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Côte d’Ivoire/ PPA-CI : Justin Katinan Koné recadre la FIDH

Le représentant de la Fédération internationale de droits de l’Homme ( 𝗙𝗜𝗗𝗛), faisant le point de sa mission en Côte d’Ivoire, a tenu des propos tendancieux sur l’acquittement du président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé par la CPI. Suite à cette sortie honteuse, le PPA-CI, à travers Justin Katinan Koné, son porte-parole, a fait une déclaration pour recadrer la FIDH. Ci-dessous, ladite déclaration.

En faisant devant la presse, le vendredi 10 décembre 2021, le point de sa mission de plaidoyer menée conjointement avec le Mouvement Ivoirien des Droits de l’Homme (MIDH) et la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO), monsieur Alexis Deswaef, vice-président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) déclarait :

« 𝗔𝘂 𝗻𝗶𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹, 𝗹’𝗮𝗰𝗾𝘂𝗶𝘁𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗿𝗺é 𝗲𝗻 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹 𝗹𝗲 𝟯𝟭 𝗺𝗮𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗹’𝗮𝗻𝗰𝗶𝗲𝗻 𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗯𝗮𝗴𝗯𝗼 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗮𝗻𝗰𝗶𝗲𝗻 𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗖𝗵𝗮𝗿𝗹𝗲𝘀 𝗕𝗹é 𝗚𝗼𝘂𝗱é, 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗮 𝗖𝗣𝗜, 𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗮𝗰𝗿é 𝗹’𝗶𝗺𝗽𝘂𝗻𝗶𝘁é 𝘁𝗼𝘁𝗮𝗹𝗲 𝗱és𝗼𝗿𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗮𝗰𝗰𝗼𝗿𝗱é𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗮𝘂𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗿𝗶𝗺𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗿𝗶𝘀𝗲 𝗽𝗼𝘀𝘁é𝗹𝗲𝗰𝘁𝗼𝗿𝗮𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝟮𝟬𝟭𝟬 à 𝟮𝟬𝟭𝟭 𝗲𝗻 Côt𝗲 𝗱’𝗜𝘃𝗼𝗶𝗿𝗲. 𝗟’𝗮𝗰𝗾𝘂𝗶𝘁𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝘀𝗲𝘂𝗹𝘀 𝘀𝘂𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿𝘀𝘂𝗶𝘃𝗶𝘀 𝗱𝗲𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗖𝗣𝗜, 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗶𝗳𝗶𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗵𝗮𝘂𝘁𝘀 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗼𝗻𝘀𝗮𝗯𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘀 𝗰𝗿𝗶𝗺𝗲𝘀, 𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗽𝗮𝗿𝗺𝗶 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼 𝗚𝗯𝗮𝗴𝗯𝗼 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼 𝗢𝘂𝗮𝘁𝘁𝗮𝗿𝗮 𝗻𝗲 𝘀𝗲𝗿𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗯𝗮𝗯𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗶𝗻𝗾𝘂𝗶étés ».

Ces propos extrêmement graves, tenus par un responsable aussi important d’une Organisation Non Gouvernementale (ONG) des droits de l’homme, ont de quoi inquiéter, puisqu’ils semblent jeter un doute sur la portée de la décision d’acquittement du 15 janvier 2019, décision intervenue à la suite d’un procès qui a duré dix (10) ans, mobilisé quatre-vingt-deux (82) témoins à charge et plusieurs milliers de preuves documentaires dont des preuves versées par la FIDH à la Procureure de la CPI.

Sauf pour la FIDH, à considérer les magistrats de la CPI comme des juges incompétents ou suspects, ou à vouloir condamner coûte que coûte, voire sans preuves, des innocents d’avance désignés comme des coupables, l’acquittement du président Laurent Gbagbo et du ministre Blé Goudé ne saurait, en aucun cas, consacrer l’impunité parce qu’il est intervenu après un procès équitable, transparent, mené selon les normes du Traité de Rome, mais surtout, parce qu’il y a d’autres protagonistes dans la crise qui peuvent et doivent être poursuivis afin de faire éclater la vérité.

