07212018Headline:

Côte d’Ivoire: Suite de l’affaire de l’or du député Mariam Traoré, les manœuvres du Directeur Départementale des Mines de Boundiali dévoilées

Mariam Traoré et Roger Koné
 Vendredi 13 Juillet 2018 –  Suite de notre enquête après l’interpellation du député Mariam Traoré  avec de l’or pris à des policiers en intervention avec des orpailleurs clandestins à Tengrela,  révélée le 1er juillet dernier par KOACI .
Nous revenons sur le contenu de la réunion du 04 Juillet 2018 organisée par le directeur départemental des mines Koné Roger.
Au cours de cette rencontre, plusieurs points de son discours et les réponses qu’il a données aux questions des participants, que nous avions volontairement laissés sous silence, ont suscité notre curiosité sur sa personne.
En effet, il a fait les déclarations suivantes qui représenteront les faits que nous analyseront.
Nous le citons :

• ‘’ Toute personne présente sur le territoire ivoirien peu acheter de l’or (en plus des autorisés d’achat et vente et agrées )‘’; c’est le résumé de la réponse donnée au douanier qui voulais savoir quels étaient les documents donnant droit à l’exercice d’acheteur d’or brut en Côte d’Ivoire ;
• Il a cité le Commandant de Brigade de Boundiali  en exemple à toutes les autres fonctionnaires présents à cette réunion en disant :

« Faite comme le CB de Boundiali, quand ils (faisant allusion au GPMA-CI) sont allé solliciter la sécurisation de leur déplacement pour aller sensibiliser les acteurs d’un site d’orpaillage clandestin) sont venus le voir pour demander des éléments de la gendarmerie et que ce dernier m’a appelé, j’ai dit de ne pas donner ses éléments ; il a aussitôt refusé leur demande. » ;

• Il a informé son auditoire d’avoir instruit complètement deux dossiers de demande d’autorisation d’exploitation au profit des chefs villages de M’basso Kadilé et Doubasso qui sont présentement sur la table du Ministre des mines ;

