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Cote d’Ivoire :Revelation-Tout sur “l’armée de loubards” d’Hamed Bakayoko

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Tout sur “l’armée de loubards” d’Hamed Bakayoko: Une force parallèle qui nargue tout le monde !

A la tête d’une milice qui ne dit pas son nom, il persécute les prisonniers politiques et intimide les «sécurocrates» officiels de la République. «Tito» est le symbole de l’éclatement et de la criminalisation de l’appareil répressif de l’État sous Ouattara.

Que s’est-il passé dans la nuit du 17 au 18 septembre dernier au camp militaire d’Akouédo ? Mystère et boule de gomme. Une chose est sûre : les affrontements à l’arme lourde sur lesquels le régime Ouattara préfère se taire remettent à l’agenda une réalité que l’on oublie quelquefois. L’existence, au sein de l’appareil sécuritaire de l’État ivoirien, de nombreux groupes armés détachés de toute hiérarchie officielle, sous les ordres de chefs de guerre quasiment autonomisés, et qui sont pour l’essentiel rivaux les uns des autres.

Le grand public connaît plus ou moins les chefs de guerre historiques de la rébellion des « Forces nouvelles » : Issiaka Ouattara dit « Wattao » (envoyé en formation au Maroc, donc écarté), Koné Zakaria, Hervé Touré dit « Vétcho », Chérif Ousmane, Ousmane Coulibaly dit «Ben Laden »… Mais un autre « noyau » se forme autour de l’actuel ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, et il ne cesse d’inquiéter les milieux spécialisés. A la tête de cette milice qui ne dit pas son nom, un homme. Nos enquêtes ne nous ont pas permis de connaître son identité à l’état-civil. Mais tout le monde l’appelle « Tito ». Il est aussi connu dans le « milieu » par son nom de code : Chao.

Grand, doté d’un physique impressionnant, légèrement handicapé, cet homme d’origine nigériane né en Côte d’Ivoire n’était pas, jusqu’à une date récente, officiellement intégré dans l’effectif officiel des forces de défense et de sécurité ivoiriennes. De toute façon, les membres de l’unité occulte qu’il dirige ne sont ni policiers, ni militaires, ni gendarmes. Ils ne disposent pas de matricules. Ce sont des « loubards de la République » !

Des dissidents menacent…

Le rôle de « Tito » est central. Ce sont ses hommes qui occupent et mettent en coupe réglée les résidences des dignitaires de l’administration Gbagbo. Ce sont eux qui séquestrent certains prisonniers politiques dans ces résidences, véritables prisons officieuses. Et qui les torturent au besoin. Ce sont eux qui déplacent les prisonniers de leurs lieux de détention clandestins à des endroits plus « acceptables » comme la DST, notamment quand des défenseurs des droits de l’Homme et autres enquêteurs veulent les voir.

Les « hommes de Tito » en imposent aux policiers des structures officielles comme la DST, auxquels le ministre de l’Intérieur ne fait manifestement pas assez confiance. Ils les « surveillent », leur servent de « doublures » dans les opérations les plus « délicates ». Ils les terrorisent quasiment, selon des « insiders».

Ce n’est pas le grand amour tous les jours parmi les hommes de Tito. Il est arrivé que ces derniers prennent leur « boss » en otage, au nom d’un conflit lié à leur volonté toujours contrariée d’avoir leurs matricules à eux et de devenir des soldats « officiels ». Des dissensions ont aussi été enregistrées au sein de ce groupe qui fait la pluie et le beau temps.

Un élément de « Tito », connu sous le nom d’Issa Soumahoro, a ouvertement fait défection, « fatigué » de ce qu’on lui faisait faire, selon les confidences d’un de ses proches. Aux dernières nouvelles, il menaçait de faire des « révélations » sur les dérives d’un « boss » que d’aucuns qualifient d’exécuteur des basses oeuvres les plus inavouables de la Ouattarie.

Par Philippe Brou

Source: Le Nouveau Courrier N°1116

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