En effet, en autorisant la procureure à enquêter sur la situation en Côte d’Ivoire, le 3 octobre 2011, la chambre préliminaire de la CPI avait pris bonne note de l’intention de celle-ci, d’enquêter « tant sur les actes imputables aux forces pro- Gbagbo que sur ceux imputables aux forces pro-Ouattara ». La procureure Bensouda avait, à plusieurs reprises, souligné que l’enquête sur d’éventuels crimes commis par le camp de l’actuel président Alassane Ouattara se poursuivait activement. Plus récemment, le 10 novembre 2021, le président de la CPI, lors de son discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU, déclarait à propos de la « Situation en Côte d’Ivoire » que « le Bureau du Procureur a effectué seize (16) missions dans trois (3) pays et a continué de recueillir des éléments de preuve concernant les crimes qu’auraient commis les autres parties impliquées au cours des violences qui ont suivi les élections (de 2010, ndlr) ». Il résulte de toutes ces informations que la CPI ne désespère pas de rendre justice et que l’acquittement des uns, ne saurait être interprété comme consacrant « l’impunité totale ». Comment, la FIDH peut-elle alors, en toute bonne foi, parler de consécration de l’impunité après l’acquittement des deux ex-accusés, alors même que cette ONG se garde de réclamer la poursuite des suspects dans l’autre camp.

Il est d’ailleurs étonnant de constater que la CPI ne réagisse pas à de tels propos pour faire le point sur l’état de ces procédures et s’expliquer notamment sur les lenteurs dans le dossier.

Pour ce qui est du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé, les juges ont décidé après dix (10) années de procès, de les acquitter. A cet effet, il importe de rappeler à la FIDH que la « faiblesse exceptionnelle des preuves » qui a fondé la décision d’acquittement, a été manifeste lors des trois (03) étapes cruciales dans la procédure, notamment au moment de la confirmation des charges, en 2013, puis devant la Chambre de première instance, en 2019 et enfin, devant la Chambre d’appel, en 2021. Nous voudrions aussi rappeler à l’intention la FIDH, que les juges de la CPI n’ont même pas eu besoin de faire appel aux témoins des deux accusés. Ils ont estimé que les quatre-vingt-deux (82) témoins de l’accusation les déchargeaient suffisamment et que la procureure Bensouda, malgré le temps de rallonge qui lui avait été accordée en 2013 pour compléter son enquête, n’a pas pu prouver qu’ils avaient commis les crimes qui leur étaient reprochés.

C’est d’ailleurs l’occasion de relever que, au contraire de l’affaire UHURU Kenyatta dans laquelle le procureur, bien qu’ayant abandonné les charges, a indiqué que l’affaire peut être évoquée à tout moment, « si de nouveaux éléments de preuve étaient portés à sa connaissance », l’affaire Gbagbo-Blé Goudé est close, définitivement, avec un verdict que le monde entier connait, à savoir l’acquittement.

Les pro-Gbagbo ont donc été déjà jugés. De quoi parle donc la FIDH ? La FIDH doit respecter la décision de la CPI et éviter de manipuler l’opinion. L’acquittement définitif prononcé ne consacre nullement l’impunité du camp Gbagbo mais bien au contraire son innocence. Il ouvre plutôt le champ à la poursuite du procès dans l’autre camp.

𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗣𝗔-𝗖𝗜, 𝗹𝗲 𝗣𝗼𝗿𝘁𝗲-𝗽𝗮𝗿𝗼𝗹𝗲
𝗟𝗲 m𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗝𝘂𝘀𝘁𝗶𝗻 𝗞𝗮𝘁𝗶𝗻𝗮𝗻 𝗞oné

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