• En plus de sa fonction actuelle de DD des mines, son nouveau statut d’officier de police judiciaire(OPJ) lui a permis de se présenter à son auditoire comme étant le sésame qui lui donne tous les droits au même titre que les différents officiers de la force publique et du corps préfectoral.
Qui es Koné Roger ?
Ancien élève du lycée classique de Bouaké, Koné Roger était en service contrôle des hydrocarbures.
Lorsque monsieur Traoré, l’ex DD mine de Boundiali, a été relevé de ses fonctions à cause de sa trop grande implication dans l’orpaillage clandestin dans la région de la Bagoué, la vacance de poste s’est fait sentir avec urgence dans le but de lutter contre la propagation du fléau.
Mais au lieu que ce poste soit pourvu par un directeur de mine ou un chef de service des mines, Dieu seul sait qu’ils en a un grand nombre bien expérimentés qui étaient disponibles, sans savoir pourquoi, les charges de DD Mine ont été confiée à Koné Roger qui n’était qu’un simple agent à la Direction Générale de Mines et de la Géologie (DGMG).
Il n’avait, de fait, assez d’expérience et de compétentes pour assumer les lourdes charges de DD des mines et surtout pas dans la Bagoué où son prédécesseur, Monsieur Traoré, avait fait beaucoup de dégâts sans compter qu’il serait plus environnementaliste que minier dans son expérience professionnelle.
Pour avoir bénéficié de ses services en qualité d’environnementaliste, certaines indiscrétions affirment qu’il n’était donc pas l’homme qu’il fallait à cette place.
Après qu’il ait pris fonction, il devait chercher à réparer les dégâts de l’orpaillage clandestin qu’avait organisé son prédécesseur sur les permis de recherche des sociétés minières, mais, il l’a plutôt minutieusement étudié et réorganisé ce fléau en construisant son propre système et réseau de filière d’orpaillage clandestin,système sur lequel il a un contrôle total en restant le moins visible possible.
Car son prédécesseur avait été coulé par sa trop grande implication ouverte dans la filière clandestine de production et commercialisation de l’or.
La stratégie de Koné Roger :
Pour bâtir un orpaillage clandestin qui durera le plus longtemps possible avec une grande capacité de résistance à l’Etat, il a d’abord impliqué des élus locaux comme Mme le Député Traoré Mariam, des cadres des localités ayant la faveur de certains ministres de la Bagoué, l’administration et surtout les chefs de village qu’il a mis au-devant de son système mafieux.
Il a convaincu ces deniers qu’ils leur étaient possible d’octroyer le sous-sol de leurs terres en exploitation minière à quiconque le leur demande comme l’on le fait avec les terres d’agriculture ; et que l’Etat ne pourrait les mettre aux arrêts sans risquer un soulèvement populaire des habitants du village.
Ainsi, Koné Roger venait de trouver la meilleure parade pour satisfaire ses associées Burkinabé et Malien dont les plus influent dans la Bagoué seraient OUEDRAOGO OUSENI, MALCK (2 Burkinabés) et YATASSAYE (Malien) qui n’ont aucune frayeur à agir car ils seraient dans les bonnes grâces de plusieurs autres ‘’protecteurs locaux’’ qu’il leur a recommandé. (…)
La quasi-totalité de l’or extrait dans la région de la Bagoué est donc convoyée par ces derniers dans leur pays d’origine (le Burkina et le Mali) et des compensations numéraires sont distribuées aux chefs de village et propriétaires terriens. C’est ce qui entretien la vie et la propagation de l’orpaillage clandestin, la rapidité de recolonisation des sites déguerpis et l’invitation des autres chefs de villages à créer de nouveaux sites d’orpaillage clandestin dans leur village aussi.
Cette tactique serait une des causes du résultat mitigé du Programme National de Rationalisation de l’Orpaillage (PNRO) dans la région de la Bagoué dont Boundiali a été le lieu de lancement dudit programme en 2015 par le Ministre Jean–Claude Brou en présence des cadres et du Ministre Koné Bruno, fils de la région.
Quant à l’or extrait, il est naturellement récupéré par ces trafiquants burkinabés et maliens à qui le DD des mines Koné Roger offre la sécurité d’exploité clandestinement sans être inquiété par qui que ce soit. En compensation, ceux-ci lui versent des taxes par gramme d’or extrait qu’il perçoit chaque 15 jours (la quinzaine).
C’est pourquoi Koné Roger se présente devant tous les administrateurs et la force publique comme étant l’unique sachant et leur conseiller technique en mine.
La présence et les actions actuelles du GPMA-CI  dans la région de la Bagoué, mettent en mal l’exécution de sa part du contrat dans la chaîne.
Pour reprendre le contrôle de la situation et prouver au réseau de l’orpaillage clandestin de la Bagoué qu’il garde le contrôle de la situation, le DD des mines Koné Roger sollicite une prestation de serment en urgence ; ce qui devrait lui conférer plus de pouvoirs et marges de manœuvre.
Ce qui nous semble expliquer son subit intérêt pour la prestation de serment au lendemain de l’interpellation de Mme Traoré Mariam à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan avec l’or saisi par la police de Tengrela  et dont il aurait connaissance du poids (200g, selon lui).
Si tel n’est pas le cas : Pourquoi c’est après avoir passé deux(2) ans de service dans la Bagoué en qualité de DD des mines qu’il se précipite pour devenir officier de police judiciaire (OPJ) ?
Cette analyse est confortée par sa déclaration lors de ma réunion de Tengréla lorsqu’il fait référence à la conduite exemplaire du Commandant de Brigade de Boundiali  qui, selon lui, aurait (sur son ordre) délibérément refusé de remplir sa mission régalienne de sécurisation des biens et personnes qui en manifestent le besoin quand il a été sollicité par le SG du GPMA-CI à cet effet. (…)
La réunion de Tengrela  le 04 Juillet serait donc une réunion de prise du pouvoir absolu de l’orpaillage clandestin, sinon pourquoi aurait-il demandé expressément au préfet de Tengrela  de convoquer tous les commandements des forces de l’ordre ?
Ce qui se passe à la réunion est semblable à une cérémonie de prestation d’allégeance qu’il attend du corps préfectoral et des différents commandements de la force.
Pour leur faire croire qu’il travaille pour l’avancement des mines de la région, le DD mine Koné Roger aurait dit à son auditoire que deux(2) dossiers de demande d’autorisation d’exploitation sont sur la ‘’table’’ du Ministre des Mines en attente de la signature de ce dernier.
Les dossiers de DOUBASSO et M’BASSO auraient été cités pour leur présence sur la ‘’table’’.
Investigations faites sur ces dossiers, il ressort que le propriétaire terrien du dossier instruit sur M’basso ne serait pas le vrai ; car le vrai propriétaire terrien résiderait à Bonon dans le département de Bouaflé.
Ce dernier aurait par ailleurs porté l’affaire devant le tribunal de Boundiali  où il aurait porté plainte contre le faut propriétaire terrien, Monsieur K.Z, qui serait le protégé du DD des mines Koné Roger et en même temps le bénéficiaire de la demande d’autorisation qui est en cours de signature. Ce dossier a d’autres implications que nous tairons pour l’heure.
Le dossier de Doubasso le tribunal de Boundiali  aurait été aussi saisi pour ce dernier. Car celui-ci a rencontré une résistance de la part des cadres et d’une grande frange de la population.
Pourquoi ce sont les dossiers litigieux qui ont une opposition publique qui sont cités en exemple par le DD des mines Koné Roger, alors que d’une source digne de foi, plusieurs dossiers de demande d’autorisation d’exploitation faites par les ivoiriens seraient en attente sur le bureau du DD des mines Koné Roger ?

