03272017Headline:

Côte d’Ivoire : Soro Guillaume sur les pas d’Alassane Dramane Ouattara?

soro et ouatara

Le  président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro, est en butte à la méchanceté mais aussi à l’ingratitude de ses alliés  du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), alliance politique dont il a largement contribué à l’accession au pouvoir d’Etat.

Dire que Guillaume Soro n’est plus en odeur de sainteté non seulement au sein du Rassemblement des Républicains (RDR), formation politique dont il se réclame en tant que représentant de la Nation, mais également au RHDP, la coalition au pouvoir, serait un doux euphémisme. Et pour cause. Depuis quelque temps, l’on assiste à ce qui ressemble à un acharnement contre l’ancien Premier ministre d’Alassane Ouattara. Aussi, par glissements insensibles est-il poussé à la marge du cercle du pouvoir. C’est comme si, ses adversaires, craignant sans doute de l’affronter ouvertement, avaient décidé de procéder par petites touches à l’effet de l’avoir à l’usure. C’est d’abord au niveau du protocole d’Etat qu’il subit quelques vexations ; comme ce jour où, venant d’un voyage à l’extérieur, son avion a dû attendre que celui du Premier ministre Daniel Kablan Duncan atterrisse en premier ! Son entourage en a été outré mais Guillaume Soro, stoïque, a accueilli cette avanie d’un front égal. Il en a vu d’autres !

Mais, le coup le plus tordu, reste certainement la création d’un poste de vice-président appelé à ravir au président de l’Assemblée Nationale la place de dauphin constitutionnel. Cela est inscrit en lettres d’or dans le projet de révision de la Constitution dont le président Ouattara semble avoir fait l’une des priorités de son second mandat. On peut parler de coup de Jarnac ! C’est de la belle ouvrage ! Tout ça pour ça ! On a le net sentiment, in fine, que, subrepticement, pour le régime en place, Guillaume Soro est passé, sans transition, de la position d’allié à celle d’adversaire. Et ce n’est rien de le dire. Récemment encore, prenant prétexte des manifestations contre la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE), le pouvoir en a mis une couche, menaçant à mots à peine voilés l’ancien homme fort de Bouaké. C’est la curée ! Au final, tout se passe comme si l’on assistait, de manière insidieuse voire perfide, à la création d’un front anti-Soro, ce qu’on pourrait appeler «TOUT SAUF SORO», qui n’est pas sans rappeler non sans ironie un certain «TOUT SAUF OUATTARA» de triste mémoire. A l’évidence, Bogota est sur les traces du Bravetchê ! Mais le hic ici c’est que Alassane Ouattara lui-même, qui ne saurait ignorer ce qui se passe, garde un silence intriguant, troublant, assourdissant. Comment ne pas penser que cette situation l’arrange.

  • Une situation dont semble s’accommoder le président Ouattara qui ne dit mot

Plus sérieusement, il est fâcheux que ce pouvoir dont les tenants ont tant souffert de la méchanceté de certains politiciens soient ceux-là même qui reprennent à leur compte les vieilles méthodes si décriées naguère. L’on ne peut dès lors, faire l’économie de certains questionnements dont le moindre n’est pas celui-ci : qui Guillaume Soro gêne-t-il tant au point que l’on veuille en faire une sorte d’ « ennemi public » dont la tête va sans doute être mise à prix bientôt ? En tous les cas, ses contempteurs qui semblent avoir juré sa perte sont à la tâche. Mais, une chose est de vouloir disqualifier politiquement un adversaire et une autre est de parvenir à ses fins. Il est donc douteux, on l’aura compris, que ses détracteurs aient gain de cause. D’autant que les Ivoiriens se doutent bien que cette diabolisation aussi soudaine que virulente de celui qui a pesé de tout son poids pour que Ouattara exerce effectivement le pouvoir n’est pas saine. Assurément, cela cache quelque chose. Subséquemment, ils regardent, mi-amusés, mi-sceptiques les gesticulations des tenants du pouvoir et attendent de voir jusqu’où ceux-ci sont prêts à aller. En attendant, les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo se frottent les mains : ils n’en demandaient pas tant ! Pour le coup, ils se disent certainement que Dieu est en train de « faire leur palabre». Et comment ! Soro qui avait pris fait et cause pour Ouattara contre Gbagbo est désormais la cible du régime Ouattara. La preuve que les ennemis de leur champion ne sont plus aussi sereins et commencent à se «crêper le chignon».

En tout état de cause, cette «querelle de ménage» ne profite guère au pouvoir qui élargit ainsi le cercle de ses adversaires. Et le fait que la cible soit Guillaume Soro démontre le cynisme de ce pouvoir qui, tel le dieu Cronos, n’hésite pas à manger ses «enfants». C’est du plus mauvais effet.

Alexandre Lebel Ilboudo

lageneraledepresse.net

 

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