09222017Headline:

Côte d’Ivoire –Remaniement /Qui part, qui reste?-« L’Eléphant déchaîné » juge tous les ministres de Ouattara selon leur bilan-lisez !

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Qui part, qui reste?-« L’Eléphant déchaîné » juge les ministres de Ouattara: Hamed Bakayoko, Patrick Achi, Anne Oulo, Toungara, Bacongo…
«L’Eléphant» l’a annoncé en novembre 2015. Contrairement à ce qu’il avait proclamé au cours du premier Conseil des ministres d’après élection présidentielle, le chef de l’Etat a bien mis à profit ses vacances sans repos réel sur le sol français, pour réfléchir à la taille du gouvernement qui l’accompagnera dans son second et constitutionnellement dernier mandat. Il y aura bien un réaménagement technique au cours du mois de janvier 2016. Ils en ont même eu de la chance certains ministres à qui notre Président, en plein Conseil des ministres du 23 décembre, a demandé de prendre la porte pour avoir « mal géré » les épisodes de la relation amicale entre le président de l’Assemblée nationale et la juge française. Sur intervention des uns et des autres, les deux ministres concernés par la colère de notre Président ont obtenu un répit. Pour combien de temps? Mais en réalité, ils ne sont pas les seuls. Plusieurs autres ministres sont dans le collimateur du Président qui devrait enfin les prier de soulager les Ivoiriens de leur présence au gouvernement.

Comme en début de chaque nouvelle année, «L’Eléphant» met dans ce numéro 410, le bilan, selon ses propres critères, des activités de nos ministres. Il y a une année, cela a été fait sous le titre: « Ceux qui ont bossé, ceux qui ont dormi ». Pour cette année, actualité oblige, nous vous le proposons sous le titre: « Ceux que Ouattara peut virer, ceux qu’il peut garder », même si chacun de nos lecteurs peut avoir ses propres appréciations.

Bonne année 2016 à tous nos merveilleux ministres.

Adama Toungara, il avait promis l’émergence d’Abobo sans Gbagbo

Le ministre – au départ de l’Energie, des Mines et du Pétrole – est finalement resté le ministre de l’Energie et du Pétrole. Ses descentes des mains en profondeur dans les mines ont écœuré les opérateurs de ce secteur qui ont tellement été satisfaits de son travail qu’ils sont allés crier leur ras-le-bol à la présidence de la République. Laquelle, pour les calmer, a dû, douloureusement, se passer de l’expertise du grand Toungara dans le secteur des mines. Résultat, il ne lui est resté que l’Energie et le Pétrole. Mais l’homme qui avait promis la fin des délestages en quelques mois, pour ne pas dire du mal de la gestion catastrophique des refondateurs, n’a pas tenu ses promesses. En lieu et place de la fin des délestages, il a transporté au domicile des Ivoiriens, une énergie bien plus énervante: une augmentation du prix du kilowattheure d’électricité consommée. Objectif? Réduire le déficit dans ce secteur. Mais la situation, même s’il faut reconnaître qu’elle est bien meilleure que sous le régime éclairé des refondateurs, n’est pas aussi belle que les Ivoiriens, sous les nombreuses déclarations d’Adama Toungara, étaient en droit d’espérer.

Dans le secteur du Pétrole également, la situation n’est pas très rose. Comme «L’Eléphant» l’a déjà conté, la production pétrolière de la Côte d’Ivoire n’a jamais été aussi basse que sous Adama Toungara. Au début, cette situation avait été expliquée par les investissements que l’Etat, paraît-il, était en train de réaliser dans le secteur. Sauf que la situation est moins brute dans la réalité. En réalité, la Côte d’Ivoire n’a toujours aucun contrôle réel sur sa production pétrolière en mer. Malgré la certification de la branche locale d’une ONG œuvrant pour la transparence dans le secteur des énergies extractives, tout n’est pas aussi transparent que cela dans ledit secteur. L’opacité continue de régner à une certaine échelle dans le secteur du pétrole ivoirien. En six ans, Adama Toungara, on peut le dire, a fait ses preuves. Il va peut-être – pour des raisons plutôt politiques que de compétence réelle – garder son portefeuille. Ouattara lui a déjà indiqué une fois la porte de sortie sur la base d’un rapport salé sur son compte, peut-être est-ce le moment à présent de remercier cet expert en Energie pour les services rendus à lui-même et très peu aux Ivoiriens. Cela est peut-être détachable de sa fonction de ministre mais s’il fallait en tenir compte, Adama Toungara devrait être prié d’aller se consacrer au bonheur des populations de la grande commune d’Abobo où il sévit depuis 15 bonnes années en qualité de maire. En juin 2015, il avait justifié son échec dans cette commune qui fait partie des plus sales de la Côte d’Ivoire, par la « haine » que Gbagbo, selon lui, éprouvait pour cette commune. Et, dans la foulée, il avait promis l’émergence de cette commune après la chute de Gbagbo. Six ans plus tard, Abobo reste aussi malfamé, sinon bien encore plus, que lorsque Gbagbo était au pouvoir. Avec en prime, maintenant, les « microbes » qui font le bonheur des populations dans cette commune et qui exportent même à présent leur expertise dans les autres communes. Bravo! Adama Toungara devrait être libéré pour aller faire le bonheur des populations d’Abobo. Il leur manque trop, et le Président devrait leur laisser le bonheur de disposer enfin de leur maire.