La pensée populaire déclare que les bénéficiaires des dossiers qui sont arrivés à Abidjan ne sont que des prêts noms et que DD mines Koné Roger en sera le vrai exploitant invisible une fois que les signatures seront faites (…).

LA MISSION DU GPMA-CI  DANS LA BAGOUE.
Pour mieux comprendre l’objet de la mission du GPMA-CI  dans la région de la Bagoué, KOACI a joint le SG dudit groupement.

« Information et sensibilisation des acteurs sur l’importance de la traçabilité des produits miniers extraits » a-t-il répondu en précisant : « Nous profitons de cette lucarne pour lancer un appel à tous les acteurs qui agissent dans le maintien de l’orpaillage clandestin pour dire que le GPMA-CI  n’est contre personne car nous sommes des hommes et femmes d’affaires ivoiriens agrées qui se sont donné pour métier l’exploitation minière conforment à l’article 53 du Code minier en vigueur. Je cite :
« Article 53 : L’autorisation d’exploitation minière semi-industrielle est accordée par arrêté du Ministre chargé des Mines, sous réserve des droits antérieurs, et après consultation des autorités administratives compétentes et des communes urbaines ou communautés rurales concernées, aux: personnes physiques de nationalité ivoirienne; sociétés coopératives à participation ivoirienne majoritaire ; petites et moyennes entreprises de droit ivoirien dont le capital est à majorité ivoirien. Les conditions d’attribution de l’autorisation d’exploitation semi-industrielle sont déterminées par décret. »
Nous avons besoin de l’aide et de la collaboration de tous pour formaliser, normaliser et professionnaliser ce secteur d’activité qui est nouveau pour les ivoiriens et dont la pratique clandestine est une grande menace pour l’environnement et l’agriculture qui reste le premier pilier de l’économie ivoirienne.

A toutes les institutions nationales, sous régionales et internationales, nous avons besoin de l’implication et du soutien de tous car la sécurité et la paix de tous en dépendent.
Pour Nous, GPMA-CI, voici le message d’information et de sensibilisation des acteurs à la traçabilité des produits miniers extraits:

1. L’activité minière est réglementée par l’état de Côte d’Ivoire,
2. Le sous-sol est une propriété exclusive de l’Etat de Côte d’ivoire et non des propriétaires terriens,
3. L’or qui sort du sous-sol est Ivoirien et ne saurait être clandestin même si les extracteurs sont clandestins,
4. Des agréments d’achat et vente et bureaux d’achat d’or brut exercent dans la Région de la Bagoué,
5. Pour une phase pilote de traçabilité, ce sont ces agrées qui vont désormais acheter l’or extrait à Koffré d’où provenait l’or saisi par la police de Tengrela qui ensuite a été trouvé en possession de Madame Traoré Mariam à Abidjan lors de son interpellation,
6. La lutte contre la détention illégale et la fuite de l’or de Côte d’Ivoirien vers les pays limitrophes est l’actuel combat du GPMA-CI.
7. Le GPMA-CI  fera cette lutte de réorientation des produits miniers de la Côte d’Ivoire vers la côte d’Ivoire via les personnes morales et physiques du GPMA-CI partout où ils seront clandestinement extraits jusqu’à ce que l’état et nous (GPMA-CI) trouvons la bonne formule pour l’éradication des extractions clandestines de nos minerais.
8. Nous invitons toutes les Grandes Sociétés Minières dont les permis de recherche sont régulièrement envahis par les exploitants clandestins de se joindre à nous car nous avons des solutions qu’on pourrait expérimenter ensemble pour le bonheur de tous les exploitants miniers.
9. Nous, GPMA-CI, restons convaincus que seuls les exploitants miniers peuvent aider l’Etat à comprendre et à trouver une solution durable au système mafieux de l’orpaillage clandestin, c’est pourquoi nous avons toujours offert notre collaboration à tous les ministres des mines en charge de ces questions difficiles. Et je dois avouer qu’ils nous le rendent bien en se montrant disponibles pour nous écouter chaque fois que nous les avons sollicités. Je les en remercie au nom du Président du GPMA-CI.
Donc si nous sommes combattus dans la Bagoué par les réseaux clandestins, c’est à cause de ces points de vue, mais dans notre plan d’action la Région de la Bagoué n’est qu’un point de départ.

Je vous remercie » a-t-il ajouté.
Aux termes de cet article, nous comprenons aisément les raisons pour lesquelles le DD des mines Koné Roger lutte contre le GPMA-CI.
Mais pourquoi se compromet-t-il pour couvrir la fuite du député Traoré Mariam dans l’affaire l’or saisi par la police de Tengrela  ?
Qui est Traoré Mariam ?
koacie.com
Esther Lignon

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