05302017Headline:

Côte d’Ivoire: Plus de 5 ans après la fin de la crise post-électorale, le Commando invisible n’est pas mort/ ce qui se passe..

cdt fongnon du commando invisible

Il est juste dormant et peut donc se réveiller à tout moment. Le commando invisible. Il n’est pas exclu que cette force qui a fait tant de mal aux Ivoiriens resurgisse un jour, pour influencer le débat politique lors d’échéances capitales pour le peuple ivoirien.

Au moment où le débat politique s’anime, avec les positions de plus en plus tranchées entre le clan Ouattara et l’opposition au sujet de la réforme de la constitution, la présence d’ex-combattants en armes dans certaines localités, notamment des communes de la ville d’Abidjan, réveillent de vieux souvenirs qui donnent froid dans le dos. Dans la commune d’Abobo, fief d’Alassane Ouattara où le désarmement n’a jamais été effectif, les populations vivent toujours dans la peur d’un réveil subit du fameux commando invisible, de triste mémoire, qui a fait son apparition au plus fort de la crise post-électorale, dirigée par le sergent-chef pro-Ouattara Ibrahim Coulibaly dit IB, exécuté en 2011 par les forces du régime.

Des quartiers de la commune tenue par Adama Toungara échappent toujours, c’est une évidence, au contrôle des forces régulières qui ne s’y aventurent presque jamais, sinon armés jusqu’aux dents. C’est le cas au PK 18 derrière le pont où continue de régner en maître le commandant Ferré, un chef de guerre qui y tient toujours sa base. Ce proche de Koné Zakaria avait rejoint les rangs du commando créé par IB et qui a joué un rôle déterminant dans la bataille contre les Forces de défense et de sécurité (FDS) pendant la guerre que Ouattara a livrée à Laurent Gbagbo et à son régime entre 2010 et 2011. C’est d’ailleurs lui qui a mené l’expédition, début 2011, contre le domicile de l’ancien chef d’état-major sous le président Gbagbo, Philippe Mangou, dont il continue de rouler le véhicule de commandement. Tombé en disgrâce courant 2014, il avait été désarmé et mis aux arrêts avant d’être libéré grâce à son ami Koné Zakaria.

Au PK 18, il n’est pas étonnant de voir ce commandant toujours en treillis en train de patrouiller avec ses hommes, des excombattants toujours en armes. C’est le cas généralement quand sont signalés dans le périmètre les microbes, ces enfants soldats laissés pour compte et qui sèment terreur et désolation partout où ils mettent les pieds. « Quand les hommes de Ferré attrapent certains parmi les microbes, ils leur infligent une sévère correction avant de les laisser s’en aller. Et cela sert de leçon à ces jeunes sans foi ni loi qui évitent désormais PK 18 », explique un résident du quartier. Le commando se serait-il donc reconverti en force de bienfaisance et de protection des populations ?

La vérité, c’est qu’il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’une force illégale. Ses membres n’ayant pas intégré les effectifs de la nouvelle armée, ils ne devraient plus détenir ni manipuler des armes. Sinon il y a de réels risques qu’ils fassent irruption dans le débat politique, comme le commando invisible et la rébellion de Soro Guillaume l’ont fait pendant toute une décennie.

La situation est d’autant plus préoccupante que dans des communes comme Anyama ou plus généralement dans le nord du pays, il est fréquent de voir des civils qui détiennent des kalachnikovs et autres armes de guerre sans être inquiétés. Les événements de Bouaké, et avant les soulèvements des ex-combattants frustrés, constituent des menaces pour la paix.

Par Edouard Amichia

Le Nouveau Courrier N°1476

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