Jean Claude Brou et les orpailleurs …

Jean Claude Brou, ministre de l’Industrie et des Mines. Taciturne et moins prolixe sur les questions des Mines et de l’Industrie, il a à son actif le nouveau code minier qui a été adopté après un bras de fer avec le Groupement des miniers de Côte d’Ivoire et les autres faîtières. Mais Jean Claude Brou continue de lever les mains au ciel d’impuissance devant le règne des orpailleurs. La prolifération de cette activité touche 24 régions sur les 31 que compte la Côte d’Ivoire et est exercée par plus de 500 000 personnes dans les zones rurales. Malgré la mise sur pied d’un programme de rationalisation de l’orpaillage, nos forêts continuent d’être écumées par les orpailleurs clandestins qui utilisent le cyanure, (produit hautement toxique et nuisible pour la nature). L’activité minière ne représente pas plus de 5% du PIB. Le sous-sol ivoirien contient de l’or, du diamant, du fer, du nickel, du manganèse, de la bauxite et du cuivre. Seuls l’or et le manganèse sont exploités industriellement. Jean Claude Brou n’y a pas apporté grand-chose. Et, il aurait, selon de mauvaises langues, attrapé tous mes vilains virus qui ont emporté Adama Toungara. Il continuerait de voyager à bord des « jets » privés de certains opérateurs du secteur. Ce qui a pour conséquence de faire briller les « amitiés » paralysantes et les conflits d’intérêt. Si Ouattara le garde au gouvernement, on se poserait bien des questions.

Gnamien Konan: Il a enfin réalisé son rêve!

Transfuge du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative où il a tenté un ou deux trucs (des réformes) intéressants, l’ancien patron des douanes ivoiriennes s’est retrouvé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. C’était son rêve. Sauf que depuis, Gnamien Konan n’a eu que des problèmes dans ce ministère avec des enseignants incontrôlables et des étudiants regroupés dans certains syndicats et qui se criminalisent au fil des mois, sous les yeux de tous. L’héritage du « départ nouveau » annoncé par celui qu’il a remplacé à ce poste est une bien lourde charge. Il n’a pas encore passé beaucoup de temps dans ce ministère mais chacun se rend bien compte que Gnamien Konan n’arrive guère à y faire passer ses idées. Certaines de ses sorties et notamment son histoire de « on n’a pas besoin des littéraire » lui a attiré le courroux de tous les enseignants de langue qui se sont déchaînés dans les journaux contre sa personne. Aujourd’hui, selon certaines mauvaises langues, Gnamien Konan pense qu’en dehors de mesures radicales soutenues par la présidence de la République pour mettre de l’ordre dans les universités, l’enseignement public ivoirien est perdu. C’est que son rêve d’influencer positivement l’avenir de ce pays en œuvrant à un fonctionnement rationnel des universités avec une formation digne de ce nom pour les étudiants, dans le contexte actuel, est plutôt un cauchemar. Après les dernières violences sur certains campus avec mort d’homme à la clé, Gnamien Konan n’a toujours pas réussi à faire adopter par le Conseil des ministres, les décisions prises par la Présidence de l’Université de Cocody et qu’il soutient. A cette allure, on se demande si Gnamien Konan, finalement, ne va pas attendre son heure étant donné qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. En quittant la douane, il voulait diriger, non pas un ministère, mais plutôt la Côte d’Ivoire. Peut-être, devant le bilan tant à la Fonction publique où ses réformes n’ont pas réellement été soutenues qu’à l’Enseignement supérieur qui est décidément ingouvernable, il va peut-être prendre les devants. Partir du gouvernement. Ses rêves ayant finalement du mal à se réaliser dans les ministères, y compris même celui d’être le directeur national de campagne de sa majesté l’empereur Ouattara II, pourquoi ne pas aller peaufiner ses idées pour 2020, puisqu’il a déjà déclaré que «l’appel de Daoukro» ne le concerne pas?

