09202019Headline:

Côte d’Ivoire/ Présidentielle de 2020 : Noba Thomas Brice aussi, ambitionne de briguer la présidence de la République

Noba Thomas Brice ambitionne de briguer la présidence de la République en 2020 pour le compte de la Nouvelle convergence citoyenne (Ncc). Fils de feu Akayé Augustin Noba de Moossou, issu de la famille royale des Abouré de Grand-Bassam, et de feue Touré Assita Gondo, originaire de Touba, région du Bafing, Noba Brice se propose de refermer les pages noires de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Le candidat, actuellement en France, se dit convaincu de pouvoir changer la donne dans son pays.

Vous êtes candidat déclaré à la présidentielle de 2020, vous inscrivez-vous dans la rupture ou dans la continuité ?

La rupture, naturellement, car lorsqu’on porte et qu’on est habité par des convictions profondes, d’innovations sociales, d’équité et de justice sociale, on rêve éveillé, dans mon cas, de rendre l’existence plus sociable, vivable pour tous. Je porte une profonde et forte valeur : le partage. Nos prédécesseurs ont fait ce qu’ils avaient à faire, à un moment donné de l’histoire de notre pays. Nous nous trouvons désormais au 21e siècle, en plein dans la 3e révolution industrielle, celle d’Internet, du numérique. Un tournant historique. Je suis très heureux de vivre ce moment-là : l’ère du renouvellement, de la régénérescence, d’un nouvel ordre mondial. Nous avons pris la décision, avec des amis, des frères, des aînés, des femmes et des hommes, de faire de la politique autrement. Pas ce que nous avons longtemps connu. L’heure d’un véritable grand changement est arrivée. Sachons nous y adapter. C’est le choix responsable de la Ncc. J’ai pris la décision avec des pairs, de porter cette lourde tâche, de me présenter à la magistrature suprême, avec une seule et unique motivation : faire de la politique citoyenne autrement. Faire de la politique autrement, c’est éveiller les consciences et permettre à n’importe quel citoyen, de n’importe quel lieu géographique de Côte d’Ivoire, de contribuer concrètement à la gestion de la société ivoirienne. Nul ne possède la science infuse. Il nous faut dorénavant, une Côte d’Ivoire unie et non des intérêts, partisans, claniques et élitistes. La jeunesse de l’Afrique et celle de Côte d’Ivoire, rêvent d’un monde nouveau, d’un développement et d’une paix durable. La charte de la Ncc est très rigoureuse sur cet aspect de l’intégrité de ses membres : un état de ce que tu perçois et possèdes est réalisé à ton arrivée et à ton départ. Sans rigueur et exemplarité, notre pays rêvera toujours de développement, qui ne viendra jamais avec une corruption outrancière. L’intégrité se vit. La corruption est une prison de verre. Longtemps, nous avons été des innocentes victimes, otages, de « professionnels politiques ».

Que comptez-vous faire si vous accédez au pouvoir d’État ?

J’ai vécu tout ce que le peuple de Côte d’Ivoire a subi ces dernières années. Les troubles et conflits depuis la mort du père fondateur, feu Félix Houphouët-Boigny, de 1994 à 2011. Étant président, j’aurai la responsabilité d’une paix retrouvée. Faire la politique autrement, changer les mentalités, de paradigme et proposer une gouvernance véritablement démocratique intergénérationnelle. Ensuite, je traduirai en projet politique cette grande pensée : « la paix n’est pas un vain mot, mais un comportement», un état d’esprit, une mentalité, un mieux être et vivre ensemble surtout un idéal de vie. Il n’existe dans aucun pays au monde, de progrès ni développement avec des divisions, des troubles et des guerres. Je reconnais humblement comme vérité que « l’Etat d’un pays est à l’image des hommes politiques de ce pays ». Au pouvoir, je me soucierai du présent et de l’avenir du peuple et de la Côte d’Ivoire. Je mettrai en place mon programme de gouvernance, afin que les Ivoiriens se retrouvent dans une Côte d’Ivoire nouvelle, celle de la démocratie participative et citoyenne.

Que dites-vous sur la réforme de la Commission électorale indépendante, actuellement sujette à une controverse ?

