01212017Headline:

Côte d’Ivoire: Nouveau Permis de conduire sécurisé, rien de vrai-le constat

Permis de conduire

Il s’est roulé par terre pendant des mois comme un « sale » gosse afin que le Président Ouattara l’autorise, par décret, à faire disparaître deux sociétés d’Etat et à retirer le pain de la bouche de deux sociétés privées ivoiriennes impliquées dans l’établissement des permis de conduire en Côte d’Ivoire, format carte de crédit.

Il tenait coûte que coûte à récupérer l’ensemble des activités générant es sous dans le secteur, pour les confier à une société colombienne aux compétences douteuses et faisant l’objet de plusieurs procédures judiciaires en Colombie pour « fraudes fiscales » portant sur des dizaines de millions de dollars. Malgré des alertes des Renseignements généraux, malgré un rapport de l’Inspection Générale d’Etat sur les dangers que cette réforme, qui n’en était pas vraiment une, comportait, Gaoussou Touré est parvenu à fourguer, en passant par le Premier Ministre Duncan, son décret, au Chef de l’Etat.
Devant la crainte suscitée chez les usagers de la route, suite aux révélation de « L’Eléphant déchaîné », Gaoussou Touré a raconté, à qui ne voulait pas le prendre au sérieux, qu’avec sa fameuse réforme du secteur des Transports terrestres, on allait voir ce qu’on allait voir. Plus de racket et corruption dans l’établissement des pièces afférentes aux véhicules (permis, cartes grises, etc) Plus de fraude sur le permis et, promis-juré, plus de conducteurs n’ayant pas subi une rude formation dans une auto-école aux activités suivies depuis son cabinet via un ordinateur, sur nos routes.

Deux ans après son passage en force pour confier tout à « Quipux », « L’Eléphant » vient de faire le constat sur le terrain en infiltrant le fameux processus d’établissement du permis de conduire, format « Gaoussou Touré ». Résultat, c’est une catastrophe. Des milliers de personnes obtiennent aujourd’hui le permis de conduire, chaque jour, sans jamais avoir mis le pied dans une Auto-Ecole.
Petite incursion au cour d’une catastrophe signée Gaoussou Touré.

TOUT SUR LE CIRCUIT DE FORMATION
Pour avoir un permis de conduire en Côte d’Ivoire, il faut absolument passer par une auto-école pour y suivre des cours.
Le nombre d’heures de cours normalement requises pour être proposé aux examens de code de la route et de conduite, est de 20 H, au minimum.
Avec la réforme de Gaoussou Touré, tout est devenu émergent. Le candidat au permis de conduire doit d’abord retirer un « Certificat d’inscription » dans une Auto-école agréée.

Ce « Certificat » permet au candidat de passer par un guicher de « Quipux », payer 21.000 FCFA pour le permis ABCDE, ou 16.100 FCFA pour le AB, B ou A. Pour avoir le « Certificat », l’auto-école, à laquelle le candidat s”adresse, inscrit ce dernier en se connectant via un cyber-café ou si elle dispose d’une connexion internet, sur la plateforme de « Quipux » et inscrit le candidat.
Une fois qu’il s’est acquitté des frais réclamé pour chaque type de permis, le candidat obtient de « Quipux », un reçu qui lui permet de subir un examen de « vue » à travers la lecture. Une fois l’examen visuel subi avec succès, le candidat est invité à aller se faire prélever un peu de sang pour déterminer son groupe sanguin.

UN BILLET DE BANQUE ET LES BORGNES VOIENT !
En principe, une fois qu’il a fini l’examen de vue et la prise de sang, le candidat doit retourner à l’auto-école pour suivre les 20 heures de cours sous l’oil vigilant de Gaoussou Touré depuis son cabinet, avant de se présenter pour l’examen de Code de la route et l’examen de conduite.
Sauf que dans les faits, moins de 10 % de ceux qui ont le permis « Gaoussou Touré » perdent leur temps pour suivre des cours dans une auto-école. Pourquoi se fatiguer quand Gaoussou Touré, par son « génie », a tout simplifié,

En réalité, dès qu’ils ont subi l’examen de vue et la prise de sang, la plupart des candidats sont immédiatement présentés pour l’examen de « Code » et de « Conduite ». On dit merci qui ?
Pour vérifier tout ça, « L’Eléphant » s’est introduit dans le processus sécurisé de Gaoussou Touré et, en 72 heures, sans jamais mettre les pieds dans une salle de cours d’une auto-école, s’est fait délivrer un permis de conduire en bonne et due forme.

