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Cote d’Ivoire: “l’heure des bilans” Assalé Tiémoko

Assale tiemoko

C’est de saison. La fin d’une année et le début d’une autre est toujours consacrée aux bilans. En Côte d’Ivoire, beaucoup d’Ivoiriens ont remarqué que la fin de l’année 2014 a étrangement ressemblé à du tristement « déjà vu »: l’incroyable répétition d’actes qui ont, hier, plongé le pays dans la tourmente. De l’appel de Daoukro, lancé par le président du Pdci-qui n’entend pas voir de son vivant un cadre de ce parti devenir président de la République-au renvoi de Tiburce Koffi de son poste de Directeur de l’Insaac pour avoir usé de sa liberté d’expression, en passant par l’emprisonnement de quelques proches de Charles Konan Banny et l’interdiction d’un meeting d’un candidat déclaré à la présidence de la République, KKB en l’occurrence, tout se passe comme si, subitement, le régime d’Abidjan avait pris conscience que le pouvoir d’Etat, s’il n’agissait pas ainsi, pourrait lui échapper en cette année 2015. Malgré les réalisations qui, paraît-il, n’auraient jamais pu être faites par un ivoirien autre que celui qui nous gouverne en ce moment, le président Alassane Ouattara, alias Dupont.

Si le président est convaincu comme il l’a démontré dans son discours de fin d’année, du caractère exceptionnel de son bilan de quatre années de présence à la tête du pays…si, comme le dit Danielle Boni Claverie, ce bilan est hautement « positif »…si la construction du troisième pont « vaut un deuxième mandat», alors les actes posés ces dernières semaines sont en contradiction avec ce bilan. Car, ils témoignent plutôt d’une peur panique qui s’explique difficilement. Quand on a le bilan qui est celui qui a été présenté dans l’adresse à la nation-6885 classes au primaire sur 60000 promises, un million d’emplois créés dans le secteur informel sur un million d’emplois tout court promis, etc- on ne s’en prend pas à des libertés publiques en interdisant des meetings. Surtout qu’au RDR, on a tendance à oublier que l’emprisonnement des proches de Banny, accusés de s’être illicitement enrichis (opération mains propres) de même que le limogeage de Tiburce Koffi et l’interdiction du meeting de KKB font partie du bilan de l’actuel régime, même s’il n’est pas, étrangement, revendiqué.

Au Pdci, le bilan se résume aux ravages de l’appel de Daoukro dans les rangs des militants dont la plupart ne comprennent pas bien ce qui se passe (lire page 10), vu que Bédié crache du feu sur le dos de tous ceux qui s’entêtent à poser des questions. Le congrès extraordinaire qu’il entend organiser pour annuler quelques résolutions embarrassantes du dernier congrès ordinaire a pour objectif lointain de rassembler pour mieux diviser et livrer ceux qu’il appelle les « irréductibles » à la colère du régime d’Abidjan.

Au Fpi, Affi N’Guessan a franchi la ligne rouge dans sa bataille pour le contrôle du parti fondé par l’intrépide Gbagbo. Son bilan en qualité de président de ce parti depuis sa sortie de prison ne plaide pas en sa faveur tant sa gestion de la crise qui secoue le parti est approximative et ne laisse pas de convaincre la majorité des militants du Fpi qu’il a vraiment décidé de tourner la page de Gbagbo pour jouer sa propre partition. D’autant plus que, on ne sait trop pourquoi, il vient de gravir une marche de plus dans la désacralisation de son mentor, en s’en prenant ouvertement à sa seconde épouse et en révélant des secrets que « L’Eléphant Déchaîné » avait publiés il y a deux années, sous forme de devinettes. Pour rassembler le parti autour de sa personne afin de mener la bataille pour la libération de Gbagbo, Affi N’Guessan s’y prend d’une drôle de manière.

A « L’Eléphant Déchaîné » aussi, nous avons dressé le bilan de nos trois ans de présence sur le marché étroit de la presse ivoirienne. Pour le moins qu’on puisse dire, il est plus que positif si on en juge par la place de choix que ce journal s’est taillée dans le cœur des lecteurs. Après avoir pensé qu’il appartenait à des refondateurs en exil, puis à Dénis Kah Zion (patron de «Le Nouveau Réveil »), puis à l’ambassadeur Georges Ouégnin, on prétend maintenant-Amadou Soumahoro, secrétaire général par intérim du Rdr en est convaincu- qu’il appartiendrait à Charles Konan Banny. Et pourquoi pas au bon Dieu en personne ?

Bref, puisqu’il est aussi saison de prendre des engagements en début d’année, nous disons qu’en 2015, notre devoir d’information et de critique ne se négociera pas, quels que soient les pressions, les attaques, les amitiés, etc.

Nous continuerons donc d’épingler ceux que personne n’a obligé à faire de la politique, qui occupent des fonctions publiques, qui sont rémunérés par le contribuable ivoirien et qui, cependant, travaillent contre les intérêts des Ivoiriens. Pour cette rentrée en 2015, nous proposons à nos lecteurs, un petit dossier (pages 4-5) sur les exploits de Mabri Toikeusse, champion de l’Udpci et ministre d’Etat, ministre du Plan et du Développement et Siki Blon Blaise, ancienne vedette de la refondation et aujourd’hui sur le parvis de la maison « Rdr ».

Ils devraient faire attention. Quand « L’Eléphant » fait son entrée dans une année en épinglant une ou deux personnalités politiques, en général ces dernières passent une très mauvaise année dans ses colonnes.

A bon entendeur…

A.T. (In «L’Eléphant déchaîné» N°313 du mardi 6 au jeudi 8 janvier 2015 / 4ème

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