Cissé Bacongo: il assume son surnom de « Picasso »

On peut le considérer comme l’un des doyens du gouvernement tant il y a duré. Nommé ministre sous Laurent Gbagbo, cet homme qui n’a connu Alassane Ouattara – alors qu’il était un cadre du FPI – à la suite d’un article de presse est devenu depuis, l’un des plus proches collaborateurs du Président ivoirien. Son passage au ministère de l’Enseignement tant sous Gbagbo que sous Ouattara s’est terminé de façon plutôt enflammée avec une tentative de lynchage à laquelle il a échappé de justesse sur le campus de Cocody. Les étudiants, écœurés selon eux par le « départ nouveau » qui a coûté plus de 150 milliards alors qu’ils n’avaient pas selon eux de micros dans les amphithéâtres, ont tenté de passer leur colère sur son corps. Pour lui permettre d’oublier sans doute ce traumatisme, il a été envoyé au ministère de la Fonction publique où il s’est tout de suite retrouvé dans un conflit avec l’ex-Directrice de l’Ecole Nationale d’Administration, à la suite d’une sombre affaire qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Dans le gouvernement de Ouattara, Cissé Bacongo fait partie de ceux qu’on appelle les «Marcoussis», en fonction de leur temps de présence. Chaque fois qu’un nouveau gouvernement a été annoncé, les Ivoiriens l’ont vu sortant mais il est toujours resté. De passage récemment dans les locaux de «L’Eléphant» dans le cadre d’une interview, Cissé Bacongo avait déclaré qu’il ne verrait pas son départ du gouvernement comme un drame, vu qu’il estime avoir servi « son pays ». Accusé à tort selon lui d’être un homme violent, il revendique sa proximité avec le Président Ouattara qu’il entend servir partout où il serait appelé avec déférence, beaucoup le voit, pour le futur gouvernement, plutôt sortant. Mais Cissé Bacongo que les étudiants ont surnommé « Picasso » – ce qu’il dit assumer avec joie – continue sans doute de dormir sur ses deux oreilles. N’ayant pas son pareil pour faire de l’agitation des idées, il continue de faire parler de lui chaque jour dans la presse. Il a sans doute une arme secrète qui pourrait encore le protéger…

Sidi Tiémoko Touré: Il donne beaucoup de chèques.

A entendre parler Sidi Tiémoko Touré, ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Promotion de la jeunesse et de l’Emploi des jeunes, l’on est sur le point de dire que tous les jeunes de Côte d’Ivoire ont ou auront bientôt du travail, et pas n’importe lequel. Les chiffres, il les manipule à souhait depuis le 22 juillet 2015. L’émergent projet «Agir pour les jeunes» piloté par l’Agence Emploi Jeunes (AEJ) n’a pas encore financé depuis 6 mois, un seul projet. Les bénéficiaires sont dans l’expectative. Ceux qui ont eu la chance de bénéficier de financements partiels des projets de la Fiden et de l’ex-FNJ en sont encore à se demander ce qu’ils ont fait au bon Dieu.

A ce bilan s’ajoute un Salon de l’emploi direct qui a refusé indirectement des sans emplois sur le boulevard Latrille. Mais, avant et précisément le 22 octobre 2015, notre jeune ministre, sous un air de campagne électorale, a pu faire salle comble au Stade Robert Champroux pour parler des ambitions de l’empereur Ouattara II pour sa jeunesse. Sous les caméras de la RTI, il a distribué beaucoup de chèques à des jeunes. Mais comme l’infernal « Eléphant » l’a conté, ceux qui ont reçu ces chèques sont sur le point de crier à l’arnaque. On se demande bien si Ouattara est au courant de cette affaire…mais notre jeune Sidi à de fortes chances de conserver son chéquier dans le prochain gouvernement vu que notre Président entend continuer à créer des emplois et encore plus que lors de son premier mandat.

Anzoumana Moutayé, Ministre de l’Entreprenariat national, de la Promotion des PME, de l’Artisanat et du MFA!

