11222017Headline:

Côte d’Ivoire: Mutineries intempestives/ Danger à l’horizon

Si les Ivoiriens peuvent pousser un ouf de soulagement après la troisième mutinerie enregistrée par leur pays depuis janvier 2017, l’autorité de l’Etat bafouée, l’impunité et la chasse aux sorcières entamée rendent illusoire un retour à une stabilité durable à l’aune des échéances électorales de 2020.

Le pouvoir aux mutins

Jamais deux sans trois. A deux reprises, les 8400 mutins ont réussi à faire coucher le chef de l’Etat ivoirien à plat ventre et lui soutirer, le fusil sous la trempe, 12 millions Frs Cfa par élément. Le camouflet est immense d’autant que l’opération de grande envergure annoncée par le chef d’Etat, vendredi 12 mai 2017, a accouché d’une souris. Les soldats ‘‘loyalistes’’ censés rappeler aux insurgés le principe de discipline inhérent à la grande muette, ont refusé de combattre. A l’analyse, le pouvoir en Côte d’Ivoire, appartient aux 8400 mutins. Les craintes ont donc tout leur sens car qui use de moyens de pression pour obtenir illico presto gain de cause le fera tant que faire se peut. Du reste, l’accord entre les mutins et le gouvernement ivoirien est un tabou pour les citoyens au détriment de leur droit à l’information. Quand est-il des villas promises aux mutins et de l’épineuse question des grades ? En sus, l’effet de contagion reste à craindre. Dans son application, cet accord pourrait susciter le courroux des autres corps de l’armée à l’instar des ex-combattants qui n’entendent plus croiser les bras.

Le culte de l’impunité

Autre facteur susceptible de mettre le feu aux poudres, la justice à géométrie variable. Tandis que le régime Ouattara ouvre une enquête sur la découverte d’armes au domicile de Kamagaté Souleymane dit Soul to Soul, proche de Guillaume Soro, il observe la loi de l’omerta sur les crimes commis par ces mutins lors de leur soulèvement. 4 morts et 9 blessés de sources officielles. Tout porte à croire que ces mutins ‘‘enfants’’ de Ouattara, comme ils se présentent, ont un permis de tuer délivré par qui de droit qui les soustrait de toute poursuite judiciaire.

Chasse aux sorcières

La chasse aux sorcières ou la recherche absolue du bouc émissaire se matérialise par l’ubuesque découverte de caches d’armes à Bouaké. Un scénario trop simpliste pour jouir d’une quelconque crédibilité. Par ailleurs, une mission spéciale de l’ONU est annoncée à Abidjan ce mardi 23 mai 2017 dans le cadre de cette affaire rocambolesque. Une célérité de l’ONU loin d’être fortuite. Dans le dédale de ces mutineries intempestives et contagieuses telles une hydre tentaculaire, c’est la paix sociale à l’aube des échéances électorales de 2020 qui est menacée. Difficile, il sera de désamorcer cette bombe à retardement.

par Cyrille NAHIN

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