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Côte d’Ivoire/ Simone Gbagbo, règne et ruine d’une Première « Dame de fer »ce qu’il faut savoir sur sa vie

gbagbo et simone

Le procès de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, accusée de crimes contre l’humanité, s’ouvre mardi à Abidjan. Cette militante politique s’est forgée une réputation de dureté en devenant l’influente épouse du président Laurent Gbagbo.

Dépourvue de ses atours, une « reine d’Afrique » qui affronte ses juges depuis mardi 31 mai devant les assises d’Abidjan. Simone Gbagbo, la « Dame de fer » de la Côte d’Ivoire, accusée de « crimes contre l’humanité », « crimes contre les prisonniers de guerre » et « crimes contre les populations civiles », devra répondre de son rôle durant la crise postélectorale qui a ensanglanté son pays de novembre 2010 à avril 2011.

L’ex-Première dame, âgée de 66 ans, risque la perpétuité. Elle aurait attisé les violences contre le camp d’Alassane Ouattara, le rival politique de son mari, qui ont causé, en seulement cinq mois, la mort de 3 000 personnes.

À l’époque, son époux, Laurent Gbagbo, avait refusé de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara lors de l’élection présidentielle. « Dieu a donné la victoire à Laurent », avait estimé Simone Gbagbo, adepte du christianisme évangélique, mettant de l’huile sur le feu au lendemain du second tour. Elle avait également fustigé le « chef bandit » Alassane Ouattara et le « diable » Nicolas Sarkozy, alors président, avec la liberté de ton dont elle est coutumière.

Cinq mois plus tard, le 11 avril 2011, elle apparaissait sur les écrans du monde entier, le regard apeuré, les traits tirés et les cheveux en bataille, lors de son arrestation mouvementée au côté de son mari, désormais incarcéré à La Haye. Une fin de règne piteuse pour cette femme de poigne aussi crainte qu’adorée en Côte d’Ivoire après plus de dix ans d’influence au sommet de l’État.

Un couple « complémentaire »

Loin de l’image d’une Première dame marchant dans les pas de son mari, Simone Gabgbo a toujours revendiqué son indépendance. Durant leurs années au pouvoir, elle est davantage l’alliée politique de Laurent Gbagbo que son épouse, avec qui elle fait d’ailleurs chambre à part. L’ancien président a également épousé une autre femme, il y a quelques années.

« Ma position actuelle, je la dois à ma trajectoire, pas au poste de mon mari », clamait-elle du temps où Laurent Gbagbo était président.

Née en 1949 d’un père gendarme au sein d’une famille de 18 enfants, elle se passionne très tôt pour le syndicalisme, l’engagement politique et, un temps, pour le marxisme. Virulente opposante du « Vieux », surnom de l’ancien président Félix Houphouët-Boigny, elle est emprisonnée à plusieurs reprises dans les années 1970 puis 1990 pour avoir émis des critiques publiques.

En 1982, son opposition farouche au pouvoir la pousse à fonder clandestinement avec son « camarade » Laurent Gbagbo ce qui deviendra le Front populaire ivoirien (FPI, gauche), dont elle sera députée en 1995. Sept ans plus tard, le 19 janvier 1989, elle épouse, en secondes noces, le futur président, en qui elle fonde de grands espoirs politiques.

« Dès qu’elle l’a connu, elle s’est dit : ‘Il sera roi et je serai sa reine’ », commente un proche, cité parLibération.

Un duo politique à la stratégie bien rôdée, à en croire Jeune Afrique. « En fait, et le cas est unique en Afrique, il n’y a pas en Côte d’Ivoire, de 2000 à 2011, un seul chef qui règne, mais deux. Ils n’entreront cependant jamais en compétition. Au contraire, ils sont parfaitement complémentaires », pouvait-on lire dans les colonnes du magazine en 2012. « Lui est un oiseau de nuit, elle se lève dès les premières lueurs de l’aube. Il aime les circonvolutions, arrondit les angles, est soucieux de son image et a besoin de séduire, elle ne s’embarrasse jamais de ce genre de considérations et va droit au but. »

« Cassante », « trop intelligente », influente

Niveau charisme, « Simone » ou « Maman », comme l’appellent ses admirateurs, n’a rien à envier à Laurent. De la bouche de ceux qui l’ont observée, elle est « sûre d’elle », « cassante ». « Trop intelligente pour une femme », ose même le journaliste Vincent Hugeux dans son livre-portrait Reines d’Afrique, paru en 2014.

Ainsi, elle pèse sur les décisions politiques. Lorsqu’éclate la rébellion du Nord de 2002, Simone Gbagbo défend son mari, dénonce la « sédition » et la partition du pays et sera – plus ou moins publiquement – hostile aux accords de paix successifs.

Surtout, cette mère de cinq filles, dont deux de Laurent Gbagbo, a souvent été accusée d’être liée aux « escadrons de la mort » contre les partisans d’Alassane Ouattara, qu’elle a toujours honni.

Une habituée des procès

L’épouse de l’ancien président Laurent Gbagbo est actuellement incarcérée à Abidjan. En 2015, elle a déjà été condamnée par la justice de son pays à 20 ans de prison pour « atteinte à la sureté de l’État », à l’issue d’un procès durant lequel elle s’est illustrée par ses sarcasmes et sa maîtrise du dossier. « J’ai subi humiliation sur humiliation durant ce procès. Mais je suis prête à pardonner. Car si on ne pardonne pas, ce pays connaîtra une crise pire que ce que nous avons vécu », avait-elle lancé, dans une tentative de la dernière chance, avant le verdict.

L’ancienne Première dame a également été entendue par la justice française au sujet de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en 2004 à Abidjan.

Par ailleurs, Simone Gbagbo est poursuivie pour « crimes contre l’humanité » par la Cour pénale internationale (CPI). Le tribunal international, qui juge actuellement Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, ex-ministre de la Jeunesse, a toujours réclamé le transfèrement de l’ex-Première dame, sans succès. Abidjan, par la voix d’Alassane Ouattara, affirme en effet être en mesure d’assurer une justice exemplaire sur le sol ivoirien.

Pourtant, à la veille du début du procès, qui devrait durer tout le mois de juin, des voix s’élèvent déjà pour dénoncer un jugement « organisé à la va-vite » et une « simulation ». Dans un communiqué conjoint, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (Lidho) et le Mouvement ivoirien des droits de l’Homme (MIDH) qui disent représenter « près de 250 victimes », ont annoncé leur décision de « se tenir à l’écart de ce procès »

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One Response to "Côte d’Ivoire/ Simone Gbagbo, règne et ruine d’une Première « Dame de fer »ce qu’il faut savoir sur sa vie"

  1. Regy says:

    Le titre de l’article là hummmm???????
    Mme GBAGBO ne se reconnait pas comme “Dame de fer” c’est vous les journalistes qui l’appelés ainsi.

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