12022021Headline:

Côte d’Ivoire: « Ouattara pris dans son propre piège par son manque de vision politique »

Le président Ouattara serait désormais favorable au report de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2020 ? Une analyse de Zadi Vacka.
Depuis quelques heures, il se murmure dans les oreilles des Ivoiriens que « Ouattara serait désormais favorable au report de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2020 ». Même si cela peut être mis sur le compte de « rumeurs » et non de Fake news, en attendant que les officines françafricaines, auxquelles on prête cette confidence de Ouattara n’affirment ou n’infirment l’information, il faut être réaliste et dire que techniquement, logistiquement, financièrement, le gouvernement ivoirien ne peut tenir la date du 31 octobre 2020. Donc sur ce point, la question du report peut être plausible et actée.

Alors si le report est acquis comme le demandent l’opposition ivoirienne dans son ensemble, tous les observateurs avisés de la situation actuelle de la Côte d’Ivoire, la communauté internationale (amie de Ouattara), la question qui fait débat est la suivante: Ouattara peut il être candidat ?La réponse, pour notre part, est sans fioritures NON. Pourquoi pourrait-on nous demander ?

Et là encore nous répondons qu’au vu des dispositions de la constitution aux articles 55 et 183, Ouattara ne peut pas être candidat. Donc il n’est pas concerné par l’élection présidentielle ivoirienne de 2020 même si elle venait à être reportée.

Ce qui reste à Ouattara, comme il est dirigeant du RHDP qui est un parti reconnu par la constitution, c’est de s’apprêter pour participer aux futures négociations (en tant que président du rhdp et non président de la République) qui auront lieu en vue de mettre en place une transition qui va diriger le pays à partir du 1er novembre 2020.

On sait que cette situation semble difficilement tenable pour lui. Mais il l’a martelé ces derniers jours, la « loi c’est la loi même si elle est dure et injuste, il faut l’appliquer… » Et la constitution ivoirienne pour laquelle Ouattara semble avoir désormais un amour et un respect dispose en son Article 62 aux alinéas 1, 2 et 3 que « En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission ou empêchement absolu du Président de la République, le vice-Président de la République devient, de plein droit, Président de la République. Avant son entrée en fonction, il prête serment devant le Conseil constitutionnel, réuni en audience solennelle.

Les fonctions du nouveau Président de la République cessent à l’expiration du mandat présidentiel en cours. L’empêchement absolu du Président de la République, pour incapacité d’exercer ses fonctions, est constaté immédiatement par le Conseil constitutionnel, saisi à cette fin par une requête du Gouvernement approuvée à la majorité de ses membres… « .

Or à la date du 31 octobre, Ouattara sera frappé par un empêchement à cause de la non tenue de la présidentielle du fait de Ouattara lui-même qui s’est entêté à violer la constitution ce qui a créé le blocage institutionnel et constitutionnel qui se dessine à l’horizon. Il pourrait aussi évoquer comme jurisprudence le cas de Laurent Gbagbo qui est « resté 10 ans au pouvoir sans élection », comme il le chante en ce moment.

Là encore, nous allons lui rappeler que le report de la présidentielle de 2005 n’était pas le fait de Laurent Gbagbo mais à cause de la rébellion du MPCI qui occupait la moitié du pays et à laquelle il n’est pas étranger. Et comme le disposait la constitution du 23 juillet 2000 en son Article 38 que « En cas d’événements ou de circonstances graves, notamment d’atteinte à l’intégrité du territoire, ou de catastrophes naturelles rendant impossible le déroulement normal des élections ou la proclamation des résultats, le Président de la Commission chargée des élections saisit immédiatement le Conseil constitutionnel aux fins de constatation de cette situation.

Le Conseil constitutionnel décide, dans les vingt quatre heures, de l’arrêt ou de la poursuite des opérations électorales ou de suspendre la proclamation des résultats. Le Président de la République en informe la Nation par message. Il demeure en fonction. »

Et en 2005 l’article 40 ancien qui est le pendant de l’article 62 actuel ne pouvait pas s’appliquer à Laurent Gbagbo.

Quoi qu’il en soit, Ouattara, pris dans son propre piège d’homme sans respect de paroles données, sans respect de la constitution, sans respecte des citoyens est forclos. Place nette à une transition pour dessiner la nouvelle Côte d’Ivoire, réconciliée, une et indivisible.

Melv Sage

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