Tout semble marcher sur des roulettes pour le moment entre le Ministre (MFA pro-Ouattara) Anzoumana Moutayé, ministre de l’Entreprenariat national, de la Promotion des PME et de l’Artisanat, et ses alliés. Après toutes ses consultations avec les forces vives de son ministère, il est à l’œuvre, dans un grand silence, pour exécuter les projets à lui confiés. C’est-à-dire pas grand-chose. Il est arrivé au gouvernement – ayons le courage de le dire – pour avoir « emmerdé » le fondateur du parti, un certain Anaky Kobena qui ne voulait pas se tenir tranquille. Sa nomination n’est que la récompense d’une traitrise et non pas la reconnaissance d’un quelconque mérite. Va-t-il rester au gouvernement ? Sans doute qu’avec les millions de voix qu’il a apportées au candidat Ouattara, ce dernier va réfléchir par deux fois avant de le remercier. Mais les Ivoiriens veulent-ils encore de ce genre de promotions-traitrises qui alourdissent les charges du contribuable sans que ce dernier n’en tire réellement aucun profit?

Gaoussou Touré: le champion des réformes.

Les réussites du ministre des Transports, ce sont les transporteurs qui en parlent le mieux. « Il n’a rien réussi du tout, ce monsieur. On se demande même ce qu’il fait dans ce gouvernement depuis si longtemps ». C’est un président d’une coordination des responsables de ce secteur qui parle ainsi. Il est trop dur celui-là. Pour ceux qui l’ignorent, Gaoussou Touré a fait de merveilleuses choses. Il a créé les plus belles gares routières d’Afrique à Adjamé, capitale du désordre, des mauvaises odeurs et des montagnes d’ordures. Il a remplacé tout le parc automobile pourri des professionnels du secteur. Il a mis fin à la corruption dans l’établissement des permis de conduire et des autres documents afférents aux véhicules. Il a mis fin au règne des voyous qui se font appelés syndicalistes et qui terrorisent les transporteurs dans les gares routières. Avec sa grande réforme du secteur, comme il l’a dit lui-même, le monde entier envie désormais la Côte d’Ivoire qui reste le secteur de transport le plus performant au monde. Bref, Ouattara serait « fou » de se séparer d’une telle éminence. Mais quel bien fou il ferait à la Côte d’Ivoire en ne le gardant pas aussi…

Daniel Kablan Duncan

Le Premier ministre est le plus grand défenseur des chiffres et de la croissance version émergence, à la couleur ivoirienne. Quoi de plus normal. C’est un fidèle compagnon de notre Président. On peut lui reprocher d’avoir abandonné enfin sa chanson sur la croissance à deux chiffres à laquelle personne ne croyait en réalité; mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas être un grand travailleur. Ses chances de demeurer à la tête du gouvernement – surtout qu’il a l’intelligence, paraît-il, de n’avoir aucune ambition présidentielle – sont très grandes. Et, ils ne sont pas nombreux, les Ivoiriens qui y verraient du mal.

Hamed Bakayoko: Il a pris de la graine.

Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité a pris de la graine à son poste. Ils n’étaient pas nombreux, ceux qui lui prédisaient une longévité à son poste. Réputé pour ses sorties dansantes – ce qu’il ne nie pas d’ailleurs – il dit à présent que ses lourdes responsabilités ne lui laissent plus la possibilité de faire certaines choses. On ne peut qu’être d’accord sur cela tant le changement a été radical. A son actif, à la tête de son immense ministère, de meilleures tenues pour nos vaillants policiers et policières, la disparition de nombreux barrages à Abidjan – même si nos « amis » procèdent autrement à présent dans le racket -, une certaine diminution du banditisme même si là également, beaucoup reste à faire avec le règne des « microbes », un dossier que notre ministre a plutôt mal appréhendé au début. Considéré comme l’un des proches de notre Président, Hamed Bakayoko ne s’est toujours pas beaucoup exprimé sur la lancinante question des beaux impayés des policiers dont chacun sait que certains ont été humiliés par les propriétaires maisons dans lesquels ils vivaient et que, désormais, personne ne veut donner sa maison à un policier, à moins que ce dernier s’engage à payer lui-même son loyer. Mais, même avec ces points noirs sur son tableau, l’on ne voit pas comment Ouattara pourrait se passer de lui dans un futur gouvernement tant l’homme est au cœur du système et s’est énormément amélioré dans le traitement de plusieurs dossiers plutôt chauds. De passage sur un plateau de télé panafricaine, il a répondu sur la question d’une future candidature à l’élection présidentielle en 2020 qu’il n’est pas de ceux qui se donnent des missions que le peuple ne leur a pas confiées. Ce qui veut dire: « chaque chose en son temps ». On peut dire que du temps, il en a devant lui.

