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Côte d’Ivoire /Rapport 2015 /Amnesty fait des révélations sur les dozo, les chefs de guerre pro-Ouattara …

dozos

Les activistes du bureau Côte d’Ivoire, soutenus par Me Alioune Tine, ont présenté le rapport 2015 d’Amnesty International

Amnesty international a publié mercredi 24 février, son rapport 2015 sur la situation des droits humains dans le monde.

Ce document qui dépeint les violations des droits de l’homme dans 412 pays à travers le monde, a été dévoilé à la presse au Plateau par la section Côte d’Ivoire. Livrant l’état des lieux dans ce pays, Hervé Delmas Kokou, directeur exécutif du bureau ivoirien, fait savoir que des centaines de détenus restaient toujours en attente de leur procès en lien avec les violences post-électorales de 2010-2011. A l’en croire, il reste préoccupant de constater que des responsables présumés des crimes commis pendant cette période échappaient toujours à l’obligation de rendre des comptes. « Les droits à la liberté d’expression et de réunion ont fait l’objet de restrictions, et les opposants politiques ont été la cible d’une vague d’arrestations arbitraires avant les élections. C’est notamment le cas de Hubert Oulaye, Koua Justin et Danon Djédjé ou encore de Samba David, qui a été gardé au secret pendant plusieurs jours », dénonce Amnesty. Dans le rapport rédigé avant 2016, M. Kokou relève que le procès de Laurent Gbagbo et Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (Cpi) était programmé pour 2016 alors que Simone Gbagbo n’avait toujours pas été remise à cette juridiction. Et ce, dira-t-il, « malgré le mandat dont elle faisait l’objet ». Sur le point de la justice nationale, Amnesty note que plus de 200 partisans de l’ex-président étaient toujours en détention pour des accusations, entre autres, d’atteintes à l’ordre public et de génocide en lien avec les violences ayant suivi les élections de 2010. « Parmi eux, se trouvaient plus de 30 personnes extradées du Liberia en 2012 et 2014. En août 2015, 20 militaires qui avaient soutenu le président Ouattara, dont Chérif Ousmane et Lossény Fofana, ont été accusés de crimes en lien avec les violences post-électorales. En mars, 78 partisans et proches de Laurent Gbagbo, dont Simone Gbagbo, ont été jugés par la cour d’assises d’Abidjan. L’observateur d’Amnesty, lors du procès, a relevé que la seule voie de recours proposée par la législation ivoirienne était le pourvoi en cassation, qui porte uniquement sur des points de droit, ce qui est contraire au droit d’interjeter appel auprès d’une juridiction supérieure pour les condamnations pénales. Le droit de recours a été d’autant plus compromis dans cette affaire que la Cour n’a pas fourni le texte intégral de sa décision », relève-t-il.

Des arrestations « arbitraires et des conditions de détention précaires » dévoilées

Concernant les arrestations et détentions jugées « arbitraires », Nathalie Kouakou-Tra, présidente d’Amnesty-Ci, qui a révélé que Simone Gbagbo échappait aux conditions de détention précaires dans les prisons parce que « détenue à l’école de gendarmerie », a renseigné qu’entre la mi-septembre et octobre, plus de 50 personnes, essentiellement des membres de l’opposition politique, ont été arrêtées. Et ce, après avoir participé à des manifestations pacifiques non autorisées. « Certaines ont été libérées, mais plus de 20, se trouvaient toujours en détention à la fin de l’année. Nombre d’entre elles ont été victimes de mauvais traitements et maintenues en détention au secret pendant plusieurs semaines. En septembre, l’opposant Samba David a vu son domicile saccagé et a été frappé à coups de crosse. Il a été détenu au secret pendant deux jours sans pouvoir consulter un avocat ni bénéficier de soins médicaux », fait savoir Nathalie Kouakou-Tra. Pour ce qui est de la liberté d’expression et de réunion, l’activiste à la tête de la section ivoirienne relève que les autorités ont interdit au moins 10 manifestations organisées par des Ong et l’une des tendances du principal parti d’opposition (Fpi). Elle a ajouté que son organisation restait préoccupée des conditions carcérales dans l’ensemble du pays. Sur ce point, le rapport dépeint le nombre élevé de détentions provisoires, les conditions sanitaires déplorables, l’absence d’infrastructures médicales adaptées, la non-séparation des enfants et des adultes et la forte surpopulation à la Maca. «A ce jour, plus de 200 pro-Gbagbo restent encore à la Maca (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan). Certains ont passé plus de 4 ans en détention préventive. Sur 33 prisons, 32 sont engorgées. Nous voulons que ces détenus d’opinion soient jugés rapidement pour être situés sur leurs sort. A défaut, qu’ils soient libérés en attendant leur procès », a recommandé Mme Tra.

Pression pour la poursuite de la coopération d’Abidjan avec la Cpi

Sur le volet de la justice internationale, le rapport fait remarquer qu’alors que Simone Gbagbo est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cpi pour crimes contre l’humanité, le président Ouattara a déclaré qu’aucun Ivoirien ne serait transféré à La Haye. Gaetan Mootoo, chercheur à Amnesty international sur l’Afrique de l’Ouest, à ce propos, estime qu’il ne faudra pas s’arrêter à un camp. « Tous les camps ont commis des exactions. Nous avons enquêté sur plus de 800 morts et disparus. A l’Ouest, nous avons dénoncé l’action des dozo (chasseurs traditionnels) qui se sont comportés en milices. Tous les camps doivent rendre des comptes devant la justice », a-t-il asséné. Sur le même sujet, Me Alioune Tine a estimé que tout Etat africain non doté d’une loi de compétence universelle en la matière comme le Sénégal, doit respecter ses engagements de coopération avec la Cpi à travers la ratification du Statut de Rome. « Si la Côte d’Ivoire se dote d’une loi de compétence judiciaire universelle, alors d’accord. Bien avant, il faut coopérer. C’est une obligation dont la Côte d’Ivoire ne peut pas se soustraire surtout que la justice est indispensable à la réconciliation », a déclaré le directeur du bureau Afrique de l’Ouest et du Centre d’Amnesty, qui a été pris à partie par des militants de sa structure actuelle qui lui ont reproché son « mutisme » sur les violations du pouvoir Ouattara.

TRAORE Tié

L’inter

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