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Côte d’Ivoire: Pour échapper à la CPI- Voici Comment Soro manœuvre pour piéger Ouattara

soro et photocopie

Le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro Kigbafori, ne veut pas se retrouver dans les filets de la Cour pénale internationale (CPI). Pour rien au monde. Or, il se murmure que la procureure de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda, veut s’intéresser aux forces proches du pouvoir actuel ayant combattu d’abord pendant la rébellion armée et durant les mois de la crise postélectorale. Il n’en fallait pas plus pour que le chef officiel de la rébellion, Guillaume Soro, se sentant visé et très concerné, jette toutes ses forces dans la bataille pour essayer d’échapper aux griffes de la CPI. Et la stratégie toute trouvée serait, au dire de sources proches du RHDP, de se cacher derrière le chef de l’Etat, Alassane Ouattara et son parti, le RDR. D’où la phrase qu’il a prononcé, samedi dernier, à Koumassi à l’occasion d’un semblant de cérémonie de réconciliation entre le ministre Bacongo et son rival local Adou Assalé. « J’étais allé en mission, je reprends ma place », a en effet déclaré le patron de l’hémicycle, comme pour dire qu’à la tête de la rébellion, il était en mission pour le parti à la case. Et qu’en conséquence, il n’entend pas payer seul.
A la vérité, selon plusieurs sources généralement bien informées, ce meeting rentre dans la stratégie de communication du député de Ferkessédougou qui multiplie depuis peu les sorties médiatiques pour ameuter son petit monde. C’est dans ce cadre qu’il faut situer l’interview fleuve accordée à ses amis du quotidien « Nord Sud », il y a quelques jours, et la prochaine rencontre de Yamoussoukro prévue pour se tenir le samedi 18 avril 2015.
A cette occasion, les stratèges de M. Soro, qu’il a réuni récemment autour de lui au Parlement, entendent faire dire à des mouvements et associations créés pour la circonstance, qu’ils souhaitent que le président du parlement soit désigné pour diriger la campagne d’Alassane Ouattara d’octobre prochain.
Mais dans les couloirs de la Rue Lepic, siège du RDR, les manœuvres du président de l’Assemblée nationale font sourire plus d’un. « Soro ne peut pas dire que c’est maintenant qu’il revient reprendre sa place au RDR alors qu’il est député RDR et président de l’Assemblée nationale pour le compte du parti depuis 2011. La ficelle est trop grosse. Mais, il faut qu’il sache que nous ne le laisserons pas mêler le président Ouattara à ses ennuis judiciaires internationaux », a commenté, en début de semaine, un cadre du RDR, le sourire en coin. Comme pour rappeler au chef de file de la rébellion de 2002, qu’en cas de pépin avec la CPI, il devra compter sur lui-même. Et non sur le parapluie présidentiel. Que pense M. Ouattara de tout ça ? « Il voit le petit venir et il regarde », ajoute sobrement notre interlocuteur. Pour dire que toutes les options sont sur la table. Pas de quoi vraiment rassurer.
Ainsi donc, au moment où certains laudateurs du chef de l’Etat annoncent sans coup férir une élection à la soviétique, en octobre prochain, une mauvaise surprise venue de La Haye pourrait secouer l’édifice. Et faire sortir le long fleuve RHDP de son lit.
Guillaume T. GBATO

notre Voie

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