Diby Koffi Charles

Il s’est désormais reconverti en chantre de l’écodiplomatie qu’il essaie de faire émerger. Arès avoir été éloigné du ministère de l’Economie et des Finances où il a rendu d’énormes services à Laurent Gbagbo dans un contexte de guerre, il fait son possible pour exister dans son nouveau ministère, les Affaires étrangères. Le dossier « Soro Guillaume » lui a donné récemment des nuits blanches mais il devrait survivre, surtout que la discrétion demeure toujours son crédo. Agir et faire moins de bruits.

Dosso Moussa

Le ministre d’Etat, ministre de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Enseignement professionnel, demeure toujours célèbre avec son fameux nœud papillon. On peut noter de lui qu’il a été avec sa collègue de l’Education nationale et de l’Enseignement technique et de celui de l’Enseignement supérieur secoué par des grèves intempestives des enseignants pour la revalorisation de leurs salaires pour une nette amélioration de leurs conditions de vie. Très effacé comme d’habitude, il essaie autant que faire ce peu d’être un homme politique incontournable. Il aurait décidé de se réveiller tout récemment en remplaçant son Directeur de cabinet par son Directeur de cabinet adjoint. Mais il n’est pas à l’abri de certains grincements de dents de certains syndicats de l’Enseignement professionnel qui menaceraient de faire la grève si des solutions ne sont pas trouvées; des solutions à des mutations qu’ils jugent illégales.

Mathieu Babaud Darret, ministre des Eaux et Forêts

Après l’adoption en 2014 d’un nouveau code forestier qui n’a guère découragé les bourreaux de la forêt ivoirienne, sinon les réconforter dans leur activité de destruction de la forêt, le ministre des Eaux et Forêts, Mathieu Babaud Darret, a remis le couvert en 2015. Depuis près de 5 ans, les états généraux de la forêt, de la faune et des ressources en eau annoncés mais jamais organisés, ont enfin eu lieu. Le Ministre Babaud Darret a pu relever ce défi, en organisant dans le mois de novembre 2015, ces fameux états généraux de la forêt, de la faune et des ressources en eau. Une vingtaine de résolutions ont été prises à l’issue de ce forum pour permettre au patrimoine forestier de retrouver sa jouvence d’antan. Si bien sûr ces résolutions ne sont pas rangées dans les tiroirs. Mais ce n’est pas tout! Face à la pénurie d’animaux au zoo d’Abidjan, Babaud Darret a également eu une idée étincelante: Importer les attrayants zèbres d’Afrique du Sud en Côte d’Ivoire pour venir étoffer le maigre effectif animalier du zoo abidjanais. Le hic, quelques semaines seulement après l’arrivée de ces animaux, qui ont certainement coûté une fortune à l’Etat ivoirien, certains parmi ceux-ci ont perdu la vie. Bravo monsieur le ministre pour ce travail acharné!

Mamadou Sanogo, ministre de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme

Animateur d’un ministère sur lequel repose la concrétisation d’une des promesses importantes d’Alassane Ouattara, Mamadou Sanogo a en charge le programme des logements sociaux. Ce programme lancé, il y a quelques années maintenant, tarde à devenir une réalité. A part la livraison de quelques maisons témoins, la plupart des souscripteurs continuent d’attendre l’achèvement de leur maison. Peut-être que 2016 sera la bonne date. Par ailleurs, la corruption qui sévissait à grande échelle dans la délivrance des titres de propriété au sein de ce ministère et que Mamadou Sanogo s’était engagé à éradiquer, demeure toujours un défi à relever. Sa réforme révolutionnaire instituée en 2013 avec l’instauration de l’Arrêté de Concession Définitive (ACD) en remplacement de la lettre d’attribution, l’arrêté de concession provisoire et le certificat de propriété, n’a pas mis fin à ce fléau qui, plus que jamais, se porte comme un charme. On n’oublie pas les grèves intempestives de ses agents qui réclamaient de meilleures conditions de vie quand sous leurs yeux, les nouvelles réformes faisaient tomber des pluies de milliards.

Paul Koffi Koffi, ministre auprès du Président de la République, chargé de la Défense

Durant l’année 2015, il ne s’est pas donné de répit. Il a effectué plusieurs missions à l’intérieur du pays, auprès des hommes en armes, en vue de les galvaniser dans l’exercice de leur mission de sécurisation des biens et des personnes, mais aussi de la défense des frontières terrestres. Cependant, Après un répit observé dans les attaques des positions des Forces républicaines, celles-ci semblent avoir baissé la garde et dormir sur leurs oreillers. La récente attaque perpétrée par des inconnus qui seraient venus du Libéria et qui a occasionné le décès de 7 soldats parmi lesquels figurent des éléments des forces spéciales, montre bien que la vigilance doit être de mise. Ce revers subi par notre vaillante armée montre bien qu’il y a encore du travail à faire pour le ministre dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité (RSS). Ouattara se souviendra sans doute de son dévouement à son poste.

