elles considèrent aujourd’hui comme une défaillance du système sécuritaire, les populations ont donc commencé à s’acheter des machettes pour, disent-elles, « affronter à armes égales, les microbes ». Les conséquences de ces affrontements ouverts entre populations et ”microbes”, pourraient être énormes, voire désastreuses. Elles peuvent déboucher sur des batailles sanglantes inter-communautaires, incontrôlées, avec, à la clé, des homicides généralisés et autres carnages à travers les rues d’Abidjan. Le pouvoir Ouattara doit donc prendre la menace ”des microbes” au sérieux, et agir diligemment, en conséquence, car, cela relève de sa responsabilité régalienne. A tout point de vue, la question des”microbes” reste une préoccupation sécuritaire majeure. De fait, ces ”microbes ” peuvent être un terreau fertile au recrutement jihadiste. On voit donc qu’il pèse sur la Côte d’Ivoire deux dangers sécuritaires majeurs: le terrorisme lié au jihadisme, et les microbes qui peuvent servir de mains d’œuvre « mercenariales » à ces fous d’Allah. Il est donc clair que la lutte contre le terrorisme jihadiste et les ”microbes”, doit être menée concomitamment. Cette lutte est un réel enjeu de crédibilité sur le plan national et international pour Alassane Ouattara qui ambitionne de faire de la Côte d’Ivoire, un pays émergent à l’horizon 2020. Les attentats terroristes meurtriers de la ville touristique de Grand-Bassam (plus de 53 victimes dont 19 morts) le 13 mars 2016, ont fortement marqué la psychologie collective ivoirienne. Cet état de fait doit donc apporter au gouvernement, pour rassurer les Ivoiriens et les investisseurs, toute la légitimité nécessaire pour prendre des mesures draconiennes, y compris contre tout ce qui se présente aujourd’hui comme un péril à la sécurité intérieure. C’est vrai, après les événements de Grand-Bassam, la menace terroriste semble en relatif sommeil, grâce aux nombreuses arrestations opérées en Côte d’Ivoire et au Mali. Mais, le feu couve toujours sous la cendre. Et pour cause, Radio France Internationale ( Rfi) révélait, jeudi 19 mai 2016, que « les terroristes basés au Mali ont menacé, dans une vidéo, la France et ses alliés » dont la Côte d’Ivoire. « Au Mali, le groupe jihadiste Front de libération du Macina diffuse pour la première fois une vidéo. Actif depuis 2015 dans la région de Mopti au sud du Mali, et dans le nord de la Côte d’Ivoire, il officialise son affiliation avec le groupe Ansa Dine du leader jihadiste Lyad Ag Ghali. Dans ce clip de propagande, le groupe terroriste menace également la France et ses alliés dans la région », indique clairement Rfi. Déjà très proches, dans le comportement, des jihadistes, par leurs actes criminels, les jeunes adolescents « microbes » peuvent facilement devenir, en Côte d’Ivoire, des « sources phréatiques » de ces terroristes. Ils peuvent, si l’État n’y prend garde, être récupérés et enrôlés par des organisations criminelles, pour les utiliser à commettre des actes subversifs. Aujourd’hui, les Ivoiriens ont besoin d’être rassurés face au traumatisme très vivace que provoquent les « microbes ». Il faut donc prendre des mesures d’une sévérité inflexible dont la mise en œuvre implique tous les acteurs de la sécurité (policiers, magistrats, élus locaux, éducateurs…), et dont le but ultime est de « tuer » définitivement le phénomène des « microbes » en Côte d’Ivoire.

Armand B. DEPEYLA

linfodrome.com

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