03292017Headline:

Côte d’Ivoire: les ministres Alain Richard Donwahi et Adjoumani Kouassi échappent à un lynchage à Assuéfry

Kobenan Adjoumani

Le ministre ivoirien de la défense Alain Richard Donwahi et son collègue des ressources animales et halieutiques Adjoumani Kobénan Kouassi ont échappé, mardi après-midi, à un lynchage à Assuéfry dans le Nord-Est du pays où des affrontements entre des populations et des militaires ont fait la veille, deux morts.

Selon des sources concordantes jointes par APA sur place, les deux émissaires du gouvernement qui se sont rendus à Assuéfry pour faire baisser la tension née de ces affrontements, ont été pris à partie par des jeunes qui les accusaient « d’avoir envoyé des militaires dans leur localité pour les tuer».

« Le véhicule de commandement du Préfet de Transua à bord duquel étaient les deux ministres a été saccagé », a déclaré à APA, le service de communication du ministre Adjoumani Kobénan Kouassi, ajoutant que la « tension était très vive sur le terrain ».

Le ministre de la défense Alain Richard Donwahi ainsi que son collègue Adjoumani Kobénan Kouassi qui est fils de cette région, ont été dépêchés à Assuéfry par le Chef de l’Etat Alassane Ouattara après la cérémonie officielle de célébration de la 39è Journée internationale de la femme à Abidjan.

La délégation ministérielle qui a effectué le déplacement par hélicoptère était accompagnée du Général Sékou Touré, Chef d’Etat-major adjoint des armées et du Commandant supérieur de la gendarmerie, le Général Gervais Kouakou Kouassi. «C’est grâce au sang froid de la gendarmerie que nous avons évité le pire cet après-midi à Assuéfry», a estimé pour sa part un enseignant de la localité.

Malgré la tension, la délégation a pu rencontrer les chefs traditionnels dans les locaux de la Sous-préfecture d’Assuéfry. A cette occasion, le ministre de la défense a dénoncé «l’indiscipline» des jeunes qui ont non seulement interdit la délégation d’accéder à la salle, mais ont proféré des injures sévères à l’endroit du ministre Adjoumani.

Marquant son regret vis-à-vis des morts et des blessés de ces événements, le ministre Alain Richard Donwahi a présenté les condoléances du Président Alassane Ouattara et du gouvernement aux populations endeuillées.

A leur tour, les chefs traditionnels ont relevé que l’acte posé par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, armée régulière) était « prémédité, sinon comment comprendre qu’une saisie d’anacarde à Transua ait ces conséquences dramatiques à Assuéfry ». Ils ont souhaité dans la foulée que les « disparus viennent, ou s’ils sont morts, qu’on les enterre » .

« Cette situation a souillé la terre, et pour la purification, il faut sept bœufs, sept moutons, sept cabris blancs, sept poulets blancs, sept œufs, sept colas blanches et sept casiers de liqueur », ont-ils conclu. La délégation ministérielle a regagné Abidjan dans la soirée.

Deux personnes ont trouvé la mort, lundi soir, dans des affrontements entre des populations et des militaires après la saisie d’une importante quantité d’anacarde qui devrait sortir frauduleusement du territoire ivoirien vers le Ghana voisin. Des sources sur place indiquent également que deux autres personnes sont portées disparues.

LS/APA

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