Kaba Nialé, ministre auprès du Premier ministre, chargée de l’Economie et des Finances

L’économie ivoirienne ne cesse de glaner des succès éclatants. Après l’atteinte du point d’achèvement du PPTE en 2012 par la Côte d’Ivoire, l’amélioration de sa position dans le rapport Doing Business, la mobilisation d’importantes ressources sur le marché monétaire et financier sous régional, son entrée réussie sur le marché financier international avec l’émission de son premier Eurobons en 2014, l’attribution des notes B+et B avec perspective positive par deux agences de notation de renommée internationale Fitch et Moody’s, la Côte d’Ivoire vient d’être déclarée éligible, le 16 décembre 2015, au programme Compact par le Conseil d’Administration du Millenium Challenge Corporation (MCC). Kaba Nialé, au regard de tous ces succès, peut rêver sereinement de l’émergence de la Côte d’Ivoire en 2020. Mais attention à un endettement non maîtrisé qui replongera le pays dans une situation intenable! Sa place dans un nouveau gouvernement n’est pas forcément garantie. Elle devrait croiser les doigts malgré les bons points, car le poste est convoité par de nombreux loups.

Raymonde Coffie Goudou: Des agents perturbent son sommeil…

Ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida. Notre ravissante Raymonde Goudou Coffie ne s’est pas du tout ennuyée cette année, entre l’inauguration de certains hôpitaux et surtout la lutte contre l’Ebola. Elle s’est beaucoup battue contre l’Ebola qu’elle a réussi à tenir hors de nos frontières. Mais les nombreux scandales dans les hôpitaux et la récente affaire des sages-femmes à Koumassi n’ont pas arrangé ses affaires. Le secteur hospitalier ivoirien ne fait pas encore rêver et le service laisse partout à désirer. Va-t-elle rester? Seuls Ouattara et «L’Eléphant» le savent.

Jean-Louis Billon, recordman des grèves

Désormais Ministre du Commerce après que le portefeuille de l’Artisanat et de la Promotion des PME lui ait été arraché pour être confié à Anzoumane Moutayé du MFA, Jean-Louis Billon de son côté, tout baigne. Comme il l’a dit lui-même lors d’une interview en juillet, il n’est pas le seul impliqué dans la lutte de la vie chère. Il y a aussi les ministres de l’Industrie, du Transport, des Ressources animales. Selon lui, l’inflation semble être maîtrisée en Côte d’Ivoire. Car, elle n’est que de 2% par an, donc soutenable. Comprenez donc pourquoi cette lutte a du mal à porter. Croisons les doigts pour 2016. Mais il est surtout célèbre pour avoir essuyé trois grèves de ses agents, en trois ans, pour la mise à leur disposition de primes qui auraient été budgétisées, et qu’ils ne perçoivent jusque-là, pas encore; et aussi pour la guerre légendaire que se mènent son Dir cab et son chef cab, à travers des fleurons mouchetés. Attention à ne pas gérer l’Administration comme une société privée!

Adjoumani, ambassadeur itinérant de ʺl’Appel de Daoukroʺ

Ministre des Ressources animales et halieutiques. Le Ministre Kobenan Kouassi Adjoumani a pu trouver un temps dans son calendrier pour l’organisation du SARA cette année après des années d’absences. Le ministre s’est senti très à l’aise au milieu de tous ces animaux venus de divers pays. Il a aussi su user de son tact pour empêcher que les Ivoiriens soient privés des volailles à cause de l’apparition de la grippe aviaire, surtout que la viande de brousse est interdite du fait de l’Ebola. On n’oublie pas sa sortie médiatique, une cuisse de poulet à la bouche, rassurant les Ivoiriens sur la consommation de la volaille après qu’un foyer ait été découvert à Bouaké. Quelques semaines après, sa démonstration sera éclaboussée par un autre foyer du coté de Port-bouét. Il a beaucoup sensibilisé les éleveurs jusqu’à lui-même jouer le rôle de vétérinaire. N’oublions pas qu’il est plus côté en tant que griot du PDCI et de ʺl’Appel de Daoukroʺ.

Affoussiata toujours aussi convenante!

