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Côte d’Ivoire: Ouattara – Soro, la bataille se déporte au pied de la Reine d’Angleterre

Il y a bien longtemps que la guéguerre politique entre l’ex-président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro et le président de la République, Alassane Ouattara a franchi les frontières ivoiriennes. L’offensive engagée par l’ancien chef du Parlement ivoirien, qui séjourne depuis plus d’un semestre à l’extérieur, a déporté cette querelle sous d’autres cieux. Outre la France où l’on est coutumier des interventions des dirigeants ivoiriens sur les médias de renommée internationale (Rfi, France 24, TV5 Afrique, Jeune Afrique…), l’Angleterre s’est inscrit sur la liste des pays où la bataille au sommet s’est déportée. Le chef de l’Etat et son ex-poulain viennent de se succéder en l’espace d’un trimestre au pied de la Reine d’Angleterre. Les deux personnalités se sont exprimées respectivement devant la Chatham House, le prestigieux Institut royal des affaires extérieures. Laquelle constitue les yeux et les grandes oreilles de la Cour royale de la Grande Bretagne.

Soro d’abord….
Présent en Europe depuis juillet 2019, Guillaume Soro, dans son offensive contre ses ex-camarades au pouvoir en Côte d’Ivoire, n’a pas ignoré la Chatham House de Londres. Une tribune qu’il a saisi pour se faire entendre. Le 8 novembre 2019, l’ancien Premier ministre ivoirien se retrouvait au sein de cet institut où il n’aura pas donné dans la dentelle pour démonter la gestion du régime Ouattara dépeint en noir. Dans un discours musclé, Guillaume Soro a décrit un péril sur la Côte d’Ivoire et lancé un appel à « sauver » ce pays. « La démocratie est en danger en Côte d’Ivoire. Il y a un story-telling répandu par le régime de M. Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire, selon lequel notre pays se porterait comme un charme. C’est tout simplement un fake! », avait déclaré Guillaume Soro qui, lancé dans cette dynamique, a adressé un message d’alerte aux autorités britanniques et à l’ensemble de la Communauté internationale « Mon pays risque à nouveau de brûler – et ne me dites pas que je n’ai pas tiré la sonnette d’alarme à temps. (…) Je suis venu vous demander de prendre une part active dans la sauvegarde de la paix dans mon pays. Je suis venu vous demander d’aider mon pays à s’enraciner dans la démocratie et le respect de la souveraineté du Peuple, au lieu d’assister passivement à sa descente aux abîmes de la dictature qui s’y aggrave chaque jour… ».

Le président du mouvement ‘’Générations et peuples solidaires’’ (Gps) n’a pas manqué cette tribune pour stigmatiser l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei, dont il a dit qu’elle sera à la base des risques graves que court la Côte d’Ivoire. « La Cei actuelle va brûler la Côte d’Ivoire et tous ceux qui, de près ou de loin, auront cautionné par leur inaction un tel forfait porteront la terrible responsabilité du sang, de la sueur et des larmes des populations de mon pays ! Ne soyons pas des médecins après la mort, encore moins des pompiers pyromanes. Défendons la démocratie, soutenons un processus démocratique équitable, sauvons ensemble l’avenir du Peuple ivoirien ! »

…. puis la réplique de Ouattara
Alors que Guillaume Soro, qui annonçait et justifiait sa candidature en octobre 2020 à cette tribune, est tenu en exil à l’étranger, sous la menace d’un mandat d’arrêt international lancé par la Côte d’Ivoire, c’est comme à un fauteuil blanc qu’a été invité le président ivoirien, Alassane Ouattara, à la même tribune londonienne. ‘’Elections en Côte d’Ivoire en 2020 : comment assurer la stabilité et l’inclusion’’, tel est le thème sur lequel le chef de l’Etat a été amené à se prononcer. Le tenant de l’Exécutif en Côte d’Ivoire saisira l’occasion pour porter la réplique à son ex-dauphin devenu l’un de ses farouches adversaires et pourfendeurs.

Alors que Guillaume Soro remettait en cause sa gestion, Alassane Ouattara affichera toutes les embellies pendant ses 9 ans de pouvoir. Traité de dictateur par l’ex-chef du Parlement, le président de la République répond en mettant en exergue les libertés, les droits et devoirs qui s’expriment désormais à travers la consolidation des institutions au nombre desquelles la Cei qu’il dit avoir été réformée aux normes éditées par la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. Le président Ouattara conclura sur cette note d’espoir : « Je voudrais indiquer que la paix, la stabilité, la modernisation de notre pays et la cohésion sociale auxquelles nous sommes parvenus, sont désormais irréversibles. Le Gouvernement continuera de travailler pour consolider les acquis démocratiques de ces dernières années. La gestion rigoureuse de l’économie et les Institutions fortes et crédibles dont dispose désormais la Côte d’Ivoire contribueront, sur de longues années, au bien-être de nos concitoyens, à la cohésion nationale, tout en attirant les investissements, notamment étrangers pour une croissance économique forte, soutenue et inclusive. Je suis donc déterminé à faire respecter le fonctionnement normal des Institutions de la République afin que nos concitoyens fassent confiance à nos Institutions ».

Une Réplique du berger à la bergère. On ne saurait s’en douter.

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