08242017Headline:

Côte d’Ivoire – PDCI: La guerre Duncan-Niamien N’goran a eu lieu(2-0)

Le sens du meeting de Bassam 

Il était pressenti pour être à la Primature pour le compte du Pdci. Raté. Il était pressenti pour être le vice-président du parlement pour le compte du Pdci. Encore raté. Et voilà Niamien N’goran, désormais débarqué de son poste d’Inspecteur d’Etat. Un malheur qui est l’aboutissement d’une longue guerre froide au sein du Pdci.

Un « battu » pour un « battu »
Le président Ouattara a limogé, mardi 12 juillet, Niamien N’goran de son poste d’Inspecteur Général d’Etat. Motif? Niamien N’goran a perdu l’élection législative de 2016, du côté de Daoukro. A sa place, le chef de l’Etat a nommé le plus proche parmi les plus proches, de Daniel Kablan Duncan, un certain Ahoua N’Doly. Lequel, en 2013, pendant les élections régionales, a été étalée du côté du Moronou, par Aka Véronique. Ironie du sort, Niamien N’goran avait pris une part très active dans la campagne d’Ahoua N’doli. Et le voilà désormais à sa place. Une nomination qui, dans les faits, rentre dans le cadre de la bataille froide entre Daniel Kablan Duncan et Niamien N’goran. Pour la présidentielle de 2020.

Un cadre du grand centre pour la Vice-Présidence
Après avoir échoué à faire nommer Niamien N’goran à la Primature pour le compte du Pdci, Bédié a trouvé l’occasion, dans l’écriture d’une nouvelle constitution avec la création d’un poste de vice-président, de trouver un poste à la hauteur, pour Niamien N’goran. La condition, par rapport à l’appel de Daoukro, pour que Bédié apporte son soutien ferme au projet du chef de l’Etat, était que le poste de vice-président revienne à un cadre du grand centre. Etaient pressentis à ce poste, outre Niamien N’goran, Diby Koffi Charles et Ahoussou Jeannot. Niamien N’goran était le choix du cœur de Bédié.
Mais, dès après l’adoption par référendum de la nouvelle constitution, le chef de l’Etat s’empresse de proposer Daniel Kablan Duncan au poste de vice-président. Colère de Bédié et des cadres et chefs du grand centre. Motif? Non seulement le poste devrait revenir à un cadre du grand centre, mais en plus, Grand Bassam, la ville de Daniel Kablan Duncan, ayant réalisé un triste score au référendum en terme de pourcentage (avant dernier plus mauvais score de tout le pays), il ne pouvait, aux yeux des cadres du grand centre, être nommé vice-président, en application de la nouvelle constitution. Pour contrer la nomination de Duncan, une solution est rapidement trouvée.

La vice-présidence du parlement pour NIamien
Bédié demande à Niamien N’goran de se présenter à l’élection législative, du côté de Daoukro où sa victoire était présumée assurée. Avec sa victoire, auréolée d’une légitimité et adoubée par Bédié, Niamien N’goran devrait facilement, pour le compte du Pdci, décrocher le poste de vice-président du parlement. Ce qui lui aurait inévitablement donné un avantage sur Daniel Kablan Duncan, pour le poste de Vice-président de la République, par nomination. Mais c’était sans compter avec le Rdr. Qui pousse Duncan, alors premier ministre, de se présenter aussi, à l’élection législative, du côte de Grand Bassam. Mais Duncan crie « pauvreté », arguant ne pas avoir l’argent pour la campagne dans une ville où de jeunes loups, tant au Pdci qu’au Rdr, avaient le vent en poupe et étaient en mesure de lui faire mordre le sable. Ordre est alors donné à Ibrahim Magassa, le « leveur» de fonds attitré du « Rdr », un instant en pèlerinage à la Maca et désormais incontournable, de financer entièrement la campagne de Duncan et de « s’occuper » de tous les jeunes du Rdr de Grand Bassam afin qu’ils lui « fichent la paix » en se mobilisant pour sa victoire. La mission est accomplie. Mais elle ne s’arrête pas à Grand Bassam. Il faut neutraliser Niamien N’goran du côté de Daoukro. Pour cela, il est balancé entre ses « pattes », un jeune aux dents longues et particulièrement aiguisées, nommé Akoto Olivier. Par le soutien financier et logistique présumés de Duncan (tiens), de Raymonde Coffie Goudou et d’Amadou Soumahoro. Il est demandé à ce dernier, avec promesse au passage, d’un poste dans le nouveau gouvernement, de tout mettre en oeuvre pour une défaite retentissante de Niamien N’goran à Daoukro. Quand Akoto Olivier déclare sa candidature contre Niamien N’goran, Bédié s’empresse de le convoquer à son domicile pour le ramener à l’ordre. Mais Bédié attendra en vain le jeune homme. Résultat, alors que Duncan triomphe à Grand Bassam, Niamien N’goran, à la surprise générale, est terrassé par Akoto Olivier. Duncan est nommé vice-président de la République et Niamien N’goran retourne dans son bureau de l’Inspection Générale d’Etat. Un but à zéro pour Duncan et le Rdr.