On se souvient que la belle Affoussiata avait donné des avertissements aux journalistes en leur faisant savoir que leur métier ne doit pas être un subterfuge pour faire feu de tous bois. Elle avait même eu des altercations avec certains confrères étrangers… Bref! On retiendra surtout le prix qu’elle a eu au plan Africain. Mais la presse ivoirienne n’a pas eu beaucoup d’acquis sous son règne, et les conclusions des états généraux du secteur roupillent toujours dans un tiroir de son ministère. Ce qui n’est pas à son avantage. En plus, la subvention à l’impression, chaque année, diminue comme peau de chagrin. Six mois en 2014. Un mois et demi en 2015. C’est un succès.

Amichia: Un retour triomphant?

Après avoir été séquestré par les hommes de l’Adjudant Beugré pendant la rébellion, il vient – ironie du sort – prendre la place d’un certain ministre, Alain Lobognon, qui n’était autre que cet adjudant… Bref! Il a hérité des problèmes sportifs de son prédécesseur, notamment la difficile participation de nos athlètes à des compétitions internationales pour défaut de moyens. Il gagnerait à régler les incessants problèmes entre fédérations et son ministère, et entre clans au niveau de la Fédération ivoirienne de football (FIF), pour avoir un bilan assez acceptable, même s’il est arrivé en fin de mandat de son devancier!

Aboudrahamane Cissé: jeune loup aux longues dents!

Il a failli connaître sa première bourde lors de l’attribution du Scanner sis au Port d’Abidjan, avant de se ressaisir à la suite d’un article du pachyderme? On le dit travailleur certes, mais il s’attire l’animosité de certains ministres à cause de son refus de budgétiser certains de leurs projets, mais aussi pour son outrecuidance. Il devrait toujours continuer de bénéficier de la clémence de l’empereur Ouattara II, si certains bruits de couloirs qui se font sentir de jour en jour ne viennent pas entacher son intégrité présumée.

Gnénéma Coulibaly: le justicier partisan?

Notre garde des sceaux n’a eu de cesse de clamer haut et fort qu’en Côte d’Ivoire, il n’y a pas de justice de vainqueurs, qu’il s’est toujours fait rattraper par la réalité et rabrouer par les ONG internationales, des agences du système des Nations-Unies, et des pays amis. Parce qu’apparemment, il semble être le seul à savoir que notre justice n’est pas à deux vitesses. La justice ivoirienne sous sa houlette est tellement compétente et impartiale que l’ex-ministre de Laurent Gbagbo, Dogbo Raphael, a été libéré tout récemment après un an et sept jours passés en détention, mais aussi après un verdict du juge qui l’a condamné à purger la même peine, donc libre. Etrange coïncidence, non? Gnénéma Coulibaly a en effet raison de parler de justice impartiale puisqu’il y a même eu l’inculpation de certains pro-Ouattara. Mais à quand, leur jugement? Il est le seul ministre du gouvernement sur lequel on pourrait écrire des livres à plusieurs tomes, tellement l’écart entre ce qui est annoncé et ce qui se fait au sein de son ministère semblent dichotomiques!

Bandaman Maurice, la discrétion culturelle!

C’est à peine si on se serait imaginé qu’il était ministre, tant il se veut discret! Haut fait à son actif à féliciter, la prise en charge de certains pionniers de la culture ivoirienne par l’Etat de Côte d’Ivoire. Sous son impulsion, la culture ivoirienne semble avoir pris du coffre à tous les niveaux. On ne peut qu’en rester là. La culture n’étant pas encore dans les grandes priorités de l’Etat de Côte d’Ivoire. Ce qui est bien dommage, vu qu’il ne peut y avoir d’émergence sans une culture « exportable ». Bandaman, à moins d’une autre réalité, n’a pas grand-chose à craindre…

Mabri Toikeusse Abdallah: l’éternel ministre?

Il est bien au rang de ceux à qui ʺl’Appel de Daoukroʺ et le RHDP auront fait un sacré bien! Mabri Toikeusse qui fait la pluie et le beau temps dans son parti, en matant toute velléité de changement d’où qu’elle vienne, a fait un calcul politicien qui a payé. Et loin de faire nommer un cadre de son parti, il continue lui-même de recevoir les frais juteux de sa collaboration. Mais attention, en gérant le ministère du Plan et du Développement en bon technocrate, plutôt qu’en politicien! Parce que le Plan national de développement, on en parle, mais on semble y faire du surplace. Il vient d’annoncer sa candidature pour l’élection présidentielle de 2020, là où Ouattara dit que dans le cadre du parti réunifié, c’est le « meilleur » qui lui succédera. Voilà qui lui donne une belle occasion de permettre à Mabri Toikeusse d’aller se concentrer sur son programme du gouvernement en le soulageant de ses tâches au gouvernement!

Anne Ouloto: Une ministre dépassée par les évènements?

