12132017Headline:

Côte d’Ivoire /Marwane Ben Yamed répond aux pro-Soro: « En quoi exiger la vérité est un crime ? »Voici l’édito qui a fâché les pro-Soro

Marwane Ben Yamed répond aux pro-Soro: « En quoi exiger la vérité est un crime ? ». Le directeur de publication de Jeune Afrique qui a écrit un édito comme sans doute jamais un journaliste ne l’avait osé concernant, l’ex-chef de la rébellion, a soulevé le courroux des supporteurs de ce dernier. Nous vous proposons sa brève réponse écrite sur son mur Facebook.

« Incompréhensible : quand on demande vérité et justice équitable en Côte d’Ivoire, on est forcément « contre » ou « à charge »… (cf les Unes des quotidiens des 6 et 7 juin et les commentaires sur FB ou Twitter).

Mon éditorial « Docteur Guillaume et Mister Soro » a provoqué chez ses fans un déluge d’insultes et de contré-vérités. À aucun moment je n’écris qu’il est coupable. Mais que la suspicion qui ne cesse de l’entourer doit être dissipée. A fortiori s’il entend incarner la nouvelle génération de dirigeants et aspire aux plus hautes fonctions.

Deux mandats d’arrêts internationaux ont été émis contre lui (France et Burkina), les caches d’armes, les mutineries de ses ex-troupes, etc. En quoi est-ce un crime d’exiger, pour les Ivoiriens eux-mêmes, que l’on recherche (enfin) la vérité en toute transparence ? »

Voici l’édito qui a fâché les pro-Soro

Si Guillaume Soro devait un jour songer à sa reconversion professionnelle, nul doute que s’ouvrirait à lui une voie toute tracée : armurier !

Entre l’arsenal – AK 47, lance-roquettes, munitions… – découvert mi-mai dans une maison du quartier de Beaufort, à Bouaké, propriété de son directeur du protocole ; les grenades et gilets pare-balles retrouvés lors d’une perquisition dans sa villa de Ouagadougou, en octobre 2015 ; les 300 tonnes de matériel militaire, dixit un rapport de l’ONU de mars 2016, acquis en Albanie et en Bulgarie – via le Burkina – par lui et ses troupes des Forces nouvelles au lendemain de la crise – il pourrait même passer pour le digne successeur du célèbre Viktor Bout.

Mais trêve de plaisanterie. L’affaire qui le concerne, une de plus, est grave. Le halo de suspicion qui entoure ce personnage insaisissable ne fait certes pas de lui un coupable. Mais il est temps que les enquêtes qui le visent aboutissent ou que les doutes qui nimbent près de vingt ans de carrière sur le devant de la scène politique soient dissipés.

Et, dans le cas contraire, si ce qui lui est reproché était avéré, que toutes les conséquences soient tirées.

Tel Janus, Guillaume Kigbafori Soro a deux visages. Le premier est celui d’un enfant de chœur. Ses interviews, comme chacune de ses « réflexions » publiées sur Facebook, Twitter, YouTube, Instagram, son site et sa web TV, n’auraient pas détonné dans la bouche d’un dalaï-lama qui aurait décidé de s’installer sur les bords de la lagune Ébrié. Paix, réconciliation, amour du prochain, partage, miséricorde et humilité.

Il n’a que ces mots à la bouche. Et, bien entendu, fidélité, comprendre au chef de l’État, Alassane Ouattara. L’autre visage, à en croire ses détracteurs, mais aussi ceux qui le connaissent bien, est pour le moins sombre et sent le soufre.

Soro ne serait mû que par un seul objectif : parvenir à ses fins. Par tous les moyens. Un homme brillant, d’un certain point de vue, froid et méthodique, qui se nourrit habilement du conflit. Un fin stratège aussi. Autrement dit un Machiavel en terre d’Éburnie.

andresilverkonan

Comments

comments

What Next?

Related Articles

Leave a Reply

Submit Comment