01232017Headline:

Côte d’Ivoire–Presidentielle 2015/Danièle Boni Claverie tire la sonnette d’alarme :Attention,il y a danger

Boni Claverie

Absence de dialogue, processus électoral… Danièle Boni Claverie: Attention, il y a danger

Danièle Boni-Claverie, conformément à la tradition akan, a été reçue par ses parents de Tiassalé (sa ville natale), le samedi 19 septembre 2015, à l’effet de sacrifier à un rituel de purification, après 8 mois de prison à Boundiali, pour avoir soutenu le président Gbagbo et fait partie de son dernier gouvernement. L’ex-ministre de la Famille, de la Femme et de l’Enfant a profité de cette tribune pour tirer la sonnette d’alarme.

Sur la place du marché, la présidente de l’Union Républicaine pour la Démocratie (URD) a tiré la sonnette d’alarme face à un autre drame qui guette la Côte d’Ivoire après celui de 2011. Eu égard à l’entêtement du pouvoir actuel à aller aux élections sans tenir compte des griefs des partis de l’opposition. «En 2010, la préparation de la présidentielle avait fait l’objet d’un large consensus et d’accords politiques pour rapprocher les points de vue entre le pouvoir d’alors et l’opposition, a rappelé Danièle Boni-Claverie qui a énuméré ces points qui ont fait l’objet de consensus, à savoir l’article 48 qui a permis de retenir la candidature d’Alassane Ouattara, la Commission électorale indépendante (CEI) quand bien même elle était largement dominée par l’opposition, les étapes du mode opératoire du processus électoral (liste électorale, validation de ladite liste, lieux de vote, nombre et localisation), la liste blanche ainsi que la liste grise.
Mais pour les élections de 2015, la présidente de l’URD déclare faire un triste constat. «Il n’y a ni concertation, ni dialogue (…) Nous avons même été écartés des discussions portant amendements au code électoral», a révélé Danièle Boni avant d’ajouter : «S’il n’y a pas de consensus entre le pouvoir et l’opposition, pas de liste électorale crédible donc pas d’élection transparente, c’est alors la porte ouvertes aux frustrations, au mécontentement, au ras-le-bol et aux coups de colère». La présidente de l’URD a alors averti : «Attention, il y a danger.»
«La réconciliation, je le répète, n’est pas faite. C’est une triste réalité et nous en avons eu une démonstration avec les manifestations éclatées de la jeunesse de la CNC. Il y a eu des morts parce que des heurts se sont transformés en affrontement communautaire», a indiqué l’ex-député de Tiassalé (1980-1985), avant de marquer sa crainte face à l’organisation «des élections dans un tel climat de tension.»

«Avec beaucoup de contorsions et sans jamais faire allusion à notre loi fondamentale, on a introduit des règles mathématiques dans un raisonnement juridique et c’est le droit qui a été mis à mal.»

La présidente de l’URD n’a pas également passé sous silence cette cerise sur le gâteau, notamment le récent arrêt du Conseil constitutionnel. « J’ai mal à mon pays parce que le droit n’a pas été dit (…) Avec beaucoup de contorsions et sans jamais faire allusion à notre loi fondamentale, on a introduit des règles mathématiques dans un raisonnement juridique et c’est le droit qui a été mis à mal», a regretté l’ex-ministre.
La présidente de l’URD, au regard de tout ce qui précède, persiste et signe sur la nécessité du report de l’élection présidentielle et la mise en place d’une plate-forme transitionnelle.
Danièle Boni-Claverie a également mêlé sa voix à tous ceux qui réclament, en signe d’apaisement, le retour du président Gbagbo, la libération de son épouse, de tous les autres détenus politiques et le retour des exilés. Elle dit avoir pardonné tous les torts qui lui ont été faits, malgré les incompréhensions, et a invité ses parents à faire pareil.
Daniel Aka Ahizi du PIT (parrain), Ouattara Gnonzié (RPP) et Henri Niava de l’USD, aux côtés de leur alliée de l’Alliance des Forces démocratiques (AFD-CI), ont apporté ont honoré de leur présence la cérémonie de purification.

Saint-Claver Oula

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