11282020Headline:

Côte d’Ivoire : quand Emmanuel Macron justifie et défend la candidature et le troisième mandat d’Alassane Ouattara

Restitution du patrimoine africain, fin du franc CFA, lutte contre le terrorisme, relations entre la France et l’Afrique( la candidature du Président ivoirien, Alassane Ouattara): Emmanuel Macron a répondu aux questions de Benjamin Roger et de Marwane Ben Yahmed pour Jeune Afrique.

JA- En quoi la récente réélection d’Alassane Ouattara à un troisième mandat, lui aussi grâce à un changement de la Constitution, serait différente ?
EM -Le président Ouattara s’est clairement exprimé en mars pour dire qu’il ne ferait pas de troisième mandat. Je l’ai tout de suite salué. Un candidat avait été désigné pour lui succéder : le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly. Mais à quelques semaines de l’échéance, il s’est retrouvé dans une situation exceptionnelle avec le décès de ce dernier. Je peux vous dire, de manière sincère, qu’il ne voulait pas se représenter pour un troisième mandat.
Je pense vraiment qu’Alassane Ouattara s’est présenté par devoir
JA – Avez-vous essayé de l’en dissuader ?
EM- Nous avons eu une discussion très franche en septembre, quand il est venu ici. Tout le monde a bien noté ce long déjeuner en tête-à-tête que nous avons eu. Je lui ai dit ce que je pensais et j’ai entendu ses arguments et son inquiétude pour la stabilité du pays. Il a considéré qu’il était de son devoir d’y aller et qu’il ne pouvait reporter l’élection.
Nous avons continué à avoir des discussions durant la campagne, puis au soir même du premier tour et plus récemment, le 14 novembre. Il est maintenant de sa responsabilité d’œuvrer pour la réconciliation, de faire les gestes, d’ici aux élections législatives, pour pacifier son pays. Il est parfaitement conscient des tensions actuelles qui ont causé la mort de plus de 80 personnes.
Il lui faut également réussir à se réconcilier avec les grandes figures de la politique ivoirienne. Les initiatives prises à l’égard d’Henri Konan Bédié sont, à cet égard, importantes, de même que les gestes à l’intention de Laurent Gbagbo. Mais il faudra quoiqu’il arrive favoriser un renouvellement générationnel.
JA- La situation demeure tendue. Outre la reprise du dialogue avec Bédié et des gestes envers Laurent Gbagbo, que peut-il faire d’autre ?
EM- Ce sont déjà deux points très importants. Il appartiendra ensuite au président Ouattara de définir les termes d’une vie politique pacifiée. Il devra sans doute faire des gestes d’ouverture dans la composition du prochain gouvernement ainsi qu’à l’égard des jeunes générations des partis politiques. Dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 35 ans, il serait bon que le prochain président ait moins de 70 ans…
JA- Vous semble-t-il réceptif ?
Totalement. Il a lui-même hésité à introduire une limite d’âge dans la Constitution. Je vous le dis : je pense vraiment qu’il s’est présenté par devoir. Dans l’absolu, j’aurais préféré qu’il y ait une autre solution, mais il n’y en avait pas.

Voici qui est claire et net. Le président français reconnaît un troisièmement mandat du président ivoirien mais contraint par la mort de Feu Amadou Gon Coulibaly il s’est vue obliger de se se présenter à l’élection malgré les nombreuses contestations de l’opposition.

Sapel MONE

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