09262020Headline:

Côte d’Ivoire: l’une des raisons des enlèvements d’enfants

enfants voleurs

Qui l’eût cru ? En Côte d’Ivoire, au 21è siècle et à l’ère des droits de l’Homme, on chasse l’être humain comme un braconnier chasse des biches ou autres sortes d’animaux dans la forêt.

Depuis quelques mois, les enlèvements d’enfants en Côte d’Ivoire sont devenus un phénomène, un fait courant qui inquiète tous et provoque la peur chez la population. Qui tue, pour qui et pour quoi, sont entre autres questions que les uns et les autres se posent, surtout les parents victimes de cette monstrueuse barbarie qui a emporté leurs enfants.

Mais au delà, on peut se demander comment en est-on arrivé là. La réponse, le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko l’a un tant soit peu livrée le week-end dernier, dans un discours qui, lui-même laisse à désirer. Le ministre d’État attribuait à des « jaloux qui veulent ternir l’image du pays », la responsabilité de ces actes odieux. En somme, des gens qui seraient jaloux du travail de Ouattara. Mais bon, concédons le lui et passons à ce qui nous intéresse.

Dans son message, Hamed Bakayoko a accusé comme auteurs de ces crimes « des gens qui n’ont aucune conscience et aucun respect de la valeur humaine ». Ce que nous partageons.

Sinon, comment comprendre que, sans qu’aucune raison valable, un homme se mette à décapiter son semblable. Les raisons pour nous, bien qu’elles n’en soient pas vraiment unes pour se donner le droit de se faire justice, devraient s’expliquer par une vengeance à une trahison, à un vol, à un adultère, etc. Que non !

La vérité, comme l’a si bien dit le ministre de l’Intérieur, est le fait qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, l’homme a perdu sa valeur. Par le passé, l’on a découvert des cadavres dont les organes génitaux et certaines parties du corps ont été emportés. L’on a également entendu parler de vol d’enfants. Les pratiques rituelles qui ont été avancées pour expliquer ces faits ont toujours existé. Seulement tout se faisait, dirait-on, officieusement.

Ce qui ne l’est pas aujourd’hui. Désormais, on poursuit les enfants dans la rue, on les décapite devant tous, sans sourciller, comme ce fut le cas à Yopougon, en novembre 2014. Ce jour, la petite Kouadio Amoin Inès, âgée 11 ans et élève en classe de 6ème, a été atrocement tuée à la machette par un jeune homme, à la place Ficgayo.

Ce fait était annonciateur de ce qui se déroule en ce moment. Mais dans ce pays qui se veut respecté, respectable et respectueux de la valeur humaine, rien n’a été fait pour dissuader les criminels, jusqu’à ce qu’on dénombre, toute honte bue, 21 cas d’enlèvements en l’espace de deux mois.

Mais d’où vient que l’homme a perdu sa valeur en Côte d’Ivoire devant des individus d’une certaine espèce ? Si les Ivoiriens veulent être honnêtes, ils admettront que ce qui se passe est l’une des conséquences logiques de la crise ivoirienne. Car dans cette crise, l’on a démontré que la vie d’un homme en Côte d’Ivoire n’a pas de valeur.

Pour la première fois, des Ivoiriens ont vu d’autres Ivoiriens passer au crible leurs compatriotes, en train de les égorger, d’éventrer des femmes enceintes, tuer des bébés, des enfants, des maris devant leurs parents. Qu’à t-on dit et qu’a t-on fait de cela ? Rien. Sinon qu’on a minimisé les faits, ironisé, argumenté et passé là-dessus.

Dans cette crise, on a vu des Ivoiriens passer au bûcher leurs ”frères”, leurs voisins, leurs amis. Qu’à t-on fait ? Rien sinon de polémiquer, de s’accuser. Et après, on s’étonne qu’en Côte d’Ivoire, enlever un enfant ou même un adulte soit. C’est pourquoi quand le ministre de l’Intérieur et j’insiste sur le mot ”Intérieur” parle de « jaloux », il y a de quoi s’inquiéter.

Linfodrome

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