05262022Headline:

Côte d’Ivoire: les raisons de la défaillance du système Éducatif selon Docteur André Déazon

’L’éducation et la culture représentent pour la société respectivement ce que les racines et la sève nourricière sont pour un arbre. Plus les racines sont profondes et bien nourries par une sève appropriée, plus l’arbre de la société s’élève plus haut dans le ciel’’. Ce sont ces paroles fortes de Daïsaku Ikeda, du poète écrivain Japonais, par ailleurs, président de la Soka Gakkaï Internationale, l’organisation des bouddhistes.
Ses disciples ivoiriens réunis au sein de la SGI-Côte d’Ivoire, entendent mettre ces paroles en pratique.
Ainsi, ils ont mis à profit la célébration de la Journée internationale de l’éducation pour marquer cet engagement, le dimanche 30 janvier 2022 à la bourse du Travail de Treichville, le détailles dans cet article d’un confrère présent.

En effet, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé, il y a 4 ans, le 24 janvier ’’Journée internationale de l’éducation, ce, afin de célébrer le rôle de l’éducation dans l’édification de la paix et du développement.

Saisissant le thème de la journée de cette année qui est : ’’ Changer de cap, transformer l’éducation’’, les membres de la SGI-Côte d’Ivoire dont le DG est docteur André Déazon, ont exhorté les décideurs à utiliser des expertises locales pour rendre le système éducatif ivoirien performant. Cela est un impératif au regard du constat alarmant fait par l’UNESCO.

Selon cet organisme de l’ONU, 258 millions d’enfants et de jeunes ne vont toujours pas à l’école, 617 millions d’enfants et d’adolescents ne savent ni lire ni effectuer des calculs simples; moins de 40 % des filles en Afrique subsaharienne achèvent leur scolarité secondaire et près de quatre millions d’enfants et de jeunes réfugiés ne sont pas scolarisés. Tout ceci montre que dans le domaine de l’éducation, beaucoup reste à faire.

Toute chose qui explique la position de docteur André Déazon, enseignant-chercheur.
« Le thème de la journée internationale de l’éducation de cette année, est donc une occasion que la Côte d’Ivoire ne doit pas rater pour faire avancer son système éducatif qui est dépassé. Notre système éducatif actuel est la copie du système éducatif français des années 1960 que la France a abandonné depuis 20 ans. Malheureusement, nous continuons avec ce système qui rejette plus de 500 mille élèves et étudiants sans qualification dans la rue », a-t-il justifié.

Selon lui, le changement du système éducatif ivoirien est un impératif. « Cependant la première chose à faire est de lui donner une identité car notre système éducatif existe sans identité. Les intellectuels qui ont mené des recherches sur ce système éducatif, ont conclu qu’il fonctionne sans identité. Or l’identité apparait à travers la langue maternelle qui est la matière première des enfants entrant à l’école. Malheureusement, notre système éducatif est tel que nos langues maternelles ne sont utilisées comme langue d’enseignement.

Et pour lui donner cette identité, l’on peut s’appuyer sur l’indicamétie, une science inventée par le professeur Moustapha Diabaté. En outre, Paul Akoto Yao, alors ministre de l’Education nationale, avait déjà entrepris un travail remarquable. Il voulait introduire des langues maternelles à l’école, mais cela n’a pas prospéré. Alors, nous demandons aujourd’hui à ceux qui sont là de poursuivre ce travail. Voilà notre combat et sans cela, nous ne pouvons pas avoir un bon système éducatif », a-t-il indiqué.

Faut-il le souligner, cette journée a été mise à profit par la SGI-CI pour célébrer les professeurs Moustapha Diabaté et Paul Akoto Yao, tous deux lauréats du prix Ikeda pour la culture, l’éducation et la paix.

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