07202018Headline:

Côte d’Ivoire, Politique: L’interview de Mamadou Koulibaly à la radio Allemande DW

 

Proche de Laurent Gbagbo, l’ancien président de l’Assemblée nationale, président du parti LIDER, se confie. Il vise clairement le plus haut sommet de l’état d’ici deux ans.

En Côte d’Ivoire, les premières élections sénatoriales auront lieu le 24 mars prochain. Des élections alors que l’opposition et la société civile continuent d’exiger une réforme de la Cei, la commission électorale indépendante. Et parmi les formations politiques qui risqueraient de boycotter ce scrutin, il y a le parti LIDER, Liberté et démocratie pour la République, de l’ancien Ministre des Finances et ancien président de l’Assemblée nationale, de Laurent Gbagbo, Mamadou Koulibaly.

La semaine dernière, celui-ci s’est rendu à Berlin, à l’invitation de la Fondation allemande Friedrich-Ebert Stiftung, proche des socio-démocrates allemands. À cette occasion, il s’est confié à la Deutsche Welle, et répond aux questions d’Eric Topona.

Visite à Laurent Gbagbo

DW : Vous étiez, en janvier, à la Haye, pour rendre visite à Laurent Gbagbo, détenu par la Cour pénale internationale. Qu’est-ce que vous vous êtes dit ?

C’était une visite de courtoisie. Je me ferai violence de garder le contenu entre lui et moi.

DW : Le FPI, votre ancien parti, est miné par des guerres intestines entre Pascal Affi N′Guessan et M. Sangaré. Est-ce que vous en avez parlé avec Laurent Gbagbo ?

Je souhaite simplement que ces querelles intestines s’estompent rapidement et que ces anciens camarades puissent de nouveau se retrouver pour que nous regardions ensemble les perspectives de 2020.

DW : Autres tensions : celles perceptibles entre les alliés d’hier, d’un côté Alassane Ouattara et Guillaume Soro et de l’autre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, l’ancien président. Vous devez vous frotter les mains ?

Non, je ne suis pas de ceux qui pensent que le cadavre de mon ennemi sent bon. Je me concentre sur les besoins et les espoirs des populations ivoiriennes. Et ce que moi Mamadou Koulibaly je pourrais apporter à ce peuple de Côte d’Ivoire.

Critique de Ouattara

DW : L’une des conséquences de ces tensions que nous venons d’évoquer entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro, entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, est que le président Ouattara semble intéressé par un troisième mandat en 2020.

Oui, mais ça ce n’est pas la conséquence des conflits qu’il y a là-bas, c’est un choix délibéré que, pour moi, Alassane Ouattara a fait depuis le jour de son engagement en politique. Il veut rester président jusqu’à la fin de sa vie. Il a commencé par dire qu’il ne voulait qu’un seul mandat. Et puis une fois celui-ci obtenu il a exigé un second mandat et d’ailleurs on nous a dit qu’il méritait un second mandat. Et puis une fois le second mandat arrivé, il a modifié la constitution pour créer les conditions objectives pour aller à un troisième mandat. Je fais partie de ceux qui disent, depuis 2011, 2012, que ce monsieur changera la constitution, violera toutes les dispositions constitutionnelles légales pour rester au pouvoir.

DW : Mais la constitution modifiée et adoptée en 2015 l’autorise à être candidat en 2020 …

Je ne dis pas le contraire. Je dis seulement que c’était prévisible longtemps avant les querelles que vous évoquez entre lui et Bédié et lui et Soro. Ce sont deux choses séparées.

DW : Ces dernières semaines, on assiste à une sorte de reconfiguration du paysage politique en Côte d’Ivoire avec la visite rendue par Pascal Affi N′Guessan du FPI à Henri Konan Bédié. Vous qui aviez rendu visite à Laurent Gbagbo dans l’optique de la présidentielle de 2020. Tout est possible ?

Pour moi ce ne sont pas ces visites et ces rencontres qui importent. Ce que je vois, c’est la violation de la constitution par Monsieur Ouattara qui par une ordonnance se substitue à une loi organique pour créer un sénat totalement inutile. Je le vois s’imposer à 7 ou 8000 grands électeurs, d’aller à des élections sénatoriales d’une institution inutile mais qui va coûter cher sans qu’on ait pris le temps de réviser la liste électorale globale.

Élection de 2020

DW : L’opposition et vous-même, souhaitez une recomposition de la commission électorale indépendante. Est-ce que votre parti le LIDER prendra part aux prochaines élections ? Dont les toutes premières, les sénatoriales, prévues le 24 mars prochain ?

Si M. Ouattara voulait que les autres partis politiques prennent part à ces élections sénatoriales, il aurait attendu d’organiser d’abord les élections municipales et régionales, avoir les grands électeurs en début de mandat, pour construire son sénat mais il n’aurait pas utilisé les maires, les conseillers régionaux, les conseils municipaux sortants pour construire son sénat. En 2016, aux législatives, je n’étais candidat à rien. Je me prépare pour 2020.

DW : Vous visez donc plutôt l’élection présidentielle ?

Je pense qu’après avoir été ministre des finances, après avoir été ministre des finances toutes ces années, n’ayant pas pu impulser les changements dont je rêve, le poste de président de la République est celui qui, désormais, devrait me permettre d’impulser le changement, de décider ce qu’il y a à faire, de transformer les institutions et la vie des populations ivoiriennes. Cela depuis le foncier rural jusqu’au régime parlementaire et en passant par la lutte contre la corruption.

DW : Et quelles sont vos chances aux prochaines élections, notamment la présidentielle de 2020 ?

On verra quand nous serons à la veille de ces présidentielles. Pour le moment nous sommes à l’organisation des équipes et je n’ai pas d’élément suffisant pour évaluer mes chances. Mais si vous me demandez mon intime conviction, je dirais que je suis certainement celui qui a le plus de chance d’être président de la République en 2020.

SOURCE: connectionivoirienne

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