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Côte d’Ivoire : Nouvelle année, le train 2024 a quitté le quai

2023, année de triste souvenir, année difficile au plan social pour les Ivoiriens, s’en est allée avec elle nos illusions de mieux-être. 2024 apparaît portant elle aussi, nos vœux, nos souhaits, et nos espérances de l’année nouvelle ; sacrifiant ainsi à un rituel qui revient chaque début d’année. Comment peut-il en être autrement ?
En 2024, le soleil n’a pas changé de couleur
« Ce qui a été, c’est ce qui sera, ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera ; il n’y a rien de nouveau sous le soleil », nous enseignent les Saintes Écritures.

En effet, au premier jour de l’année 2024, le soleil n’a pas changé de couleur, ni de trajectoire ; la terre continue de tourner sur elle-même dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, et autour du soleil. Les fleuves continuent de se déverser dans la mer et la mer n’est toujours pas remplie. C’est dans cette même atmosphère que le train 2024 a quitté le quai pour commencer son voyage à lui, empruntant le même trajet que 2023 dont il hérite des actifs et des passifs.

Comme il est convenu, et désormais considérée comme une tradition, chaque début d’année est toujours une occasion pour les humains de formuler les mêmes vœux, d’émettre les mêmes souhaits et d’avoir les mêmes espérances. Peu importe si ceux de l’année écoulée n’ont pas donné les résultats escomptés.

A cette même période de l’année, nous avons toujours droit au message à la nation du chef de l’État Alassane Ouattara. Sans surprise et comme les années écoulées, nous avons eu droit aux mêmes vœux formulés en notre endroit, les mêmes promesses d’amélioration de notre condition de vie, de notre quotidien et les mêmes bonnes perspectives qui nous attendent.
L’embellie de l’économie ivoirienne a été bien exaltée avec des résultats probants dont entre autres :

Le lancement des travaux de construction d’établissements techniques et l’ouverture de l’université de Bondoukou, en perspective, l’université d’Odienné.
La mise en œuvre du programme jeunesse du gouvernement pour un montant de 1 118 milliards de F CFA dont 31 milliards pour l’année 2023. Un (1) million de jeunes ont déjà été impactés.
La mise en œuvre du Plan national de développement, avec l’inauguration et le lancement de la construction d’un certain nombre d’infrastructures (Parc d’Exposition d’Abidjan, section de l’autoroute Tiébissou-Bouaké, le 5e pont, la poursuite des travaux du Métro d’Abidjan, etc.)
L’augmentation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), qui est passé de 60 000 F CFA à 75 000 F CFA
Etc.
Cette embellie montre assurément que le pays au plan macroéconomique est en effervescence et que beaucoup de choses se font.
Toujours est-il qu’en 2024 débutant, il faut encore vendre 3 kg de cacao pour s’offrir 1 kg de viande de bœuf, 2 kg d’hévéa ne permettent pas d’acheter 1 kg de riz, et 3 kg d’anacarde ne suffisent pas pour l’achat d’un litre d’huile.
On n’oublie pas que depuis le 1er janvier, le coût de l’électricité a connu une hausse de 10 %.
C’est tout cet héritage de 2023 que le train 2024 a embarqué pour commencer son long voyage. C’est dire que fondamentalement rien n’a changé dans le quotidien des Ivoiriens. Attendons les différentes escales du train pour espérer voir l’allègement du fardeau que les Ivoiriens, à leur corps défendant, sont obligés de porter.

Ailleurs dans le monde, le train 2024 a aussi hérité de nombreux conflits entreposés dans ses soutes, et qui sont loin de s’estomper.
Dans le Sahel, la lutte contre le terrorisme continue, mais a pris une nouvelle tournure, depuis que les peuples maliens, bukinabè et nigériens ont décidé de prendre leur destin en main. Elle est plus efficace et il y a plus de visibilité et de lisibilité.
Dans le monde, l’opération spéciale de l’armée russe en Ukraine est toujours d’actualité. En dépit des pronostics des experts occidentaux, l’économie russe ne s’est pas effondrée, et l’Ukraine n’est pas entrain de gagner la guerre. Sa contre-offensive annoncée tambour battant a été un échec cuisant. Un autre héritage que 2024 a embarqué et qu’elle trainera certainement tout au long de son voyage.
Que dire du conflit entre Israël et le Hamas ? Des citoyens israéliens sont toujours des otages aux mains du Hamas, et les populations palestiniennes continuent de mourir dans les bombardements intensifs de l’armée israélienne, démontrant ainsi que « sous le soleil, il n’y a rien de nouveau… »

Le train 2024 a donc quitté le quai pour entamer son voyage, transportant nos nouvelles espérances, nonobstant le fait que ni les passagers ni les bagages dans les soutes ne soient différents de ceux de 2023.
Il ne nous reste plus qu’à lui souhaiter bon vent, en espérant que ce voyage sera différent de celui de l’année écoulée. Attendons tous de voir ce que demain sera fait. Demain est certes un autre jour, mais demain arrive toujours et l’ivraie sera séparée du vrai
Ainsi va le monde.
Bonne, heureuse, sainte et fructueuse année 2024 à tous et à chacun.

 

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