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Côte d’Ivoire :Procès en Assises / Dogbo Blé explose : c’est « L’Onuci qui appuyait les Dozos

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Deux officiers supérieurs de l’Armée ivoirienne étaient à la barre hier, jeudi 19 février 2015 dans le cadre du procès en Assises des proches de Laurent Gbagbo.

Il s’agit de Dogbo Blé Brunot, ex-commandant de la Garde républicaine (Gr) et de l’Amiral Vagba Faussignaux, ancien commandant de la Marine nationale. Des deux auditions, celle du célèbre Dogbo Blé a été la plus animée. L’officier qui a déjà été condamné en octobre 2012 à 15 ans pour son implication dans l’assassinat du Colonel Dosso Adama est apparu sûr de son fait devant la Cour. Intérrogé sur ses activités lors de la crise post-électorale, l’ex-pensionnaire de l’école militaire française de Saint-Cyr a indiqué avoir toujours agi en « position défensive » attaqué qu’il était sur ses positions. Sur l’identité de ces agresseurs, Dogbo Blé a affirmé savoir peu de choses. L’officier reconnu pour sa loyauté envers Laurent Gbagbo a cependant attribué une de ses attaques à des chasseurs traditionnels Dozos aidés par des éléments de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci). « Je ne connaissais pas l’identité de ceux qui nous attaquaient puisqu’ils venaient souvent, la nuit. Mais, je me rappelle d’une fois où nous avons été attaqués vers midi par des Dozos qui étaient appuyés par des éléments de l’Onuci. Les Dozos étaient convoyés et avançaient derrière les chars de l’Onuci », a expliqué le militaire. Pour ce qui est de sa posture lors de la crise post-électorale, Dogbo Blé a assuré n’avoir jamais voulu ”personnaliser les débats”. A l’en croire, seule la volonté de « servir les institutions de la République” l’animaient pendant cette période. « Pour un soldat, le pays est au-dessus des Hommes. Quand la République est attaquée, le soldat se lève et se bat (…). Le Conseil constitutionnel a déclaré le président Laurent Gbagbo vainqueur des élections. Il a prêté serment devant le Conseil. A partir de ce moment, je ne me posais plus de question », a-t-il clamé.

Face à cette position, le Parquet général qui a évoqué le fait qu’Alassane Ouattara ait également été proclamé vainqueur à cette époque et reconnu comme tel par la Communauté internationale a demandé à l’ex-commandant de la Gr les raisons de son refus de faire allégeance à l’actuel président ivoirien. « M. Le président, depuis que je suis dans l’Armée, je n’ai jamais fais allégeance à personne. Ce sont les grands commandements qui font allégeance. Moi, en tant que chef d’unité, je n’ai pas à le faire », s’est-t-il défendu. L’accusé a, en outre, été questionné sur ses activités en tant que patron de la Gr. Dogbo Blé Brunot a ainsi expliqué que sa responsabilité se bornait à la sécurisation du palais présidentiel, du chef de l’Etat ainsi que des institutions de la République. « J’étais le responsable de la sécurité du Palais présidentiel. Je suis prêt à assumer mes responsabilités en tout temps et en tout lieu. Pendant toute cette crise, je n’ai fait qu’assurer la sécurité du Président. Je ne suis pas sorti de ce cadre », a-t-il dit à la Cour. Accusé, comme les autres proches de l’ancien président d’infractions telles que l’atteinte à la défense nationale, l’atteinte à la sûreté de l’Etat, le général a indiqué ne pas se reconnaître dans ces faits. « Je met quiconque au défi de m’apporter une seule preuve de ces accusations. Si on m’apporte ne serait-ce qu’une seule preuve, je me déclare coupable », a-t-il souligné.

Pour sa part, Vagba Faussignaux, fidèle à la ligne de défense des personalités pro-Gbagbo s’est arc-bouté à la décision du Conseil constitutionnel le 3 décembre 2011 pour justifier sa position pendant la crise. « Quand un président est investi par le Conseil constitutionnel, tous les Grands corps font allégeance au Chef de l’Etat. Gbagbo a été investi par le Conseil constitutionnel, les débats politiques ne nous concernent pas », s’es-t-il défendu.

Abraham KOUASSI

 linfodrome.com

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