11212019Headline:

Côte d’Ivoire/Politique:Affi et Gbagbo Les deux camps s’affrontent

Affi N’guessan Pascal veut-il renouer avec ses camarades avec lesquels il s’était brouillé il y a maintenant cinq ans ? Depuis son retour tonitruant de Paris après la rencontre manquée avec Laurent Gbagbo en mars 2019, l’ancien Premier ministre était monté sur ses grands chevaux. Pour lui, la rupture était désormais consommée et Laurent Gbagbo classé dans ses souvenirs.

Ragaillardi et bluffé par le tapis rouge que lui déroulent le régime d’Abidjan et les missions diplomatiques en qualité de président légal du Fpi, ses soucis étaient désormais tournés vers la présidentielle 2020 après celle de 2015 où il n’avait pu franchir la barre des 10% des suffrages. Mais dans sa posture, le président du Fpi avait-il le sommeil tranquille ?
Depuis sa conférence de presse de mars 2019 où il avait vertement tancé Gbagbo, à ce jour, beaucoup d’eau a coulé sous le pont Houphouët-Boigny. Entre les laudateurs et autres troubadours qui le poussaient dans le dos pour accentuer la crise entre les deux camps, Affi N’guessan semble avoir choisi la voie du moindre mal. Lors d’un nouveau déplacement à Paris, il a eu à sa demande, selon ce qui est rapporté, un entretien avec Hanny Tchelley, ancienne animatrice télé, proche de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Une rencontre qui aura été un déclic puisqu’après, Affi N’guessan fera évoluer son discours. Du ton acerbe contre Gbagbo, il a embouché des propos plus conciliateurs, présentant même des excuses à ceux de ses camarades qui ‘’se sont sentis vexés’’ par ses propos tenus lors de sa conférence de presse de mars.

« Après ma visite manquée de Bruxelles, certains ont pu se sentir vexés par les propos que j’ai tenus de retour en Côte d’ivoire. Je voudrais dire toutes mes excuses à tous ceux qui se sont sentis vexés par tous ce que j’ai pu dire à cette occasion. Nous sommes tous faillibles nous avons des sentiments. Et dans certaines circonstances surtout comme celles que j’ai vécues iciéchapper. A ceux qui ont été vexés et qui ont éprouvé une frustration ou un sentiment quelconque vis-à-vis de cela, je voudrais leur présenter mes excuses ». Des propos qui ont été tenus le 3 novembre à Paris en présence de ses partisans lors d’une rencontre d’échange. Selon les mêmes sources, au cours de ce déplacement dans la capitale française, Affi a pu rencontrer l’ambassadeur Emmanuel Aka avec qui la rencontre avortée de Bruxelles avait été négociée de bout en bout.

Affi affirme avoir agi sous l’effet de l’émotion, lui qui reprochait à ses camarades leur posture émotionnelle qui les empêchait de faire un pas en avant. Il réalise là, que l’émotion est humaine face à la douleur. Tout peut alors recommencer. Son nouveau discours a suscité bien des réactions dans les deux camps jusque-là antagonistes. Comment les « Gbagbo ou rien », la frange jugée radicale du parti l’ont-ils appréhendé ? Qu’en pensent les proches d’Affi N’guessan ?
Kpéa Ben (SN Fpi Gor) : « Affi cherche une porte de sortie honorable parce qu’il sait que Gbagbo va rentrer »
Je pense bien qu’Affi cherche une porte de sortie honorable parce qu’il sait que Gbagbo va rentrer bientôt. Mais ce qui est déplorable, c’est que son pardon n’est pas directement adressé au chef (Gbagbo, Ndlr)

Blaise Lasm (SN à l’organisation, Jfpi Gor) : « Qu’il se décide à se désapparenter et à s’affranchir de Ouattara »
Je pense que ce sont des propos politiciens qui visent à émouvoir un auditoire qu’il savait hostile et à gagner la sympathie des plus émotifs. Ce qui nous importe avec lui est qu’il se décide à se désapparenter et à s’affranchir de Ouattara en rejetant à l’instar de toute l’opposition cette CEI partiale et inféodée au régime. Sa présence dans cette CEI crédibilise un processus mal ficelé et offre à Ouattara des arguments pour soigner sa communication qui sera axée sur une certaine «opposition» incarnée par Affi qui y siège. Qu’Affi respecte ou pas Gbagbo Laurent ou qu’il ait eu des paroles vexantes ou pas à son endroit, cela n’est pas important pour nous. Mais qu’il se fasse complice de Ouattara alors que les Ivoiriens souffrent tant sous sa gouvernance est ce qui nous dérange. Si Affi veut se repentir et faire amende honorable, qu’il arrête de faire siéger son faux Fpi à la CEI et qu’il reconnaisse le Congrès de Mama et se range derrière Laurent Gbagbo.

C’est si simple Sinon, il n’y a pas de malentendus entre lui et nous. Il y a que quelqu’un s’est donné pour mission de constituer une alternative à un leader qui était dans une situation qui nécessitait autour de sa personne une union sacrée. Gbagbo Laurent aux prises à des puissances impérialistes avait besoin que son injuste situation carcérale soit combattue en faisant de lui le pilier de toutes nos actions politiques afin de le rendre incontournable sur la scène politique et de faciliter sa libération par l’acquisition par tous, de ce postulat. Mais hélas, Affi N’guessan y a vu une occasion de s’affirmer et de reléguer au second plan le martyr que vivait son Chef. Là où on avait besoin de mettre Gbagbo au centre de tout pour forcer sa libération, Affi a préféré démontré qu’on pouvait faire sans Gbagbo. Donc sa libération n’était pas une condition préalable à la paix en Côte d’Ivoire, selon lui. Fort heureusement, les militants ne l’ont pas suivi dans ses errements. La réconciliation au FPI est en marche, elle poursuit son chemin allègrement et la présence d’Agnès Monnet, Amani Michel et de tous ces cadres, hier, proches d’Affi démontre que c’est un processus irréversible qui s’est enclenché. Si Affi le souhaite, il prendra le train en marche et il sait ce qu’il a à faire.

Koné Ladio dit Sankara (Fpi pro Affi, France) : « Je souhaite que tous ceux qui ont été vexés acceptent ses excuses »
J’accueille ce discours avec satisfaction en ce sens que ce discours contribue à apaiser la situation au sein du parti. Il est évident que le discours d’Affi après la rencontre manquée de Bruxelles était la réaction d’une personne profondément blessée qui s’est sentie humiliée. Et l’homme a ceci d’animal. S’il se sent acculé, il réagit. C’est ça, mais il aurait dû garder son calme. Cette déclaration d’excuses me satisfait, et je souhaite que tous ceux qui ont été vexés acceptent ses excuses, et qu’on reparte du bon pied. Tournons la page de cette crise et tournons-nous résolument vers la reconquête du pouvoir en 2020. Il est à portée de main.

Plus qu’un déclic, c’est la confirmation d’une position affirmée dès le début de la crise en 2014. Le rapprochement pour nous est une nécessité. Nous espérons une nouvelle rencontre entre les deux hommes et nous le souhaitons pour renforcer la dynamique unitaire nécessaire à l’alternance politique en 2020.’

connectionivoirienne

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