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Côte d’Ivoire-Mamadou Touré: “Simone Gbagbo est la marraine des escadrons de la mort”

touré mamadou

Mamadou Touré, conseiller technique du président de la République ivoirienne Alassane Ouattara à la Jeunesse et aux Sports revient, pour Afrik.com, sur la crise politique de 2011, son impact sur la jeunesse ainsi que l’évolution du pays depuis la chute de Laurent Gbagbo.

 Il évoque également l’élection présentielle de 2015. Rencontre avec cet homme engagé pour la jeunesse ivoirienne.
Mamadou Touré, natif d’Abidjan, après des études de droits dans la capitale ivoirienne, quitte son pays pour la Suisse afin d’y faire un Master 2 en affaires internationales puis un second Master 2 en diplomatie au Centre d’études stratégiques de Paris.

Une fois ses études achevées, il travaille dans plusieurs cabinets ministériels en tant que conseiller au ministère de l’Intégration africaine. Avant d’être chargé de la Jeunesse et des Sports à la présidence de la République, Mamadou Touré a été en charge des questions liées à l’enseignement supérieur et aux organisations étudiantes au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Afrik.com : Comment se porte la jeunesse ivoirienne aujourd’hui, sa situation a-t-elle évolué depuis 2011 ? 
Mamadou Touré : En 2011, tous les efforts ont été centrés sur la sortie de crise, donc on avait pas de politique en faveur des jeunes, surtout qu’ils étaient instrumentalisés politiquement . Ils ont été des victimes, beaucoup d’entre eux sont morts au combat. Depuis la sortie de crise, leur situation s’est nettement améliorée. Le gouvernement a fait d’importants investissements en faveur de la jeunesse, en réhabilitant l’ensemble des universités. Par ailleurs, 45 collèges ont été construits, 23 000 enseignants ont été recrutés.
Quel est le programme pour la jeunesse ivoirienne ? 
Le gouvernement a mis en place un certain nombre de mesures. Tout d’abord, il a créé des structures pour les jeunes combattants qui sont 77 000 en Côte d’Ivoire, dans le cadre de programme de désarmement et de réinsertion. Pour l’emploi, le gouvernement a créé une loi de politique nationale de l’emploi, afin de tenter de résorber le chômage.

De plus, une agence de la promotion de l’emploi des jeunes a été mise en place pour permettre de rationaliser les initiatives en faveur de l’emploi jeune. Parallèlement à cela, avec la Banque mondiale, le gouvernement a instauré un programme emploi jeune afin de donner des opportunités de stage et d’emploi à 27 000 jeunes.

Quatre ans après la chute de Laurent Gbagbo, où en est la Côte d’Ivoire en matière socio-économique ? 
En quatre ans, la Côte d’Ivoire s’est totalement transformée, les stigmates de la crise ont disparu. Le pays est devenu un modèle de performance économique dans la sous-région. La croissance a été de 9% par an durant ces trois dernières années. Le PIB par habitant a augmenté de 12%. Le gouvernement a beaucoup investi dans les secteurs sociaux comme les hôpitaux, l’électricité. Dans le secteur de l’agriculture, une réforme a été initié pour le cacao afin de garantir aux paysans un prix qui répond à leurs besoins.
S’agissant de la justice, pourquoi Alassane Ouattara a décidé de ne plus envoyer de prisonniers à la Cour Pénale Internationale ? 
En 2011, la Côte d’Ivoire n’avait pas les moyens de juger ses prisonniers, il fallait totalement reconstruire l’appareil judiciaire. C’est désormais chose faite, donc les prisonniers sont maintenant jugé dans le pays de manière équitable et juste.
Que pensez-vous du déroulement du procès de Simone Gbagbo, d’autant que l’opposition a dénoncé un procès politique ? 
L’opposition est dans son rôle. Simone Gbagbo a été identifiée dans différents rapports, par les ONG, comme étant la marraine des escadrons de la mort. Ses actes avaient été mis en avant par certaines organisations internationales. La Côte d’Ivoire est un état de droit, avec un véritable appareil judiciaire. Je n’ai pas de jugement particulier à émettre. J’ai pas de commentaires particulier par rapport aux sentences de la justice. La justice a fait son travail.
Alassane Ouattara a promis de juger tout le monde y compris son camp, pourtant aucun jugement de membres de son camp n’a eu lieu, qu’en est-il ? 
Il y a eu des violations des droits de l’Homme dans tous les camps, la justice a procédé à une contre-enquête. Les procès en cours n’ont pas de rapport avec la commission nationale d’enquête faite actuellement.

Les personnes jugées ont été prises sur le fait. Indépendamment de cette procédure, l’enquête a donné des pistes, et au bout, certains seront indexés. On aura des personnes qui seront dans tous les camps, la justice prendra son temps. Sur la crise post-électorale, il n’y a pas de protection particulière de personnes car elles sont proches du pouvoir.

Où en est-on avec les clivages politiques en Côte d’Ivoire, entre les pro-Gbagbo et les pro-Ouattara ? 
Le gouvernement a initié la dialogue avec l’opposition qui a permis la mise en place d’une commission électorale consensuelle. Le dialogue a permis au gouvernement d’initier une requête de la justice en vue de la mise en place d’une liberté provisoire de certains détenus proches de Laurent Gbagbo. Le dialogue politique a été amorcé et suit son cours, le climat est aujourd’hui apaisé, le pays pacifié.
Alassane Ouattara est largement favori à l’approche du scrutin alors que l’opposition est en crise, quel regard porte le Président sur la situation au FPI ? 
Le contexte de crise qui prévaut au sein de l’opposition plaide en sa faveur. Toutefois, le Président ne s’immisce pas dans les problèmes internes des partis politiques. Il a pris des engagements envers les Ivoiriens, en 2010, il fera son bilan face aux Ivoiriens en 2015. Il va à la rencontre d’un peuple pour lui demander de lui renouveler sa confiance.
Qu’en est-il des scissions au PDCI (Parti démocratique de la Côte d’Ivoire) ? 
Le PDCI soutient la candidature du Président, cependant, certaines voix s’étaient levées contre la candidature d’Alassane Ouattara. Mais l’instance du PDCI a choisi Alassane Ouattara comme candidat. Six délégués sur 3 000 se sont opposés à sa candidature, pour eux le PDCI devrait prendre une autre option. Néanmoins, à mon sens, il n’y a pas de scission au sein du PDCI.
Beaucoup s’inquiètent de l’état de santé d’Alassane Ouattara, qu’en est-il réellement ? 
Le président de la République se porte très bien, il va aborder ces élections avec beaucoup de sérénité et d’enthousiasme. Il pense qu’il a beaucoup d’énergie pour conduire le pays à l’émergence, à l’horizon 2020.

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