Vite, sur la ligne de départ
Primaire, ratée. Vice-présidence, ratée. Par la faute de Duncan, avec le soutien du Rdr. Niamien N’goran rumine sa revanche. Dans la perspective de la présidentielle de 2020 et dans le cadre de l’alternance présumée pour le compte du Pdci, Il met rapidement son équipe de communicants en place. Lesquels, depuis quelques temps, dirigés par Georges Amani et payés pour… font un boucan d’enfer sur les réseaux sociaux où ils ont annoncé la candidature de Niamien N’goran, présenté comme la meilleure alternative au Pdci. Au grand dam de Duncan et du Rdr qui a son interprétation de l’appel de Daoukro. Alors que Bédié clame que cet appel suppose que l’alternance en 2020 devra se faire au bénéfice d’un cadre du Pdci, Ouattara affirme que c’est le « meilleur » d’entre les cadres du Rhdp qui devra lui succéder. Evidemment, Daniel Kablan Duncan est dans l’interprétation de Ouattara et, Niamien N’goran, dans celle de Bédié. « Il ne peut pas être Inspecteur d’Etat, travailler sous la tutelle du chef de l’Etat et prétendre, avant 2020, qu’il est le meilleur cheval pour la présidentielle. Il ne pouvait plus rester à son poste, c’est une défiance », tempête un cadre du Rdr interrogé par « L’Eléphant ». En déclarant sa candidature pour 2020 sur la page Facebook animée par ses communicants, Niamien N’goran entendait prendre de l’avance sur Daniel Kablan Duncan, considéré au Rdr, comme « le moindre mal ». Il s’en est brûlé les ailes.

Une interview de Bédié et grosse colère au château
Parti à Paris dans le cadre de la remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, Bédié accorde une interview au confrère « Jeune Afrique », dans laquelle il déclare avec fermeté que le candidat unique du Rhdp pour la présidentielle de 2020 sera un cadre du Pdci. Comme « L’Eléphant » l’a déjà conté, cette déclaration a mis le chef de l’Etat dans une colère massacrante. Une colère qui a eu pour conséquence l’explosion des ordres de mission de tous les proches de Bédié, sélectionnés pour assister à Paris, à la remise du Prix Félix Houphouët-Boigny. Billets d’avion et frais de bouche, annulés. Y compris pour ceux qui étaient déjà partis avec Bédié dans l’avion présidentiel mis à sa disposition. Dans l’interview en question, Bédié déclare également que Soro Guillaume est son « protégé ». Alors que ce dernier est ouvertement soupçonné à Abidjan de « cacher des armes ». Irritation au château et colère au Rdr. Mais, comme si cela ne suffisait pas, quelques jours plus tard, Bédié reçoit Soro Guillaume, à Paris. Cette rencontre est suivie d’une deuxième au cours de laquelle, selon les sources de « L’Eléphant », Soro Guillaume, genoux à terre, aurait présenté ses excuses à Bédié pour tout le tort qui lui aurait été fait, avant de solliciter son soutien pour la bataille de 2020. Les propos présumés tenus par Soro, la réponse de Bédié et des images en appui, sont transmis au château. C’est dire si l’entourage de Bédié est sûr…

Ahoussou envoyé à Paris, Guikahué sermonné par Duncan
Le compte rendu de la deuxième rencontre entre Bédié et Soro met Ouattara en colère. De sa belle plume, il rédige un courrier à l’attention de Bédié. Ahoussou Jeannot est prié d’embarquer pour Paris, porter en mains propres, ce courrier à Bédié, avec pour consigne de revenir avec la réponse écrite de Bédié, une sorte de demande d’explication. Mais Bédié, lunette sur les yeux, lit le courrier et, avec l’empressement qu’on lui connait, le range dans une poche. Pas de réponse. Ahoussou Jeannot rentre à Abidjan et rend compte. Le président Ouattara saisit son téléphone et passe un coup de fil à Bédié. Mais l’échange se passe mal. Pour le château, il faut que quelqu’un paye pour cette situation afin que les uns et les autres au Pdci, y compris Bédié, sachent qui gouverne. Duncan convoque Guikahué, le secrétaire exécutif du Pdci et lui passe un savon. L’échange entre les deux hommes vire rapidement au rouge. Duncan décide d’organiser une cérémonie à Bassam pour apporter son soutien au chef de l’Etat, histoire de clairement signifier à Bédié qu’il n’approuve pas son « aventure » avec Soro Guillaume. Guikahué, en partant, promet de rendre compte à Bédié. Résultat, alors que Niamien N’goran se trouve à Paris, il est prié, par la présidence de la République, de rentrer au plus vite. Ce qu’il fait, le 5 juillet. C’est que de longue date, était prévue la cérémonie de remise du rapport 2016 de l’Inspection Générale d’Etat, au chef de l’Etat. Quand le chef de l’Etat informe Niamien N’goran qu’il est disposé à le recevoir le 10 juillet, ce dernier pense que c’est pour remettre son rapport. Mais, à la Présidence, il lui est annoncé la bonne nouvelle de son départ de son poste. Au motif qu’il a perdu l’élection législative de 2016 et que, en conséquence, il ne peut continuer à prospérer à ce poste. Bédié n’a pas été informé de ce débarquement violent de son proche. C’est à 17 heures, le même jour, que Niamien N’goran l’a informé de son infortune. En lieu et place de Niamien N’goran, est nommé le bras droit de Duncan, Ahoua N’Doly.
Deux buts à zéro pour Duncan… et le Rdr. Rendez-vous en 2020 pour la « guerre » qui aura bel et bien lieu.

ALEX KASSY

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