Anne Ouloto, la ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’enfant, semble avoir une longueur de retard. En effet, des structures sous sa tutelle, que sont le Programme national de cohésion sociale et l’Observatoire national de la cohésion sociale, lui semblent inaccessibles, tellement ses congénères qui y trônent y font la pluie et le beau temps sans qu’elle ne puisse y mettre de l’ordre. N’est-ce pas pourquoi elle a dû orienter les actions de son ministère à faire des déclarations à n’en point finir, et à envisager des actions mort-nées?

Kandia Camara: la phobie des «enceinteurs»?

Kandia Camara aura vu son parcours de 2015 émaillé par une organisation approximative des examens de fin d’année. Obnubilée par les taux aux résultats scolaires, elle y a mis la main à la patte. Avec des orientations et un concours de CAFOP qui font couler beaucoup d’encres et de salives (le pachyderme y reviendra !) Mais le plus remarquable, c’est que Kandia Camara, l’ex-syndicaliste passée maîtresse en menace depuis son accession à ce ministère, a menacé, en vain. Tout d’abord les instituteurs qui lui ont donné du fil à retordre, et les ʺengrosseursʺ qui continuent de sinistrer ses élèves, malgré sa menace de les faire emprisonner. Son slogan de ʺzéro grossesseʺ à l’école aura, tout simplement, été un vœu pieux!

Bruno Koné: l’éternel porte-parole du gouvernement!

Celui qui n’a de cesse d’être le porte-voix du gouvernement, et qui se fait l’écho de menaces en tout genre. On retiendra de lui plusieurs polémique; notamment, qu’il n’y a pas de justice à double vitesse, que le gouvernement est solidaire du PAN dans l’affaire des écoutes téléphoniques… Il a tellement pris à cœur son porte parolat au gouvernement, qu’il a oublié de prendre des mesures allant dans le sens de sauver certains opérateurs de la téléphonie mobile, de la débâcle, jusqu’à proposer de nouvelles clauses pour l’attribution de licences. Les populations voient désormais en lui plus un porte-parole, qu’un ministre des TIC…

Patrick Achi: Une sérénité de « grands travaux »

Patrick Achi aura été, pendant le premier mandat de notre Président, le maître à penser de plusieurs chantiers comme le 3e pont qui vaut à lui seul deux mandats et l’autoroute du Nord, sans oublier la réfection de plusieurs infrastructures routières à travers le pays à la faveur des visites d’Etat. Le deuxième mandat qui se veut plus ambitieux en termes d’infrastructures devrait le voir encore au charbon tant beaucoup sont unanimes, y compris le Ministre Hamed Bakayoko, à reconnaître son expertise. Issu du PDCI, il fait partie de ceux qu’on appelle les « Marcoussistes », et est au gouvernement depuis l’époque de Gbagbo. Il travaille encore sur plusieurs gros dossiers dont l’aboutissement devrait faire resplendir le second mandat de sa majesté. Dans un ministère – autre côté – un projet de création d’un syndicat a tourné court. C’est que l’homme veut que ses techniciens travaillent plus qu’ils ne bavardent. Va-t-il sortir du gouvernement? Les chances sont plutôt minces si on s’en tient aux premières raisons évoquées par le Président pour maintenir son gouvernement en place.

Allah Kouadio Rémy: le soufre douleur de la nièce du château?

L’année 2015 aura été très éprouvante pour celui qui était en animosité avec la dégé de l’Anasur, Sarahn Ouattara, la nièce attitrée du château. On espère que les tournées de sensibilisation de cette récente mission sur la COP 21 donneront plus de poigne à son ministère, et plus de pugnacité à sa personne, pour ne plus subir le courroux de tels protégés de l’empereur!

Ally Coulibaly: toujours effacé, malgré quelques actions d’éclat

Notre ministre de l’Intégration et des Ivoiriens de la diaspora aura au moins eu le mérite en 2015, d’organiser le forum des Ivoiriens de la Diaspora! Mais il gagnerait en matière de diplomatie à faire appliquer par les pays limitrophes amis et frères, les conventions signées, car il sait bien qu’il est rare qu’un Ivoirien puisse se permettre ailleurs, ce que le ressortissant d’un pays limitrophe puisse se permettre en Côte d’Ivoire!

Roger Kacou: une discrétion aux allures d’incompétence?

Merci à notre ministre d’avoir décidé de revaloriser le patrimoine touristique national; il en était d’ailleurs, grand temps! Le point d’ombre a été la mort de la femelle zèbre venue de l’Afrique du sud, avec trois autres payés à des millions.

LA REDACTION, in L’Eléphant déchaîné n°410

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