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Côte d’Ivoire: « Moi, je m’en fou de vos leaders », Ballou Bi Jérôme depuis l’exil

Invité à la dédicace du livre “Confessions d’exil” du politologue Arsène Touho, à la mi-octobre dernier, Ballou Bi Jerôme s’est voulu très remonté contre les acteurs politiques ivoiriens. L’ancien Secrétaire général de l’Université de Cocody (actuelle Université Félix Houphouët-Boigny) a appelé ses compatriotes à privilégier les intérêts nationaux sur ceux personnels.

« Nous devons parler sur la base de la vérité, sinon on n’avancera pas. Moi j’entends les jeunes dires “il est vieux”. Non, moi je ne suis pas vieux hein, parce que dans la tête, je suis plus jeune que plus de 90% des jeunes actuellement. Parce que vous avez parlé de vos leaders, mais moi je m’en fou de vos leaders. On parle de la Côte d’Ivoire. Partons sur la base de la Côte d’Ivoire. Tant que vous défendrez vos leaders, on n’avancera pas. C’est pour ça qu’on est dans cette situation.

Vous les jeunes, qui vous dites jeunes, ayez le courage de dire à vos dirigeants, la vérité. La crise de la Côte d’Ivoire est partie du fait qu’on n’a pas voulu respecter les textes de la Côte d’Ivoire. Qu’ils soient bons ou mauvais.

Alors, j’entends dire “il y a la crise en Côte d’Ivoire parce que Gbagbo a refusé…” Non, ce n’est pas Gbagbo qui a refusé. Il y a des textes en Côte d’Ivoire. Il y a une Constitution. Il y a une Cour constitutionnelle. En France ici, quand la Cour constitutionnelle a dit, c’est terminé. Tu es content, tu n’es pas content, tu acceptes jusqu’à ce que l’autre temps arrive. C’est de ça qu’il s’agit aujourd’hui. Si on ne discute pas sur cette base, on n’ira nulle part. Le débat est faussé d’avance.

Alors arrêtez de dire “mon parti ne m’a pas dit…” Dans ce cas, ne venez pas à un débat. Si vous n’avez pas la liberté de débattre, ne venez pas nous fatiguer. On est venu faire un débat, mais si vous venez avec des ordres précis, ça ne sert à rien.

Alors désolé, le débat de la Côte d’Ivoire, ça nous intéresse tous. Moi, je suis réfugié, mais je n’ai pas de rancune. J’ai été torturé, mais je n’ai pas de rancune. Je veux qu’on parte sur de nouvelles bases. La base de la vérité. Ceux qui ont commis des fautes, s’ils reconnaissent, ça fait quoi ? Soro (Guillaume Soro) il me connaît, c’est mon étudiant.

Soro a fait des fautes, qu’il vienne devant les Ivoiriens : “Oui, je reconnais, j’ai fait une faute”. On parle, et on avance. Mais ça ne sert à rien de ruser avec la vérité. Parce qu’Alassane (Alassane Ouattara), c’est un être humain, il va passer. Mais on ne va pas arranger la situation si chacun taille les textes à la mesure de sa chapelle politique, de sa famille, on n’avancera pas. C’est pour ça que l’Afrique en est là.

Alors, partons sur la base de la vérité. Sinon, nous, on doit reconstruire la Côte d’Ivoire. Moi, les élections, je n’y pense même pas. On doit parler d’abord »

Ballou Bi Jerôme,

Réfugié politique

Lire dur Afrique sur 7

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