Il est utopique de croire qu’une paix vraie peut s’instaurer que par des matraquages médiatiques. Nul n’est dupe. Des organes d’Etat aux ordres, nommés, sans unanimité et gouvernance démocratique dans les actes et faits, ne peuvent déboucher que dans la quasi-contestation indigne au 21e siècle. Ces pratiques datent d’une démocratie du moyen-âge. L’heure de la transparence, de la vérité, du pardon des cœurs, pas de façade, est arrivée si nous voulons une vraie paix en Côte d’Ivoire. L’État, un Président a des fonctions souveraines, régaliennes que nous connaissons tous, établies par une constitution. Faire croire au peuple que des programmes de développement sont le fait du prince est plus qu’exagéré. La Ncc a l’intime conviction, qu’une élection de façade, de manipulations grossières, ne ramènera jamais, une paix durable mais une paix précaire. Nous le savons tous d’avance, alors à quoi bon, faire croire, à qui, pour qui ? Les auteurs seuls, en connaissent les raisons profondes. La majorité des Ivoiriens en ont assez de vivre une peur permanente, des lendemains incertains.

En parlant de lendemains incertains, avez-vous des craintes relativement aux élections de 2020 ?

Les remèdes ou solutions non adaptés, provoquent, très souvent, les mêmes résultats. Ce qui était valable en 1960, 1970, 2000, ne peut l’être en 2019. Notre monde, aujourd’hui, n’a plus la même notion du temps qu’avant. Tout va vite, très vite. La gestion de la société ne peut se faire, comme à l’ère d’Aristote, ni celle de nos gouvernants d’avant ou après les indépendances. Ce que dit la Ncc sur la Côte d’Ivoire, l’est pour tout un continent, les 54 pays africains. La Ncc survient après avoir procédé pendant des années, à un état approfondi des lieux, après avoir fait un état de l’ensemble des pratiques de la vie politique. Les spécialistes et experts de la Ncc ont procédé à une autopsie de la situation. La Ncc est convaincue de l’existence d’un effet boomerang, de ses conséquences pour tous ceux qui tirent les ficelles.

Quel commentaire faites-vous des retrouvailles entre Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié ?

Que tous ces aînés, acteurs, « tous responsables » de l’histoire d’une page noire de la Côte d’Ivoire, se ressaisissent, fassent la paix des braves et surtout dépassent leurs égos, est louable. La Ncc craint, cependant, qu’une nouvelle parodie se mette en place. Dès lors, elle reste sur ses gardes et observe l’impact de telles actions. La Ncc est convaincue que les trois personnalités (Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié, ndlr) devraient s’asseoir autour d’une même table, faire la paix des cœurs. Cela est possible.

Si ces rencontres n’ont qu’une visée purement électorale, par rapport à 2020, alors, la Ncc continuera d’accueillir tous les Ivoiriens nouveaux rêvant d’une paix durable et les Ivoiriens de tous bords, réconciliés.

Le président Alassane Ouattara a annoncé des modifications de la Constitution, dans sa récente interview, à la veille de la célébration de l’anniversaire de l’indépendance. Êtes-vous favorable à une modification constitutionnelle ?

Mon avis serait favorable si et seulement ces modifications vont dans le sens d’une réunification de tous les Ivoiriens. La Côte d’Ivoire appartient aux Ivoiriens et à ceux qui ont acquis la nationalité selon les règles juridiques. Ce qui est important est de savoir qu’un pays survit à ses habitants et à ses hommes politiques. Pour la Ncc, c’est la Côte d’Ivoire qui compte et non les hommes politiques. Alors, si ces modifications vont dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire, nous les approuverons. Mais avec plus de prudence, nous attendons les articles concernés.

Êtes-vous favorable à un troisième mandat d’Alassane Ouattara en 2020 ?

Il y a un proverbe malinké qui dit « Massa kélin-té dougnian ban » c’est-à-dire « un seul roi ne termine pas le monde ». Si les textes de la Constitution lui permettent d’être candidat, ça ne nous gênerait pas. J’ai encore en mémoire ses propos lors d’une ses interviews. Il avait évoqué l’idée de passer le relais à une nouvelle génération et je pense qu’il s’agit de la nôtre. Sortir par la grande porte de l’histoire est le vœu que je formule. Je suis profondément conscient que le présent et l’avenir se nourrissent du passé.

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