Un coup de fil à un responsable d’une auto-école et voilà « L’Eléphant » dans un cyber-café en train de se faire inscrire au nom d’une auto-école dont il ne connaît même pas l’adresse géographique, sur la plateforme de « Quipux ». En deux clics, le «Certificat d’Inscription » est imprimé et voilà « L’Eléphant » a un guichet de « Quipux » pour le permis dit « toutes catégories ».
Malgré tous les efforts de l’Eléphant » pour diminuer sa vue, la mention « apte » est apposée sur le document en deux temps trois mouvements. Un billet de 10 mille FCFA bien ajusté ayant préparé au préalable la réussite de l’examen de vue. Il avait dit qu’avec sa réforme, il n’y aurait plus de corruption dans le processus, Bravo ! La prochaine étape est celle de prise de sang. Assis devant une infirmière, visiblement pas très savante dans le secteur où elle exerce. Et l’accueil chaleureux avec sourire jusqu’aux commissures des oreilles qu’elle réserve à « L’Eléphant » dès qu’elle le voit, en dit long sur la crédibilité de la réforme de Gaoussou Touré : « Bonjour M. Vous avez quoi pour moi ce matin ? ». Lâche-t-elle. La réponse du pachyderme, « Rien, madame » !

Un peu surprise devant la réponse de ce spécimen qui ne semble pas connaître la notion du temps, l’infirmière fait observer : « Mais l’attente dure longtemps ». Vous allez donc attendre pour votre résultat ». Sur ce, elle nous indique la salle d’attente d’une voix d’où toute trace de douceur avait disparu.
Dans la salle d’attente, un candidat apprend à « L’Eléphant » que si on ne veut pas attendre pendant des heures pour les résultats de la prise de sang, il vaut mieux se montrer gentil avec l’infirmière. Mais l’attente ne sera pas aussi longue qu’annoncée. Finie l’étape de « Quipux ».

LE PERMIS SANS PASSER PAR LA « CASE » AUTO-ECOLE
Après « Quipux », voilà « L’Eléphant, le lendemain, à la Tour D, au rez-de-chaussée précisément, pour l’examen de « Code de conduite ». Et le passage à l’auto-école pour la formation ? Pas le temps.
Nous voilà donc à la Tour D, dans un couloir où grouillent des dizaines de candidats qui sont appelés les uns après les autres. A peine arrivé, « L’Eléphant est appelé, un billet de banque bien ajusté ayant produit un miracle. Le voilà donc dans une salle où se trouve plusieurs examinateurs et de nombreux candidat en train de simuler. La prestation de deux étrangers candidats attire l’attention de « L’Eléphant ». Il s’agit de deux Chinois. Ils ne parlent ni l’anglais ni le français. Quelques questions leur sont posées sur des images, questions auxquelles ils n’ont pas répondu et hop ! C’est terminé. Ils sont déclarés « aptes ». Stupéfiant. Ils avaient un « guide » qui avait fait le « travail » pour eux avant leur entrée dans la salle.
Quand vient le tour de « L’Eléphant » de répondre aux questions, il s’arrange pour tout mélanger. Exaspéré par l’ignorance de ce candidat qui en plus – n’avait pas mis un « laisser-tuer » dans son dossier, l’examinateur laisse tomber son cachet « inapte ». «L’Eléphant » est prié de quitter la salle pour revenir une prochaine fois après avoir bien étudié son code. Mais dehors, le guide de « L’Eléphant » le rassure que les choses vont rapidement rentrer dans l’ordre. En nous laissant dans le hall, notre « guide » pénètre dans la salle où se trouve l’inspecteur qui nous avait, à juste titre, déclaré « inapte ». Quelques minutes plus tard, il ressort de la salle, grand sourire aux lèvres et il nous tend un document sur lequel il est marqué – oh le miracle ! – « Apte ». Bravo Gaoussou Touré, la sécurité des Ivoiriens est vraiment garantie sur nos routes. Le lendemain, nous voilà sur le terrain pour l’examen de conduite, du côté du camp de la gendarmerie d’Agban.

Là, des centaines de candidats sont entassés sous des bâches. Une place est trouvée sous une bâche pour l’infernal « Eléphant » rapidement au volant. A nos côtés, et les pieds posés sur les doubles des pédales, l’inspecteur du ministère. Cinq minutes plus tard, alors que « L’Eléphant » n’avait rien fait du tout que tenir le volant pour un petit tour, l’inspecteur annonce que « c’est bon ».
Quelques minutes d’attente et hop ! Cette étape est aussi franchie.
Rendez-vous le lendemain à « Quipux » pour le retrait du permis de conduire le plus faux du monde.
ALI TOURE & DANIEL SOVY

BASE DE DONNEES NON FIABLE
C’est extraordinaire. La réforme de Gaoussou Touré était censée doter la Côte d’Ivoire d’un permis de conduire parfaitement sécurisé, et le détenteur parfaitement rodé aux règles du code de la route. A l’arrivée, c’est un immense fourre-tout où la corruption est gaiement célébrée avec la délivrance quotidienne de centaines de permis de conduire à des personnes qui n’ont jamais mis les pieds dans une auto-école et pire, qui ne savent ni lire, ni écrire. Pour un pays qui se veut émergent, c’est un prodigieux bond en arrière.
En dehors de l’argent qui coule à flots à tous les niveaux, avec la réforme de Gaoussou Tour, ce sont des pistolets chargés qui sont délivrés chaque jour à des individus qui roulent pour la plupart des véhicules de transport de passagers.

