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Côte d’Ivoire: policiers et gendarmes en danger ?Perte de confiance et d’autorité

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Pas moins de quatre incidents graves ou mortels, en moins de six mois: en Côte d’Ivoire, policiers et gendarmes en danger de mort continu ? Décryptage d’un comportement pas tout à fait nouveau qui renseigne clairement sur les deux maux des forces de l’ordre et de défense ivoiriennes: la perte d’autorité et le manque de confiance de la population.

Commençons par Katiola. Nous sommes le 3 ou le 4 octobre 2016. Des populations en furie s’attaquent au commissariat et s’en prennent violement aux policiers affectés dans la ville. A l’origine de la colère publique, la mort en détention d’un jeune homme.

« Selon le commissaire (cité par l’AFP), le jeune homme tué était connu des services de police: il avait été jugé et condamné à une peine de prison pour des coups et blessures volontaires mais avait été libéré à la faveur de la grâce présidentielle, octroyée lors de la fête nationale du 7 août.

« IL Y A VINGT ANS, PERSONNE N’OSERAIT S’ATTAQUER À UN GENDARME COMMANDO. C’ÉTAIENT DES GENS RESPECTÉS QUI INSPIRAIENT CRAINTE ET ADMIRATION. MAIS ÇA, C’ÉTAIT AVANT… »

« A sa sortie de prison, Yaya Sokoba est revenu au commissariat pour réclamer la somme de dix millions de francs Cfa (15.000 euros) à la police. J’ai compris donc qu’il n’était pas normal. Le même jour, dans la soirée, il a tenté d’incendier un véhicule de police », a expliqué le commissaire.

« Le samedi 1er octobre, il a essayé d’assommer un policier. Vu qu’il devenait dangereux, j’ai donc dit qu’il fallait l’arrêter. Maintenant, je ne sais pas ce qui s’est passé ce matin » lors de la mort du jeune, a précisé le commissaire.

Policiers et gendarmes en danger

L’explication a sans doute fait sourire les esprits critiques, tant la fin est suspecte. Ainsi donc, le commissaire sait tout du jeune homme, tout ce qui s’est passé avant sa mort. Sauf ce qui s’est passé dans son propre commissariat ayant occasionné la mort du détenu. Lol

C’est ce genre d’explication visant à protéger des bavures ou à masquer la vérité qui a souvent été la cause de la propension à l’auto-justice de la foule. Elle n’a plus confiance en ses forces de l’ordre et de sécurité et préfère régler ses propres comptes avec elles.

Cette preuve de perte de confiance explique les récents incidents. Celui de Niamoin, près de Bouna, en est une illustration. Lisons ce qu’en dit Jeune Afrique. « Tout est parti d’un banal contrôle de routine à un barrage routier installé par au moins un membre des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) qui a viré au racket contre deux civils, lesquels ont refusé de se faire rançonner.

Au cours des vifs échanges qui ont suivi, l’homme en armes aurait paniqué et ouvert le feu sur les deux civils avant de s’enfuir et de se réfugier dans les locaux d’un centre de santé situé à proximité. Des gendarmes arrivés pour auditionner le militaire coupable ont ensuite été pris à partie par la population qui les a lynchés à mort ».

Perte de confiance et d’autorité

C’est la preuve parfaite de la perte de confiance. Les badauds qui ont accouru après le coup de feu s’en sont pris aux deux gendarmes arrivés sur les lieux, parce qu’ils se disaient qu’ils venaient protéger leur collègue ou quelque chose de ce genre.

C’est à peu près ce qui s’est passé à Yamoussoukro (dernier incident en date), dans la nuit de mercredi à jeudi. Voici ce qu’en dit Koaci: « C’est suite au décès d’un jeune du quartier raflé pour faute de pièces (qui) a tenté de s’échapper en sautant du cargo avant de se retrouver, dans sa chute, sous le véhicule qui lui est passé dessus.

Transféré d’urgence à l’hôpital, il a malheureusement succombé des suites de ses blessures. En guise de vengeance, ses camarades munis d’ «armes à feu», « blanches », « gourdins » etc…, ont attaqué les policiers du commissariat « sauvés » par la promptitude de leurs collègues appelés en renfort ».

Aujourd’hui, le racket, le manque de maîtrise de soi (très souvent, policiers et gendarmes ne savent pas la conduite à tenir face à des situations et prennent des initiatives qui les mettent eux-même en danger), le manque d’équipements, etc., ont dégradé l’image du « corps habillé ».

Celui-ci passe désormais pour un citoyen banal. Et de nombreux Ivoiriens, ayant encore l’esprit rebelle ou milicien (c’est selon) adoptent face aux agents de l’ordre, une attitude de défiance systématique.

Raison pour laquelle des manifestants peuvent s’attaquer à eux, sans crainte. Comme ce qui s’est passé à Abidjan, lors de la marche de l’opposition, contre le référendum. A cette occasion, on a vu une image d’un jeune homme violemment battu par des policiers.

Gloire perdue

Ce qu’on n’a pas beaucoup vu, c’est l’image du même jeune homme tentant de neutraliser un policier, ce qui a provoqué la réaction fort disproportionnée (résultat du manque de maîtrise de soi) et condamnable, de ses collègues.

Ce qu’on n’a pas beaucoup vu aussi, c’est l’image (voir photo) d’un policier désarmé, violemment lynché par un groupe de manifestants. A ne pas s’yméprendre. Cela est aussi la conséquence de la perte d’autorité des forces de l’ordre, de défense et de sécurité, tous corps confondus.

Il y a vingt ans, personne n’oserait s’attaquer à un gendarme commando. C’étaient des gens respectés qui inspiraient crainte et admiration. Mais ça, c’était avant…

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