Pendant l’infiltration du réseau, « L’Eléphant » a découvert les vertus technologiques dont le système de « Quipux » serait doté et que le ministre a vendu à coups de communiqués, pleine de page dans les journaux sélectionnés, une vaste escroquerie morale. C’est plutôt un système bourré d’imperfections et qui dysfonctionne à un niveau intolérable dans un pays qui se veut sérieux.

Sur la plateforme de « Quipux », n’importe quel candidat peut s’inscrire avec plusieurs documents d’identité. « L’Eléphant » a fait son inscription avec son passeport et est allé en payant à chaque étape, jusqu’à l’obtention de son « permis ». Le permis original de Gaoussou Touré. Le lendemain, en utilisant une attestation d’identité, « L’Eléphant » a de nouveau pu s’inscrire sans que le fameux système ne signale que ce candidat a déjà obtenu le permis, 24 heures plus tôt. Résultat, avec le même nom, mais des pièces d’identité différentes, on peut se faire délivrer plusieurs permis de conduire avec la réforme de Gaoussou Touré. Car, sur plate forme, c’est le numéro de la pièce d’identité utilisée qui sert d’identifiant pour le candidat. Il suffit que le candidat utilise une autre pièce pour que le système le prenne en compte comme une nouvelle personne. Merveilleux !

Avec la réforme de Gaousou Touré, il y a aujourd’hui des auto-écoles ambulantes. On trouve un démarcheur d’auto-écoles dans presque tous les cyber-cafés d’Abidjan. Il suffit de connaître le processus.
Vous avez dit plus de faux permis ? Au Plateau, précisément au sein du marché de la cité administrative, un petit box peint en rose dans lequel se trouvent deux ordinateurs avec une connexion internet, une photocopieuse et un scanner, est le laboratoire de fabrication de permis de conduire. Un candidat peut y être inscrit le même jour, se présenter à l’examen de code de la route et se rendre dans l’après midi aux Deux plateaux, pour la conduite. Et le lendemain, il a son permis de conduire.
ALI TOURE

CORRUPTION DE DERNIERE GENERATION
Lorsque « L’Eléphant », averti par des sources en Colombie, avait dénoncé les dangers que la réforme fourguée à Gaoussou Touré par les Colombiens faisait courir à la Côte d’Ivoire, le ministre des Transports était servi dans plusieurs journaux et, notamment, dans le quotidien gouvernemental pour faire rêver les Ivoiriens. Réécoutons-le : « () La mise en ouvre de cette politique passe par l’installation au Ministère des Transports d’une base de données utilisant les techniques et les outils de dernière génération. Cette base de données, automatisera, tracera, simplifiera et sécurisera l’ensemble des procédures de traitement des opérations de prestations de services aux usagers tout en offrant une connexion informatique à tous les acteurs du transport routier. La réforme, grâce à la transparence qu’elle instituera dans le secteur du transport routier, solutionnera les multiples problèmes rencontrés avec des gains de temps considérables et une réduction sensible des coûts des prestations. Elle instaurera des pratiques fiables sur toutes les opérations des transports et mettra en place tous les outils nécessaires à une gestion rationnelle de la sécurité routière, des auto-écoles, des lignes et autorisations de transport. Elle réduira la corruption à sa simple expression et permettra au Ministère des Transports de disposer de statistiques fiables. La réforme révolutionnera le secteur du transport routier qui tournera le dos au désordre, à la violence et à tous les vilains maux qui le caractérisaient, pour s’inscrire dans la modernité et la transparence aux mieux des intérêts de tous les acteurs, en particulier les usagers qui retrouveront le sourire après tant d’années de calvaire. Enfin la réforme permettra au Ministre de disposer de tous les moyens nécessaires au suivi et au contrôle de toutes les opérations.
Transparence, gain de temps et réduction de la corruption à sa plus simple expression ?
Bravo ! Les résultats crèvent aujourd’hui les yeux.
C’est une corruption de dernière génération qui tue les Ivoiriens chaque jour sur nos routes avec des conducteurs qui n’ont jamais mis les pieds dans une auto-école, et qui provoquent les accidents mortels les plus ridicules du monde. Il suffit, pour se rendre compte du danger que courent aujourd’hui les piétons et les usagers des véhicules privés de transport de passagers, de se mettre au bord de n’importe quelle voie à Abidjan et d’observer les gens rouler. Cela fait froid dans le dos.
A.T.

L’éléphant déchainé

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